Helena Deland donne rendez-vous pour célébrer l’intime avec Goodnight Summerland
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Auteur·ice : Juliette Fournillon
16/02/2024

Helena Deland donne rendez-vous pour célébrer l’intime avec Goodnight Summerland

Helena a marqué la fin d’année 2023 qu’elle berce depuis la sortie de son album Goodnight Summerland en septembre. Un hiver rempli de douceur et de justesse, qui se prolonge ainsi, comme un plaisir dont on ne se lasse pas, au Hasard Ludique ce samedi 17 février 2024, où l’on souhaite vous retrouver pour clôturer l’hiver avec une dose d’émerveillement. Helena Deland nous offre un album qui nous ramène à ce calme qui vit en nous et que la rapidité de la vie nous fait taire. Par sa voix claire, sa poésie, et ses mélodies contemplatives, elle s’est emparé du temps. Sa musique, emprise de douceur et de pureté, en devient méditative, comme une grande respiration qui libère de masses que l’on ne pensait porter. Se glisse alors, dans le creux de l’oreille, un album puissant par sa mesure, ce qui est à nos yeux révélateur d’une grande exigence musicale. 

Cela fait un bout de temps que nous souhaitions faire apparaitre des lignes sur le dernier projet d’Helena Deland au sein de la Vague Parallèle. Mettre en avant son travail, oui, sans aucun doute, là où il y a défi avec Goodnight Summerland, c’est qu’il est de ces albums qui parle par eux-mêmes, une musique ami et outil de l’émotion, sans concession. Au travers de ce récit introspectif, Helena Deland élabore une ode au temps, à l’amour, au langage musical universel et impénétrable — celui qui perçoit, ressent, dialogue.

Dès les premières notes de Moon Pith, premier morceau, un tête à tête entre la mélodie et nous est engagé. Cette introduction instrumentale ressemble à une recherche de sonorité, à une conversation aussi. Un à-coup y figure tel un indice de fébrilité, de construction en cours. Il s’agira de se laisser porter par une mélodie lourde partant vers des aigus aux allures plus légers. Par une mélodie lente dans un premier temps, s’intensifiant quelques instants, comme si Helena avait trouvé son son, un chemin à emprunter, une trame. L’impression de participer au processus de composition, nous ouvre à l’écoute, à la recherche, à l’intime.

Say Something, le second morceau construit sur une base de choeurs et de guitare, entame cette balade de questionnements, sur le temps, sur le rapport entre ce qui est parlé et compris également. Avec une délicatesse spontanée, Helena Deland irradie la musique de poésie, commentant et questionnant sans réponse ce qui l’entoure. « To time, what I could have said » chante t-elle dans ce second morceau. « When we said later, what did you mean? » continue t-elle dans Drawbridge, « Do you say terrible things about me when I’m not around » dans The Animals, jusqu’à Who I sound like, titre mettant de côté les questions « It wouldn’t matter who I’d sound like, Whether or not I knew what to say, Whether I could ask for what I need », pour faire face à une réalité, fil conducteur de l’album « I just want to talk to you today ».

L’honnêteté des mots de l’artiste, la traduction mélodique de son introspection, font de cet album une splendeur. Ces questions sans réponses, elles imagent et reflètent aussi les étapes de deuil traversées par Helena Deland lors de la composition. Nous comprenons que ce qui semblait être une balade devient un voyage, entre passé, présent et futur. Tous porteurs de questions intenses, tous soudainement proches, et liés par la perte. Un dialogue avec soi est proposé, les textes sont portés avec douceur, leur donnant une résonance particulière, « Past lives walk by and I blush » exprime t-elle dans Spring Bug, « I wanted to know who we have been, so I might know how far I’ve flown » dans Drawbridge, « and tonight I’ll get no rest, a thought is sitting on my chest » nous offre l’artiste dans Strawberry Moon.

Helena Deland fait l’accomplissement de capturer le temps dans un monde où on l’oublie. Cet album apaise et rapproche de soi. Il est une ode à l’amour avant tout, dans ce qu’il a de foudroyant, paralysant et vivifiant. Elle dépeint des moments, rend compte et propose sans volonté d’expliquer ou de traduire et nous prouve que le calme et l’apaisement ne se tiennent pas que dans le silence.

Plusieurs chemins s’entrecroisent : le temps, la nature, l’amour, la perte, la solitude. Goodnight Summerland est chargé de rythmes, de perceptions et de caractère. Les arrangements suivent le ton, on retrouve de la cinématographie dans Roadflower qui, débutant dans les graves, se répand dans des aigus qui eux-mêmes se fondront dans des choeurs. Le travail musical est d’une maitrise époustouflante, du duo de vents et cordes dans Drawbridge à la sobriété évocatrice de Strawberry Moon, qui entre guitare, piano et sons de nature, conclut l’album sur les notes qui l’ont commencé.

On ne sait comment Goodnight Summerland s’est construit mais il s’agit d’une oeuvre musicale riche, aux allures de secret que l’on aimerait garder pour nous mais qu’il semble important de partager. Un secret dévoilé donc, qui se présentera sur la scène du Hasard Ludique ce 17 février et que nous vous invitons à venir découvrir.

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