Glauque, Réécriture #2 : Erreur système, erreur système
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Auteur·ice : Flavio Sillitti
30/06/2020

Glauque, Réécriture #2 : Erreur système, erreur système

Souvenez-vous, c’était en mars dernier : un quintette namurois redessinait les traits de la chanson française et de la culture rap en les mâtinant d’une électronique généreuse, sur un premier EP éponyme sensationnel. Une musique hybride dont on ne s’est toujours pas vraiment remis·es, et qui s’offre aujourd’hui une réédition magistrale de réécritures bluffantes. Assez logiquement intitulé Réécriture, l’EP joue sur la dualité si propre à Glauque, pour présenter les morceaux de leur premier disque sous des jours nouveaux, que ce soit relevés par une fougue électro ou temporisés par l’ataraxie de versions acoustiques frissonnantes. Pour cette seconde réécriture, c’est l’effervescent Robot qui se voit revisité délicatement au piano, ainsi que dans une version électrique plus oppressante et sombre.

S’il y a un titre dans la discographie du groupe namurois qui traduit parfaitement les rapports complexes de nos sociétés aux technologies qui les régissent, c’est bien celui-ci. Robot est une déclaration incendiaire face à un monde schizophrénique rempli d’êtres dysfonctionnels et inconsciemment programmés par des algorithmes mystiques et impalpables. En couplant nos agissements les plus communs à un jargon numérique et digital, la plume de Glauque dresse donc un parallèle intéressant entre nos quotidiens et le fonctionnement d’un robot. Niveau clip, le groupe décide de reprendre les bases du premier visuel du morceau qui jouait sur le codage des paroles, déroulant longuement le long de nos écrans et reflétant bien cette vocation de poétiser la numérisation de nos sociétés. Pour cette première réécriture, c’est donc une version épurée et simpliste de cette suite de code qui s’impose à nous, passant d’un fond noir inquiétant à un fond blanc agressif. Les images concordent ainsi avec l’esprit plus brut de cette réécriture qui fait rouler en boucle une suite de percussions étourdissantes et des synthés vaporeux, construisant l’univers froid et sombre sur lequel se posent les vers virulents de Louis.

Ce dernier se permet quelques écarts par rapport au texte d’origine. On passe ainsi, par exemple, de “J’veux plus faire partie du décor mais j’me transforme en robot” à “J’essaye de créer mon propre décor, pour pas devenir un robot” symbolisant sans doute la prise de conscience des jeunes artistes par rapport au contrôle qu’ils exercent sur leur “robotisation sociale”. Au milieu de ces modifications de texte, on remarque aussi un “Bientôt l’album et la tournée”, qui n’annonce que du bon pour les mois à venir.

La deuxième réécriture vient apaiser les rythmes foisonnants du titre pour accompagner la poésie textuelle de Louis avec la poésie instrumentale de son frère Lucas, qui accorde son piano au flow berçant de Robot pour donner naissance à une version harmonieuse, rêveuse et bienveillante. Douce comme une caresse. On retrouve alors les émotions transmises sur leur titre orphelin Quelques papiers qui prouvait déjà toute la beauté des versions épurées et acoustiques de ces morceaux d’origine si électronique et vibrante. Le visuel suit le mouvement en nous dévoilant la routine et la beauté apaisante d’un petit oiseau au cœur de la ville. Des plans d’une quiétude rare, qui élèvent d’autant plus le potentiel berçant de cette réécriture frissonnante.

L’alliage du sonore et du visuel se voit donc une nouvelle fois brillamment exploité par les esprits pointus d’un collectif à la créativité débordante, qui parvient à associer les médiums de notre époque à une poésie intemporelle, à la fois personnelle et universelle. En résultent des trésors de musicalité qui marquent indéniablement cette année 2020 particulière, qui se retrouve facilement au cœur des questionnements sociétaux, existentiels et relationnels de Glauque.


  • 13 Août : Un Singe en été (Mayenne)
  • 22 Août : Citadelle de Namur (Namur – BE)
  • 12 Septembre : Festival Liberté Ville (Toulon)
  • 19 Septembre : Coda Festival (Aérodrome de Bondues)
  • 02 Octobre : Point FMR (Paris)
  • 03 Octobre : Festival Downtown – Rotterdam – NL
  • 06 Octobre : Nuits Botanique (Bruxelles – BE) – Création 
  • 07 Octobre : Reflektor (Liège – BE)
  • 09 Octobre : CC Bomel (Namur – BE)
  • 10 Octobre : Arenberg (Deurne – BE)
  • 15 Octobre : Nancy Jazz Pulsation (Nancy)
  • 29 Octobre : Krakatoa (Merignac)
  • 30 Octobre : En vie Urbaine (Niort)
  • 12 Novembre : Les Z’eclectique (Angers)
  • 13 Novembre : Festival Mythos (Rennes)
  • 21 Novembre : Le Brise Glace (Annecy)
  • 28 Novembre : MJC de Vallée (Chaville)
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