Les clips de la semaine #115
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Auteur·ice : Rédaction
28/03/2021

Les clips de la semaine #115

| Photo : Sarah Meital

Les clips de la semaine, c’est votre rendez-vous du dimanche qui vous présente les sorties vidéos de nos musiques préférées. Composées avec amour et minutie par les oreilles de notre rédaction, ces compilations s’attèlent à vous partager chaque semaine le meilleur des Internets, faisant se côtoyer les grands noms du moment aux jeunes pousses de la musique. Découvrez les pépites qui nous ont fait chavirer le cœur et les rétines ces sept derniers jours.

Sevdaliza – Darkest Hour

Issu de son fantasmagorique dernier album Shabrang, le morceau Darkest Hour de la Néerlando-iranienne Sevdaliza est un tour de force intense et sombre. Son clip, sorti cette semaine, l’est tout autant. À l’occasion du mois des droits des femmes, elle décide de marquer le coup en conviant sur ce visuel une mosaïque représentative des féminités plurielles de notre époque. On peut ainsi y observer Armine Harutyunan – première modèle arménienne pour Gucci – ou encore Soukayna Dieng, photographe Sénégalo-américaine qui s’attelle à représenter la diversité dans des portraits féminins et non-binaires. Le casting et la réalisation du clip ont été confiés au tandem Sarah MeitalAn Simin tandis que la Parisienne Gwen Ghelid a chapeauté l’editing. Difficile, dès lors, de manquer le galvanisant esprit de sororité qui habite cette œuvre juste en tout point.

 

Mannequin Pussy – Control

Mannequin Pussy perd le contrôle et saccage nos vies à coups de riffs électriques et éraflées. À grands cris écorchés, la chanteuse oppose les actes aux paroles, laisse éclater sa rage et ravage son monde. Les amplis suffoquent et nos rêves de concerts saturés de vibrations et de sueurs n’ont jamais été aussi forts. Farouche furie, Messy transforme la silencieuse campagne en champ de bataille où elle convoque ses frustrations et angoisses. Dans un grand fracas punk, elle sabre les papiers peints de ses peines, abat les murs de ses dépendances, éventre les oreillers de ses doutes et brûle les débris de son passé. Sur leurs ruines nous danserons avec Mannequin Pussy, et célébrerons leur chaos pour au moins une dernière fête incendiaire.

 

Yaya Bey – ‘September 13th’

Découvrez Yaya Bey, votre prochaine obsession soul-jazz. Toute première signature de chez Big Dada – la nouvelle filiale inclusive de Ninja Tune consacrée aux artistes issu·es des minorités ethniques -, la chanteuse et poétesse tout droit venue de Brooklyn continue de dévoiler son EP The Things I Can’t Take With Me prévu pour le 9 avril prochain. Si son ode à la résilience féministe fxck it then voguait du côté des ondes groovy, c’est une musique beaucoup plus smooth et douce qu’elle partage avec ‘September 13th’. Un titre planant et épuré, qui ne tardera pas à vous rentrer dans la tête. Façon VHS, les images du clip nous plongent dans un photoshoot intimiste dans lequel elle se met en scène dans des plans emplis de romance.

 

Ola – Long Night

On vous le présentait récemment comme le nouveau précieux de la pop-rock belge, voilà que le Bruxellois Ola dégaine le clip de son premier single Long Night, réalisé par le tandem belge Max Meyer et Marnik A. Boekarts du Studio Alfons Meyer. Tout en simplicité, le visuel parvient à départager les deux facettes du morceau (et de l’artiste, certainement) entre des séquences sur fond de ciel lumineux et d’autres habitées par un rouge plus intense. Le long des côtes anversoises, Ola Polet se met seul en scène, les yeux dans la caméra, joue avec l’objectif et multiplie les moues pour capter notre attention. Mission réussie, vivement la suite !

 

Anna Leone – Still I Wait

Si son excellent premier EP Wandered Away tourne toujours en boucle chez nous les soirs de chagrin, la Suédoise Anna Leone prépare déjà la suite. Elle partageait cette semaine une douceur folk dont elle seule a le secret, et qui s’inscrit dans la lignée de Once et Wondering – ses deux derniers singles. Avec Still I Wait, Leone propose une ballade guidée par des riffs de guitare confortants et son timbre délicieusement rauque. Une fois encorec’est de la réalisatrice Savannah Setten qu’elle s’entoure pour mettre en images les thèmes de l’isolement et du concept paradoxal de la solitude collective. Des tableaux crépusculaires qui corroborent avec grâce l’esprit du morceau. Une chose est sûre : elle n’a pas fini de nous chambouler le cœur.

 

beabadoobee – Last Day On Earth

Bea Kristi est de retour. Mais pas pour nous jouer de mauvais tours ! Bien au contraire : la jeune femme sort Last Day On Earth, un titre composé au tout début de la pandémie, et qui donne un aperçu de ce qu’elle aurait fait si nous avions su ce qui nous attendait. Le clip est réalisé par Arnaud Bresson de Division Paris (M.I.A, Rosalia, A$AP Rocky) comme une nuit de plaisir. Le morceau est également le premier extrait du nouvel EP de beabadoobee, our extended play, écrit et produit avec Matty Healy et George Daniel des 1975. De quoi nous faire sagement attendre avant sa sortie.

 

Jungle – Keep Moving

Dry Your Tears et Keep Moving : au-delà d’être les deux meilleurs conseils qu’on peut vous donner pour surmonter la période actuelle, c’est aussi le nom des deux premiers extraits du troisième album de Jungle. Les deux comparses britanniques sont de retour pour faire groover la planète de leur musique rétro et catchy, près de trois ans après For Ever – qui déchaine aujourd’hui encore nos bassins à la moindre écoute. Pour ce retour imminent, Jungle invite une fois encore une troupe de danseur·euses pour illustrer leurs mélodies. Dans un incroyable plan séquence réalisé par J Loyd (la moitié du duo) et Charlie Di Placido, le hook généreux et triomphal de ce premier single se mêle aux chorégraphies pensées par le tandem britannique Nathaniel Williams et Carella Cece Nama. Le résultat est absolument galvanisant et n’annonce que du bon pour ce nouvel album intitulé Loving In Stereo, vendu comme “magique et chaotique” et attendu pour le 13 août prochain.

 

Mia Joy – Freak

Instant mélancolie ! Mia Joy, le projet dream-pop de l’américaine Mia Rocha, vient de sortir Freak, un nouveau single éthéré annonçant la sortie de l’album, Spirit Tamer, en mai prochain chez Fire Talk Records. Hypnotique et minimaliste, cette nouvelle ballade nous invite à méditer sur les relations toxiques. Les paroles incisives et résilientes de Rocha “I’m not a freak on a leash / ‘Cause you burned me to set me free / It’s not by ill will, but I’m setting my own path”, faisant d’ailleurs écho à la chanson phare de Korn, sont retranscrites à l’image par une animation griffonnée aux tons ocres, effrayante mais aussi rassurante avec l’apparition d’anges protecteurs toujours prêts à nous guider vers la liberté.

 

BROCKHAMPTON – BUZZCUT (feat. Danny Brown)

Il y a des nouvelles qui ont le don d’illuminer notre semaine toute entière. Sans surprise, le retour officiel de BROCKHAMPTON en fait clairement partie. Pour annoncer l’arrivée imminente d’un prochain album, c’est en pleine forme qu’on retrouve notre boys band préféré dans un clip complètement halluciné qui nous replonge avec nostalgie dans l’esthétique du MTV des années 90. Après GINGER, un album qui témoignait clairement d’un désir de lever le pied de la part du groupe, le choix de revenir avec BUZZCUT n’est pas anodin ! En effet, avec un titre pareil, le collectif texan nous montre clairement qu’ils n’ont rien perdu de la gnaque qui nous avait déjà tant séduit il y a quatre ans. C’est donc avec une excitation difficilement dissimulable que nous nous apprêtons à dévorer ROADRUNNER : NEW LIGHT, NEW MACHINE. La bonne nouvelle, c’est que l’attente ne devrait pas être trop insupportable puisque l’album devrait inonder nos playlists d’ici un petit mois. Elle est pas belle la vie ?

 

Nikola – Avec un rouge

Avec un rouge fait partie de ces titres tombés du ciel, hymnes d’une génération en quête de réponses et de sens, toujours plus en gueule de bois d’une réalité coup de poing. Ce piano-voix lourd d’intensité nous ouvre magistralement au monde de Nikola, où la voix prend à la gorge, le regard à l’estomac, et les mots droit au cœur. Clippé dans le miroir d’une salle de bain en toute simplicité, le jeune homme nous rassure : il a les pieds bien ancrés dans le sol, et se regarder en face ne lui fait pas peur. Avec un premier morceau ouvrant la voie à de futures claques, Nikola nous confirme que s’il y a un prénom à retenir cette année, c’est bien le sien.

 

ENNY – Same Old

La prodige du rap londonien revient avec un nouveau clip Same Old pour teaser un prochain EP. Signée chez FAMM, le label indépendant de Jorja Smith, on avait découvert ENNY il y a quelques mois dans la session Colors de son titre Peng Black Girls où s’invitait d’ailleurs la chanteuse soul. Avec un flow singulier et puissant, elle a déjà la prestance si particulière des grandes rappeuses telles Lauryn Hill ou Azealia Banks en début de carrière. Bref, on garde un œil sur ENNY et on profite du très bon Same Old où elle parle de la complexité du sentiment de nostalgie.

 

THÉ VANILLE – Flying Fishes

Les poissons pixellisés ont décidément la cote en ce moment. Après QuinzeQuinze il y a quelques semaines, c’est au tour de l’excellent trio tourangeau Thé Vanille de se lancer dans cette aventure mi-aquatique mi-numérique. Dans le clip de Flying Fishes, le groupe met en scène les tribulations d’un poisson mutant modélisé en 3D dont la symbolique lourde de sens trouve son écho dans les paroles du morceau. L’occasion parfaite de découvrir un univers qui nous attire autant pour la qualité de sa musique que pour la créativité de son esthétique visuelle.

 

Princess Nokia – It’s Not My Fault

Non vous ne rêvez pas, on est toujours en 2021. Pour son tout nouveau single, It’s Not My Fault, Princess Nokia recrée la célèbre vidéo d’If You Had My Love de Jennifer Lopez. La rappeuse new-yorkaise cite J-Lo comme une influence majeure et nous propose donc ce clip, sorte de version sexualisée de l’original de 1999 – qui l’était déjà pas mal on doit dire. Elle en profite aussi pour placer une petite pub gratuite à son compte OnlyFan, elle qui s’est inscrite dessus l’année dernière. À gros coup d’égotrip, elle nous livre un nouveau titre qui pourrait annoncer un futur album, après ses deux projets de 2020 Everything Sucks et Everything is Beautiful.

 

Rallye – Univers

Il fait beau, il fait doux, c’est dimanche. Une journée idéale pour planer d’un air gai, chic et entraînant. Un moment parfait, aussi, pour aller à l’encontre de l’Univers de Rallye, jeune quatuor à la tête dans les étoiles. D’une efficacité indéniable, ce nouveau tube nous emballe autant qu’il nous plonge dans une douce nostalgie aux accents 00s. Alors que les synthés s’additionnent en autant de mélodies qui s’enroulent autour de toplines efficaces, on tourbillonne avec délice dans les images de Stanislas Bécot et Lucien Krampf. Quel dommage que l’Île-de-France soit confinée tant Univers appelle à partir en road-trip sous le soleil, fenêtres ouvertes, à toute berzingue vers les vacances.

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