Entrevue sauvage avec Louis Aguilar

Tu fais tourner ?
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Louis Aguilar, on le suit depuis quelques temps déjà, depuis son premier EP It’s All Gonna Be Fine sorti en 2015 exactement. Il a le don pour composer des morceaux, comme Kill Me Tonight, qui nous suivent en retour. Après un album de reprises en 2017, au nom qu’on préfèrera copier coller (カラオケ, “karaoké” en Japonais), le lillois a révélé un premier extrait de son nouvel album en janvier dernier accompagné d’un clip majestueux qu’on a pas pu s’empêcher de chroniquer en exclusivité. Quoi qu’il en soit, ça y est, l’attente est terminée et l’album est disponible depuis le 15 février. C’était l’occasion de le rencontrer pour obtenir des réponses à nos questions sur tous ses différents projets.

La Vague Parallèle : Pourquoi tu penses que la musique folk te touche plus que d’autres types de musiques ?

Louis Aguilar : C’est surtout la douceur du format et la simplicité de la forme, c’est vraiment un style de musique qu’on peut emporter dans un sac à dos. Enfin dans un étui de guitare plutôt. Ça implique aussi que c’est un format accessible à tous, autant pour être joué que pour être écouté.

LVP : J’ai vu que tu organisais des scènes ouvertes à Amiens. C’est toujours d’actualité ? Qu’est ce qui t’a poussé à faire ça ?

Louis Aguilar : Oui ça s’appelle l’Amiens Open Mic. Une fois par mois on prend possession d’un bar pour mettre une scène à disposition de tous ceux qui veulent essayer quelque chose. Qu’il s’agisse d’une toute première scène ou d’un vieux briscard qui vient essayer un nouveau morceau, il n’y a aucune contrainte si ce n’est celle de ne jouer que des compositions. J’en avais déjà organisé une quand je vivais dans le Missouri et ça marchait plutôt bien, c’est un concept qui correspond bien à la mentalité américaine toujours dans la démonstration. Ici à Amiens, je trouvais que le paysage local à la fois pro et amateur manquait d’une sorte de refuge. En gros c’est soit t’es capable de jouer 2h30 de reprises et un bar veut bien te booker ou alors tu restes dans ta chambre. On manquait d’un entre deux.

LVP : Est-ce que tu pourrais me parler des structures ou des personnes qui t’ont aidé dans ta démarche artistique ?

Louis Aguilar : Beaucoup de gens m’ont aidé tout au long de mon parcours jusqu’ici. Il y a les premiers bars qui m’ont laissé jouer (le peekaboo et le caf&diskaire), les premiers labels qui m’ont soutenu (Ohayo records à Lille, Noize Maker records à Billy-Montigny), puis les salles de concerts à commencer par la Cave aux Poètes, le Grand Mix puis plus récemment La Lune des pirates. Maintenant je bosse avec moins de gens (essentiellement Cyril Debarge de Weekend Affair) mais je reste éternellement reconnaissant envers tous les gens qui m’ont fait confiance jusqu’ici. C’était beaucoup de petite structures de passionnés, je pense que grâce à ça que je me suis construit et que je continue à faire de la musique sans trop de concessions.

LVP : On te qualifie souvent d’amoureux de la nature, est-ce qu’il t’es arrivé d’aller te perdre dans la montagne en période de composition ?

Louis Aguilar : Je pars souvent quelques heures marcher seul avec mon chien, que ce soit en forêt, au bord de l’eau ou dans la montagne quand j’y suis. J’ai vraiment besoin de pouvoir m’échapper souvent dans au moins un semblant de nature.

LVP : Est-ce que tu as continué à jouer pour ta fille quand ton album de reprises est sorti ou il a pris le relai ?

Louis Aguilar : Disons qu’elle a grandi et que je n’ai plus autant besoin de la bercer qu’au tout début. Mais depuis j’ai aussi eu un fils et il y a pas mal droit aussi. Après, ma fille me réclame souvent le disque dans la voiture…

LVP : Est-ce que tu t’identifies au personnage de Just A Fool, ou est-ce qu’il s’agit justement d’un personnage à part entière ?

Louis Aguilar : Ce n’est pas tout à fait un personnage en fait, c’est plutôt une facette de ma propre personnalité. Pas que je sois un cowboy mais plutôt dans ce besoin de nature dont on parlait avant. Je suis bourré de contradictions, comme ce cow-boy qui swipe son écran au milieux d’un paysage magnifique. Le plus reclus des ermites a une page Facebook de nos jours.

LVP : Es-ce qu’on reverra ce personnage au fil des autres titres de l’album ?

Louis Aguilar : Peut-être bien !

LVP : La pochette de Oh Boy, ton maquillage, la typo, c’est pour faire ressortir ton côté sauvage ?

Louis Aguilar : Disons que j’écris beaucoup par instinct. C’est aussi pour ça que la plupart des chansons gravitent autour d’histoires d’amours, on est rarement aussi animal que quand il s’agit d’amour. Mais j’aime aussi la discrétion, comme un tigre. Et puis j’avais envie de me faire maquiller en tigre, j’ai rarement l’occasion de pouvoir le faire quand on y pense.

LVP : Parle nous un peu de ton nouvel album, dans quel état d’esprit l’as tu écrit ?

Louis Aguilar : C’est un album un peu particulier car il a été écrit sur à peu près 7 ans et enregistré sur 5 jours consécutifs. Certains morceaux sont issus de textes écrits à mon retour des États Unis vers 2010 alors que d’autres ont été écrits au moment de l’enregistrement. Je n’avais surtout pas envie de les oublier alors j’ai construit cet album comme une sorte de recueil.

LVP : Selon toi, c’est quoi les circonstances idéales pour écouter ton album Oh Boy ?

Louis Aguilar : Devant un paysage qui défile c’est pas mal, dans un train ou en voiture je dirais.

LVP : Des concerts de prévus ?

Louis Aguilar : Les prochaines dates sont à Amiens, Lille et Paris, les 12, 14 et 15 mars prochain. Suivies de beaucoup d’autres bien sûr.

LVP : Des choses que tu aimerais ajouter ?

Louis Aguilar : De la coriandre et des cacahuètes.

LVP : Plutôt Crosby Stills, Nash ou Young ?

Louis Aguilar : Neil Young of course.

LVP : Merci Louis, on te souhaite que du bon pour la suite !

L’album Oh Boy est disponible partout, et on vous recommande de le suivre à votre tour sur ses réseaux, et surtout lors de ses prochains concerts.