Gordon revient bien énervé avec Dystopia

Tu fais tourner ?
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Tout Artiste est politique. Certains se refuseront à le dire, ou ne l’accepteront pas, mais c’est pourtant un fait. Chaque Artiste majuscule, transporte dans son art, ses obsessions et ses pensées, c’est un fait indéniable. Et c’est une évidence quand on écoute Dystopia le nouvel EP du génial Gordon.
Déjà bien mis en orbite par les excellents Bleu Merle et Coelacanthe, le jeune producteur français nous livre un nouvel EP de toute beauté, qui marque pourtant un changement important dans la musique du bonhomme, un tournant vers des atmosphères plus sombres et chargées en brutalité sourde.

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Avant de parler de sa musique, il est important de noter que Gordon donne aussi beaucoup d’importance au visuel, que ce soit dans les lives pour lesquels il travaille avec Julien Appert sur les ambiances mais aussi sur les pochettes de ses EPs, toutes sublimes. Celle de Dystopia est à nouveau créée par Gregory Hoepffn qui retransmet à la perfection cette idée de destruction et de l’atmosphère sombre qui émanes des 4 chansons qui forment cet ensemble.

Les titres des tracks sont aussi hyper-réfléchies chez Gordon. On pourrait parler d’artiste cérébral, mais cela ne rendrait pas honneur à sa musique qui frappe autant la tête qu’elle attaque le corps. Gordon est un producteur intelligent, qui donne le temps à ses chansons de respirer et de vivre par elles-mêmes. Les chansons de l’EP dépassant pour la plupart les 6 minutes, elles permettent aux ambiances de se poser et de nous atteindre.

Temps Fugit frappe fort d’entrée de jeu, avec ses percussions puissantes et une ambiance à la fois lourde et douce, mix entre de la house anglaise et de la musique de rave. Earth, Ground and Fields est plus calme et atmosphérique, mais elle ne se départit pas de cette sensation de violence sourde et de lourdeur qui transpire dans cet EP désenchanté. Dystopia, qui donne son titre à l’album, est la quintessence de ce que les deux premiers titres laissaient imaginer. La brutalité imagée de ses prédécesseurs frappe ici dans toute sa splendeur dans ce titre qui se présente clairement comme la pièce maitresse de l’EP. Intense et puissante, la chanson, à la limite de l’anxiogène, ne nous laisse que peu de répit. Z City Acid vient terminer ce court format avec des sons de pluie et une sensation de douceur assez innatendue, comme si derrière la dystopie, un avenir plus serein était possible.

Gordon met donc la barre haut avec son nouveau disque, brutal et désanchanté, cérébral et atmosphérique. Il marque bien l’évolution de l’artiste vers une musique un peu plus dure, mais qui n’oublie jamais le plus important, à savoir, nous faire danser. Cristallisation des pensées et des obsessions de son auteur, Dystopia frappera au corps mais aussi au coeur.
Danser sur la fin du monde n’a jamais semblé aussi salutaire et nécessaire qu’aujourd’hui. Cet album tend à nous le rappeler.