Kid Francescoli, l’artiste qui nous fait voyager sur ses ballades

Tu fais tourner ?
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Après deux ans d’absence, Mathieu Hocine, alias Kid Francescoli, nous a déjà offert trois morceaux, sortis en 2019, faisant partie de son nouvel album. Nous avions hâte de le (re)découvrir et surtout d’écouter toutes les pistes de Lovers ! Entre-temps, nous avons eu la chance de pouvoir lui poser quelques questions un vendredi paisible et finir la semaine en beauté avec un Marseillais qui nous réchauffe le cœur. Il parcourra la France tout au long de l’année et fera un détour en Belgique le 15 mars à l’ABclub pour un concert déjà soldout.

La Vague Parallèle : Comment vas-tu en cette fin de semaine ?

Kid Francescoli : Ça va très bien, puisque j’ai bien travaillé cette semaine ! On a fini de préparer l’album qui est prêt et qui va sortir à la fin du mois donc c’est assez excitant. En plus, on a passé beaucoup de temps au mois de janvier à bosser sur la formule pour le live et pour la tournée et tout est prêt. Je profite des quelques jours de repos avant de commencer à rentrer dans le vif du sujet, donc ça va très bien !

La Vague Parallèle : Justement, ton cinquième album sort dans un peu plus d’une semaine. Plus qu’impatient de le faire découvrir au public ?

Kid Francescoli : Le plus gros moment de l’album, c’est quand il est fini au niveau technique (composition, mixage, mastering, etc.). Les gens vont le découvrir à la fin du mois, mais dans mon esprit il est déjà fini depuis quatre mois. Je suis content parce qu’on a déjà fait découvrir quelques morceaux (So over, Eu quero et Alive) et un quatrième va sortir le jour de la sortie de l’album. Je suis surtout impatient que les gens le découvrent en entier et découvrent les morceaux qu’ils ne connaissent pas encore. J’espère qu’ils vont être surpris.

La Vague Parallèle : Sur cet album, tu collabores avec quatre nouvelles chanteuses (Nassée, Samantha, Ioni et Sarah Rebecca), comment les as-tu rencontré ? Comment s’est passée la collaboration avec elles ?

Kid Francescoli : Sur les deux précédents albums, j’avais collaboré avec une chanteuse qui s’appelle Julia. Quand on a décidé de ne pas faire de troisième album ensemble, j’ai essayé sans trop chercher à trop théoriser l’approche et surtout ne pas essayer de remplacer Julia. Je me suis dit que je devais rester le plus ouvert possible, je lançais un peu des pistes avec des chanteuses que j’aimais bien. Je restais ouvert aussi aux sollicitations et j’essayais de ne pas être trop fermé dans un schéma, refaire un album avec une chanteuse ou si je ne trouvais pas de chanteuse faire un album instrumental. J’essayais de garder cet état d’esprit à ciel ouvert, et ça été un peu différent selon les chanteuses.

Samantha, je l’ai rencontrée à Marseille, dans la nuit, en soirée. Elle m’a dit qu’elle chantait, mais qu’elle n’avait jamais vraiment chanté. Etant franco-brésilienne, j’ai tout de suite voulu l’enregistrer. Je me suis dit que ça pouvait amener quelque chose de frais et quelque chose de différent avec le portugais.

Nassée, c’est par l’intermédiaire d’amis qui la connaissaient et me disaient d’écouter ce qu’elle faisait. En l’écoutant j’ai voulu directement collaborer avec elle.

Sarah Rébecca, j’avais déjà fait des remixes avec elle et on avait déjà travaillé sur des titres en parallèle. J’avais son contact et je lui ai dit que pour une future collaboration c’était évident que je pense à elle.

Ioni, c’était un peu du hasard, quand je cherchais des chanteuses pour la tournée. Je l’avais rencontrée dans cette optique-là, mais elle s’est proposée plutôt pour enregistrer sur l’album. J’étais un peu étonné au début parce que moi ce n’était pas pour cela que je la rencontrais. Je me suis dit pourquoi pas, car c’était ça l’état d’esprit et y aller jusqu’au bout. La preuve, elle a chanté sur deux chansons dont So Over qui sont deux des titres les plus forts de l’album. Je pense que quand on veut collaborer, il faut rester le plus ouvert possible.

La Vague Parallèle : Leurs univers ont-ils influencé la direction artistique de l’album ou la plupart des morceaux étaient déjà réfléchis avant de les rencontrer ?

Kid Francescoli : Le concept vient souvent en cours d’album. Je ne suis pas musicien, je ne suis pas assez talentueux, assez visionnaire. Certains artistes, avant de faire l’album, ils se disent “Je vais faire de la musique sur les plantes et la forêt” par exemple, moi je n’arrive pas à me dire ça. Dans un premier temps, je vais rentrer en studio, faire des morceaux tous les jours et le plus possible. Je vais essayer de collaborer et après le concept prendra forme au bout d’un certain temps. Et là, ce qui a été marquant et frappant, sans que je ne dise quoi que ce soit à toutes les différentes chanteuses, c’est qu’elles m’ont toutes envoyé des textes qui parlaient d’amour, que ce soit un amour contrarié, un amour apaisé, un amour joyeux, un amour toxique, un amour perdu, un amour nouveau. À chaque fois, c’était toujours le thème donc cela paraissait évident que ce soit le concept. Quand il y a de la fluidité avec une idée qui vient à vous, c’est tellement précieux. Ces idées arrivent à vous plutôt que de se mettre devant une page blanche en essayant de trouver le concept.

La Vague Parallèle :  Par rapport au titre de l’album, Lovers, l’amour reste ton thème de prédilection comme sur tes précédents disques. Est-ce que ta vision de l’amour a évolué ?

Kid Francescoli : Oui ! Dans les deux premiers albums, c’était plus mon amour pour la musique qui était le fil rouge. C’est comme ça que j’ai commencé. Et puis il y a eu cette histoire avec Julia. Ça a créé un peu un amour à New York : la rencontre, la séparation et puis la reconquête, la complicité. Je voyais cet amour comme une sorte d’inspiration parce que c’était un amour contrarié, un amour fini. Donc c’était dur, il y avait quelque chose de tragique à l’intérieur de cette histoire. Je pensais qu’il fallait être torturé pour être inspiré ! Depuis, j’ai rencontré Samantha. Ce qui m’a inspiré cette fois, c’est justement cet amour apaisé que je vis à Marseille. Le fait qu’on vive ensemble là-bas, qu’il y ait du soleil, qu’il y ait la mer et qu’il y ait l’amour. Cela m’a fait me sentir autant inspiré par l’apaisement que ce que je l’avais été par la torture et par la souffrance dans l’album précédent.

La Vague Parallèle : En écoutant l’album, The Only One nous a beaucoup touché par ses notes de pianos et de violon. Que représente-t-il pour toi ?

Kid Francescoli : Cela me fait plaisir qu’elle vous ait touchée parce que c’est un morceau sur lequel j’ai beaucoup travaillé ! C’est le genre de chanson qui arrive lorsque l’on passe beaucoup de temps en studio et, encore une fois, qu’on essaye de garder l’esprit ouvert pour laisser venir les idées. C’est un morceau que j’avais envoyé à Sarah Rébecca. Au début, j’avais fait une boucle plutôt électronique, comme j’ai l’habitude de faire avec du synthé, et elle avait chanté par-dessus. Autant la voix peut amener tout de suite de l’inspiration, c’est d’ailleurs pour moi une espèce d’étincelle sur une chanson. Mais, sur ce morceau là, rien n’allait musicalement. J’ai beaucoup bataillé parce que j’ai essayé des dizaines et des dizaines de versions. Je savais que la voix était bien, mais je n’arrivais pas à trouver quelque chose qui fonctionnait bien musicalement. Quand on a commencé à travailler dessus avec Simon, de French 79, le producteur des trois derniers albums, on s’est dit qu’il fallait tout reprendre de zéro. En reprenant tout à zéro, c’est là qu’est venu l’idée de faire quelque chose d’orchestral, de classique, avec des violons et des pianos comme vous le dites. C’était important pour moi parce que c’était le chemin inverse. On est parti de la voix et on a tout tissé dessus. J’étais très content quand on l’a finie parce qu’elle représente pour moi un nouveau palier dans ma musique. C’est la première fois que je fais un morceau avec des arrangements vraiment orchestraux. Je suis très fier parce que ça amène une nouvelle touche à ma musique.

La vague parallèle : Vous diriez que c’est votre chanson préférée de cet album ? Ou celle dont vous êtes le plus fière ?

Kid Francescoli : Je ne sais pas parce que je les aime toutes ! Peut-être celle-là avec Cent corps. Mais non en fait, je les aime toutes ! Après, avec The Only One, je suis vraiment content parce qu’on était dans une impasse et on a réussi à s’en sortir en faisant quelque chose de beau, je pense.

La Vague Parallèle : Lovedrops est la dernière chanson de l’album et la seule uniquement instrumentale. Y avait-il une raison pour qu’il n’y ait pas de parole ?

Kid francescoli : En fait, je me suis toujours dit que sur cet album, il fallait que je fasse un morceau un peu ambiant, parce que j’ai écouté énormément ce genre de musique pendant l’enregistrement de l’album, et notamment avec Brian Eno ou des musiques ambiantes qui viennent de tout horizon. Quand on compose un album, il y a des musiques qui vous influencent. Par exemple, j’ai trop écouté de musiques modernes, contemporaines, et parfois cela influence trop quand on fait un album. Alors que quand on écoute de la musique classique ou de la musique ambiante, elles vous accompagnent. Elles sont là avec vous, comme une personne dans la pièce. Au bout d’un moment, je me suis dit qu’il fallait que je fasse une musique de ce type-là. En plus, je n’en avais jamais fait et donc j’avais commencé à chercher plusieurs « thèmes », mais c’était un morceau où je m’y mettais de temps en temps, je le laissais puis je revenais dessus. Je faisais des allers-retours. Quand j’ai commencé à vraiment trouver le thème, je me suis dit que c’était le morceau idéal pour finir l’album. Ce qui est bien avec l’album, c’est que quand on a le premier morceau, le morceau du milieu et le dernier morceau, on commence à pouvoir remplir des cases, d’une certaine manière. Tant qu’on n’a pas le dernier, on ne sait pas vraiment dans quelle direction on va. Lorsque je suis parvenu à voir à quoi allait ressembler le dernier morceau, j’ai compris comment allait s’articuler l’album. Lovedrops, même s’il est à la fin et qu’il n’est qu’instrumental, il est primordial qu’il soit présent.

La Vague Parallèle : C’est vrai que lorsque l’on écoute l’album et les musiques les unes à la suite des autres, on voit ce dernier titre comme une apothéose par rapport à l’amour, cela monte en puissance.

Kid Francescoli : C’est bien ce mot, “apothéose”. Moi, je m’imaginais ce titre comme un générique de fin qui décolle. Mais après, si vous l’avez ressenti comme ça, l’apothéose de l’album c’est parfait.

La Vague Parallèle :  Est-ce que tu nous réserves de nouvelles surprises, comme un court métrage pour un des clips ou une nouvelle collaboration avec Alexandra Kolasinski ou Vincent Desrousseaux ?

Kid Francescoli : Pour l’instant, on va surtout se concentrer sur la tournée, c’est le plus important. On a un prochain clip qui va sortir le jour de la sortie de l’album pour City Lights. Après, il y aura peut-être des surprises au cours de la tournée, mais il faudra attendre que la tournée soit bien faite. Je compte surtout me concentrer dessus. Après, il va falloir commencer à se concentrer sur la suite.

La Vague Parallèle : Pour votre tournée européenne, quel(s) endroit(s) as-tu hâte de (re)découvrir ?

Kid Francescoli : J’ai hâte d’aller partout ! J’adore partir en tournée, encore plus quand on joue à l’étranger. Surtout quand je vois que des villes comme Londres, Bruxelles, Berlin ou Amsterdam sont déjà complètes. Je suis ravi, j’ai hâte d’y aller, et j’ai hâte que la tournée aille encore plus loin et autant que la précédente. Mais je n’ai pas d’endroit préféré, je suis juste ravi de la façon dont elle se présente pour l’instant.

La Vague Parallèle : Par après, vous imaginez une tournée internationale pour cet album?

Kid Francescoli : J’aimerai bien ! On va aller sans doute jouer en Égypte, peut-être à Montréal. Après, je voudrais aller jouer en Amérique du Sud, en Asie, retourner en Chine, au Japon. Aller partout, le plus possible.