Les clips de la semaine #149
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Auteur·ice : Rédaction
28/11/2021

Les clips de la semaine #149

Les clips de la semaine, c’est votre rendez-vous du dimanche qui vous présente les sorties vidéos de nos musiques préférées. Composées avec amour et minutie par les oreilles de notre rédaction, ces compilations s’attèlent à vous partager chaque semaine le meilleur des Internets, faisant se côtoyer les grands noms du moment et les jeunes pousses de la musique. Découvrez les pépites qui nous ont fait chavirer le cœur et les rétines ces sept derniers jours.


Fishbach – Masque d’or

Interminable était l’attente, depuis que les rumeurs d’un nouvel album de Fishbach se dispersaient dans l’air. Nous voilà désormais conquis non par un, mais deux titres en quelques jours, qui s’accordent merveilleusement à sa voix de velours tout en soulignant les deux facettes du personnage. L’un électrisant, l’autre planant, Masque d’or fait taper du pied, tandis que Téléportation fait tourner les têtes. Et c’est à Masque d’or et sa basse au groove incroyable que l’artiste a décidé d’offrir un clip étincelant. Autant vous dire que les retrouvailles avec les intonations, la gestuelle et la théâtralité qu’on lui connaît nous mettent plus qu’en joie. Difficile de résister au refrain flamboyant de ce dernier titre, où Fishbach réveille la nuit, la fait briller, résonner et danser. L’impatience s’associe désormais à un euphémisme lorsqu’il s’agit de son nouveau disque à venir.

 

Thx4Crying – Alors Je Descends Plus Bas

Des nouvelles de Thx4Crying ! Quelques mois après la sortie de sa dernière vidéo, le jeune artiste dévoile enfin le clip du morceau qui nous avait tant ému·e·s en live. Avec Alors Je Descends Plus Bas, Thx4Crying retrace le fil d’une idylle secrète et douloureuse qui prend place au sein même d’un groupe de musique, dans une magnifique vidéo réalisée par Florian Salabert. Toujours dans la veine de cette esthétique qui le caractérise et qui trouve ses origines dans les codes des années 2000, le dandy triste s’autorise une incursion dans le cinéma horrifique des 70s pour donner corps à ce titre tendre et émouvant à la fois, qui nous arrachera une larme tout en nous faisant danser.

 

Benjamin Epps & le chroniqueur sale – Dieu bénisse les enfants

On peut arguer qu’il ne s’agit pas d’un clip à proprement parler, puisque la mise en image de Dieu bénisse les enfants consiste exclusivement en une collection d’extraits de films mettant en scène… des enfants. Merci à ceux qui suivent. Cela dit, on prend tellement de plaisir à se replonger dans un des meilleurs titres de Fantôme Avec Chauffeur qu’on ne résiste pas à l’envie de lui remettre une petite couche de visibilité amplement méritée. D’autant que la sélection de films accompagnant le titre constitue une base cinématographique plutôt solide en cas de panne d’inspiration pour vos soirées ciné du dimanche soir. Win-win.

 

Lala &ce – Toxic

Elle a débuté l’année en sortant son tout premier album, Everything Tasteful. Aujourd’hui, Lala &ce revient avec du neuf : un nouveau single. Avec Toxic, la rappeuse lyonnaise poursuit son ascension dans ce rap jeu en continuant d’affirmer son univers avec ce qu’elle sait faire de mieux : de la trap. Accompagnée pour ce faire des producteurs Kosei et Sectra, Lala &ce déverse son fameux flow nonchalant sur un beat puissant et électrisant. Une performance hypnotisante, tout comme son clip réalisé par Baeby Mama. L’atmosphère se veut envoûtante et psychédélique, et ne manquera pas d’ensorceler quiconque le visionnera. 

 

Los Bitchos – Good To Go!

Deuxième épisode de la série clippée commencée par Los Bitchos avec Las Panteras. Ici, le génial quatuor féminin est jugé dans un procès haut en couleur façon roue de la fortune. Et contre leur ennemi, elles passeront toutes les épreuves pour regagner leur liberté. La musique nous entraîne toujours un peu plus dans leur univers teinté de surf rock et d’années 60, qu’elles dévoileront l’année prochaine avec leur premier album, et qu’on attend avec énormément d’impatience : Let The Festivities Begin!.

 

Nikola – Au bout de ma rue

“Le monde s’arrête au bout de ma rue.” Difficile de ne pas réagir à cette pensée, constat de vie qui touchera probablement nombre d’entre nous à divers âges. Nikola, lui, a tout juste vingt ans, et des remises en question du monde plein la tête, qu’il lance dans l’air avec des mots clairs, perçants et toujours touchants. Au bout de ma rue, qui offre un troisième clip fait maison au Franc-Comtois, le met en scène en tête-à-tête avec son charisme magnétique au-dessus d’une autoroute, métaphore de la poésie des voyages, des ailleurs qu’on ne connaît pas, dans une parfaite image pour évoquer les prisons du quotidien. Dans un crescendo de tension à la puissance inouïe, le morceau se transforme en un titre déchirant qui témoigne une nouvelle fois du génie d’interprétation du jeune artiste. Raison de plus pour courir le découvrir sur scène, où ses morceaux prennent chaque fois irrésistiblement vie. Pendant ce temps, on note la date du 3 décembre prochain, sortie de son premier EP, Une saison en enfance, qu’on attend bien impatiemment.

 

Achile – Pas si simple

Quelle manière plus touchante de parler d’un album à venir que de confier ses doutes au grand jour ? Avec une honnêteté émouvante, Achile souffle ses angoisses sur Pas si simple, en orateur à l’Hôtel de Ville de Tours, sa terre d’origine. Face à une salle tout en dorures prise d’assaut par ses proches, le jeune artiste touche du doigt la difficulté d’exprimer ses peurs non seulement à l’oral, mais encore plus devant une audience, connue qui plus est. L’exercice en devient particulièrement éloquent, tout en restant bienveillant par un tournage que l’on devine chaleureux. À vos agendas : Achile sera sur la scène du FGO-Barbara le vendredi 3 décembre prochain pour y défendre son prochain disque. Il nous tarde.

 

Miel de Montagne –  Tomber sur toi

Comme un rayon de soleil en hiver, les mélodies dorées de Miel de Montagne réchauffent nos épaules avachies par l’arrivée des journées grises et courtes de la fin d’année. Avec une nonchalance aussi émouvante que maîtrisée, le jeune musicien fredonne des couplets en apesanteur. Échappés à sa suite dans un monde parallèle où le thermostat ne descend plus aussi vite, où l’accélération effrayante du monde s’inverse et où les masques laissent la place aux sourires on laisse revenir les rêves et on repeuple nos pensées d’espoirs. Ni une ni deux on ouvre grand la porte, on dévale les escaliers et on se jette dans la rue et la vie. Et même si on a toujours peur du vide, trébucher n’est plus aussi inquiétant avec Miel de Montagne. Protégé par son aura pétillante on accepte la chute qui ne peut pas être bien grave. Après tout, si je le veux et que la chance me donne un coup de pouce, elle sera même douce et je tomberai sur toi.

 

Yard Act – Payday

Nouvelle détonation made in Yard Act, le quatuor anglais le plus stimulant de cette fin année aussi morose que la 837ᵉ prise de parole des pitres en costume sur le 35ᵉ variant. Take the money and run ? Entre les fermetures de frontières plus meurtrières que jamais et les gesticulations continues sur tous les écrans qui épuisent nos pupilles autant que nos esprits, on est bien tenté de les prendre au mot. Traverser l’écran et rejoindre James Smith et sa remuante bande pour tout oublier, au moins quelques minutes. Au milieu des laitues et des billets de banque, le groupe assassine avec une ironie 100% britannique la gentrification sournoise et l’embourgeoisement facile. Avec un entrain irrésistible les quatre camarades réussissent le tour de force de donner à la fois envie de faire la révolution, chanter en chœur, voir ses proches et simplement apprécier la bonne bouteille de Bourgogne qu’on s’apprête à déboucher. Parce qu’on remet tout ça à demain matin, qu’on écoute Yard Act et que tout va mieux.

 

 

Kobe Lukas – Pause

Et si on s’autorisait une petite pause de deux minutes et quarante secondes ? Pour sa première escapade en solo, le frontman de Futur Episode dévoile ses envies d’air frais sur des beats old school et expérimentaux. Son flow posé épouse parfaitement les calques rêveurs caractéristiques de Navire Argo, sublimés cette fois par un ciel bleu qui tranche avec la grisaille du jour. Pour ce premier single, le beatmaker / chanteur Kobe Lukas nous invite justement à nous en extraire en cette fin d’année. Tranquille. Easy. Stop. 

 

Rușan Filiztek – Sans Souci

En guise de conclusion, offrons-nous une évasion en douceur, à la croisée de la danse, de la peinture et du saz avec Rușan Filiztek. Après avoir arpenté de nombreux pays, de l’Anatolie à la Mésopotamie, le baroudeur dévoile son premier album Sans Souci, véritable marmite d’influences et de langues diverses. « Je voulais présenter d’où je viens et où je vais », en dit l’intéressé. Avec un étonnant mariage entre comptine française, mélodies anatoliennes, danse et peintures animées, le single éponyme en est le plus parfait symbole. Un résultat hors format, qui ne correspond à aucun cadre, mais qui nous permet une envolée dans un ailleurs rêvé le temps d’une chanson.

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