Flavien Berger suspend le temps aux Nuits Secrètes

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Parce qu’on aime beaucoup Les Nuits Secrètes, plutôt que de faire un article global sur le festival, on a décidé de mettre l’accent sur certains artistes qui auront marqué cette édition au cru exceptionnel. Des confirmations, des découvertes et des coups de cœur qui auront égayé nos trois jours. Aujourd’hui on a suspendu le temps avec Flavien Berger.

Il existe parfois des artistes avec lesquels une sorte de malédiction se pose. Un artiste qu’on rate toujours en concert, un artiste qui fait un concert de feu la veille et qui, au moment où vous allez le voir, livre la pire performance de sa vie. Bref un artiste avec qui les rendez-vous sont ratés mais avec qui, heureusement, la donne finit toujours par changer. Pour l’auteur de ces lignes, la guigne de l’année s’appelait Flavien Berger. Car voilà bien mon dilemme : depuis la sortie de Contre-Temps, je n’ai jamais pu voir un concert de Flavien Berger en entier. Entre un vigile un peu trop zélé qui m’expulse de la zone presse au Fnac Live, une interview qui arrive en plein milieu de son concert à Roubaix ou encore une envie bien trop pressante pour être ignorée au festival Beauregard, mes rendez-vous avec cet artiste que j’adore et dont l’album m’a bouleversé, ressemblaient toujours à des moments manqués. Alors lorsque j’ai vu son passage aux Nuits Secrètes confirmé, j’ai pris toutes mes dispositions : j’ai décalé toutes mes interviews pour ne pas être gêné, j’ai fait un passage furtif aux toilettes juste avant le concert et je me suis préparé pour atteindre ce Graal musical qui m’échappait depuis presque un an : voir une performance entière du grand Flavien. Grand bien m’en a pris tant son concert aux Nuits Secrètes est l’un de ceux qui m’ont le plus marqué, et le public autour de moi aussi.

 

 

Que dire sur un concert de Flavien Berger, au final ? Sans doute que rien ne ressemble plus à une célébration de l’instant présent, du bonheur immédiat. En dehors de tout format, en dehors de tout carcan et de toute pression, le garçon s’amuse, malaxe ses chansons pour les faire vivre d’une manière différent à chaque instant. Et si le temps est froid en ce 27 juillet, proche de l’automne, une étrange chaleur nous envahit, celle de l’amour et du bonheur simple de voir un artiste qui jamais ne renie l’intelligence de son public, qui ne se plie à aucun moment à la structure trop codifiée d’un set de festival (il ne va pas nous faire un concert en 55 minutes ? Mais si mais si mais si ). Loin, très loin de la concurrence, Flavien Berger plane au-dessus de nous (parce que la scène est sur-élevée, mais on est presque sûr de l’avoir vu voler à un moment), joue avec ses instruments, ses boucles, ses machines pour nous offrir un moment hors du temps, hors du quotidien, une échappée sublime. Musicalement on danse, on se surprend à le voir tenter une nouvelle chanson en anglais au milieu de son concert. Humainement on sourit à chaque intervention lunaire du garçon entre ses chansons. Bien sûr on reconnaît les classiques ici et là, que ce soit Pamplemousse, Deadline ou Brutalisme, bien sûr il finira son set par un extatique La Fête Noire ; mais au-delà de tout cela, Flavien Berger nous aura emportés. C’est assez rare pour le signaler, il faut donc le remercier. Alors merci Flavien et à bientôt !

 

Photos : David Tabary pour Dans Ton Concert / Indiemusic.