Entre poésie, mythologie et souvenirs, Michelle Blades sublime la nuit avec son nouveau titre Mi país es una idea
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Auteur·ice : Coralie Lacôte
07/10/2021

Entre poésie, mythologie et souvenirs, Michelle Blades sublime la nuit avec son nouveau titre Mi país es una idea

Alors que l’automne fait son grand retour et teinte les jours d’une légère mélancolie, Michelle Blades perse la nuée et nous offre un aller simple pour l’Amérique latine avec son titre Mi país es una idea, extrait de la future compilation de Midnight Special Records, prévue le 29 novembre prochain.

Avec des artistes aussi talentueuses que Michelle Blades, Laure Briard ou Cléa Vincent, Midnight Special Records est sans nul doute l’un des labels français les plus exaltants. Pour fêter ses dix ans d’existence, une nouvelle compilation élégamment nommée Nocturnes sortira prochainement et mettra en lumière ces heures pendant lesquelles vestiges et vertiges se cristallisent.

Annoncé cet été par Les gens de la nuit, le mirifique titre de Cléa Vincent, ce disque sera l’occasion de (re)découvrir des classiques comme Les nuits de la pleine lune d’Elli et Jacno repris par Laure Briard mais aussi de s’enivrer de morceaux inédits comme celui-ci. Pour célébrer ce moment si particulier, Michelle Blades a choisi de dévoiler un titre tout à la fois mélancolique, poétique et ensoleillé.

 

 

Ce n’est pas la première fois que nous vous confions notre admiration pour Michelle Blades, cette musicienne autodidacte aussi talentueuse qu’audacieuse. Ne se laissant jamais aller à la facilité d’une formule toute trouvée, l’instrumentiste aguerrie n’a de cesse de rompre avec ses acquis et d’ouvrir l’horizon des possibles. Ainsi, voguant du folk au rock psychédélique, du numérique à l’analogique, elle brouille les pistes et apporte à la pop française une douce folie hautement irrésistible.

Dans la lignée de son dernier EP Amor sin destino sorti en juin 2020, Michelle Blades livre un nouveau titre en espagnol, sa langue maternelle. Outre le langage, la musicienne rend ici bien des hommages, qu’il s’agisse de ses origines ou des thèmes qui l’inspirent. Dans ce morceau au titre somme toute assez philosophique, la musicienne entremêle mythologie et souvenirs, et dessine les contours d’un récit résolument intime. Née au Panama, élevée au Mexique puis à Miami qu’elle quitta pour Phoenix avant de s’installer à Paris, Michelle pérégrine. Partout chez elle sans toutefois l’être complètement, ce déracinement perpétuel fait naître bons nombres de questionnements liés à l’identité culturelle et la construction individuelle. Ayant longuement et brillamment exploré ce thème avec son dernier album Visitor, elle poursuit ici son analyse. Expliquant le titre, elle dit :

Je vois [la lune] peu importe où je suis, ça me rappelle que je suis toujours chez moi, et que mon pays est une idée.”

Conclusion plutôt positive pour des questionnements qui peuvent amener bien des tourments. Sans savoir quel est réellement son pays, on en devine pourtant ici quelques bribes avec un hommage à l’Amérique latine, qu’elle évoque par des images, des mythes et un hommage à Victor Jara. Découvert lors d’une divagation nocturne dans les affres de Youtube, le chanteur populaire chilien assassiné par la milice de Pinochet figure désormais dans son panthéon artistique et la suit comme un frère d’esprit et de poésie.

Enregistré au début de l’été au Midnight Special Records studio par Marius Duflot, Mi país es una idea arbore un folk flamboyant et réjouissant. Guitare acoustique, voix simple ou doublée, percussions, basse et flûte, l’instrumentation révèle une structure épurée et efficace, donnant grâce à la dimension folklorique. Alors que ce morceau magnifie l’instant où “le soleil passe de l’autre côté”, il s’avère étonnamment lumineux et nous fait voyager, tout comme le clip produit pour l’accompagner. Réalisé par Adèle Gaucher, il collectionne des fragments d’images souvenirs tournées lors de voyages en Amérique. Du morceau à l’image, Mi país es una idea est une invitation à quitter la torpeur automnale pour un voyage sans égal.

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