Entre les murs du Botanique, Tora marque les esprits et envoûte les coeurs
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Auteur·ice : Hugo Payen
13/11/2021

Entre les murs du Botanique, Tora marque les esprits et envoûte les coeurs

De multiples fois reporté, mais jamais vraiment oublié, cela faisait dix-huit mois que le Botanique attendait le retour des rêveurs australiens derrière les mélodies uniques de Tora. Aussi impatiente que curieuse de découvrir pour la première fois en live leur dernier album, A Force Majeure, c’est bien l’entièreté de la foule qui s’est déhanchée ce dimanche soir sur les fougueux arrangements électroniques du groupe. Retour sur une soirée plus que colorée.

Vous l’avez compris, les concerts reprennent aux quatre coins de la planète, et qu’est-ce que ça fait du bien. À tour de rôle, vos rédacteurs préférés retrouvent les salles du Botanique et leurs odeurs atypiques. À tour de rôle donc, les émotions de centaines de personnes s’unissent le temps d’une soirée. Ce dimanche soir, à l’occasion de la venue de Tora dans la resplendissante Rotonde, c’est bien à cette union que nous avons assisté.

Mise en bouche

Sur papier, la soirée s’annonce déjà éclatante : entre notre désir de retrouver les Australiens de Tora sur scène et notre curiosité de découvrir en première partie Multani, nouveau projet de Niels Meuken – ancien batteur de Warhola -, tout ne pouvait que bien se passer. Il est 20 h et l’heure de passer à la pratique est enfin arrivée. Les premiers sons de Multani envahissent La Rotonde. Et si la salle, elle, se remplit doucement, le trio de Multani lance sans hésiter les hostilités avec chaleur et énergie.

 

Voyageant à travers une pop autant psychédélique que downtempo, l’évasion est presque instantanée. Ce soir, l’ancien batteur est venu nous présenter son dernier EP en date, DOT, qui explore de manière très pointilleuse cet univers cotonneux et ô combien chatoyant. Composé de riffs de guitares gorgés de soleil, de synthé vintage et de cette frénésie qu’apporte la batterie de Meuken, le trio nous emmène en un rien de temps avec eux sur les rivages idylliques sortis tout droit de leur imagination. Le public remue la tête, commence à se lever. Il est prêt pour la suite.

Dix-huit mois plus tard

Il est 21 h passé et l’impatience est arrivée à son plus haut sommet. Les lumières s’éteignent et les cris effrénés du public résonnent entre les nombreux applaudissements. Les quatre compères prennent place et les premiers riffs enivrants retentissent. Si comme expliqué précédemment, l’attente fut plus longue que prévu, elle nous permet finalement de pouvoir découvrir sur scène les nouvelles pépites du groupe, issues de leur dernier album en date, A Force Majeure.

Nous étions fin 2019 lorsque Can’t Buy The Mood, quatrième opus du groupe, voit le jour. Après deux ans d’absence, les fans sont ravis de pouvoir redécouvrir les sonorités ensorcelantes du groupe, qui plus est quand une tournée mondiale est annoncée dans la foulée. Le groupe décide alors début 2020, de prendre le large des côtes ensoleillées de son Australie natale pour se rendre dans la capitale hollandaise. Le groupe a besoin d’un nouveau quartier général, d’un nouveau pied-à-terre pour gérer sa tournée européenne et américaine s’étalant sur l’année entière. Après leur arrivée, la menace de la pandémie s’intensifie rapidement, forçant Tora à devoir annuler l’entièreté de ses dates et à devoir découvrir cette toute nouvelle lock-down way of life.

« On est resté coincé à Amsterdam pendant de nombreux mois. Après il y a pire, c’est une ville magnifique. Il y a plein de choses à faire et pas mal d’inspiration à trouver. Sans oublier qu’on aime pas mal fumer, et ça… ! (rires) », raconte Jo Loewenthal, lead singer du groupe, entre deux gorgées de Chouffe.

Les quatre Australiens de Tora voient ainsi leurs chances de jouer leurs nouvelles productions à travers le globe s’envoler. Heureusement, la bande d’amis passe son temps à créer de nouvelles choses et adore ça. Un hiatus forcé qui leur donne plus de temps pour réfléchir, se poser et écrire. Huit mois plus tard, le nouvel album était bel et bien là.

 

Un nouvel album qui regorge de nouvelles sonorités colorées et de nouveaux arrangements. La formule Tora gagne alors toujours plus en force album après album. Ce soir, la foule a soif de bonnes énergies, et ça, le groupe le sait. Il nous invite, sans perdre une minute, dans son nouveau chapitre. Entre In Deeper, Inundated ou Put Down Your Phone, ce nouvel album nous transporte à travers ces mélodies aussi envoûtantes que déchirantes.

Au cœur de La Rotonde, le temps s’arrête et les corps bougent. Le concert continue et nous emmène à travers ses anciens albums, l’occasion de se remettre dans les oreilles : Amsterdam, Deviate, Similar, sans oublier l’incroyable Mother Forgot. Les minutes passent et le public est subjugué. Peu de temps avant la fin, la énième surprise du soir nous vient des backstages. En featuring sur leur dernier album, Molly Nicholson rejoint les quatre compères sur scène. Ils interprètent ensemble ce petit bijou qu’est How Long. Entre la voix douce et claire de Molly et les arrangements pop du groupe, le mélange est parfait.

Après plus d’une heure de concert, il est temps pour le groupe de nous annoncer qu’il s’agit de leur dernière chanson. On la connaît cette phrase et au fond, nous savons qu’elle annonce un retour sur scène triomphant quelques minutes plus tard. Le groupe termine de manière sublime, nous laissant évidemment un goût de trop peu. Sans grande surprise, les membres de Tora reviennent nous voir sous les applaudissements et les tremblements qu’ils engendrent.

 

Les premières notes de Too Much se déposent délicatement sur les murs de La Rotonde. Titre phare du groupe, accumulant plus de vingt millions d’écoutes sur les plateformes, il est synonyme de passage presque obligé pour le groupe. Les beats onduleux nous offrent ainsi une dernière dose de douceur. En guise de clap de fin, le groupe nous en offre une deuxième. Cette fois-ci, c’était bel et bien la dernière chanson. Le concert est fini, mais les émotions qu’il nous a fait traverser, elles, ne semblent pas nous quitter.

Il est l’heure pour nous de quitter les lieux, de laisser le Botanique reprendre ses esprits après cette soirée remplie de sourires et de déhanchés tous aussi mortels les uns que les autres. Tora va reprendre la route et reproduira tout ça dans une nouvelle ville, apportant un peu de bonheur à un nouveau public. Quelques jours plus tard, on peut dire que voir Tora sur scène valait sans aucun doute ces dix-huit mois d’attente.


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