Les clips de la semaine #35

Tu fais tourner ?
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Les clips de la semaine, c’est votre rendez-vous du dimanche. Pour faire passer votre gueule de bois et pour adoucir votre week-end, on vous sélectionne les clips qui ont fait l’actu de ces derniers jours. Les clips de la semaine épisode 35, c’est maintenant.

 

Björk – Losss

La singularité de Björk retient encore et toujours notre attention. Deux ans après l’élévation de l’astre Utopia, l’Islandaise démasque ses résidents dont les traits sont peints par le plasticien 2.0, Tobias Gremmler. À contresens de la portée du mot, Losss unit. Peut-être des étrangers ? Un duo en tout cas. Peut-être celui du for intérieur ? Yin et yang, ils échangent alors que leur robe et leur derme mutent avec volupté. Rencontre du troisième type. Ode à l’humanité.

Last Train – Disappointed

Soufflet après soufflet, Last Train exhibe son prochain coup de sang, The Big Picture, promis un certain vendredi 13 du mois de septembre. À bas la malchance, Disappointed renverse la superstition sur le flanc contraire, nos corps avec. Cinq minutes d’un canevas clair-obscur mettant en exergue une rage viscérale, à l’évidence trop longtemps contenue. Pris d’assaut au cœur de la tourmente, aussi instable que la main du cadreur, l’iris convulse au rythme des projecteurs. Une nouvelle occasion pour les Lyonnais d’investir leur terrain de jeu favori, de faire rugir basse et guitares, de marquer peaux et cymbales. Un nouveau prétexte pour Julien Peultier, Fender au cou, de fixer le rock à la pellicule. Frontal, efficace, franc. L’ossature se tient fin prête à s’abattre sous le poids du choc à venir. Comme cette douleur que l’on envie, comme l’ecchymose dont on se joue.

Bear’s Den – Hiding Bottles

Les addictions sont un sujet d’inspiration et de prédilection pour les artistes, ici, Bear’s Den nous fait cette fois-ci part du point de vue et du retentissement de l’alcoolisme sur la famille et non sur l’individu lui-même. Dans Hiding Bottles, issu du troisième album du groupe So That You Might Hear Me, les paroles sont inspirées de la propre expérience du chanteur Andrew Davies avec la dépendance à l’alcool de l’un de ses proches. Le clip s’inspire d’histoires de personnes ayant participé à des groupes de soutien pour famille luttant contre la dépendance d’un de leurs proches. Il met ainsi en scène une famille au bord de l’implosion avec une mère ne sachant plus gérer son mari alcoolique et une aînée qui finit par prendre les choses en main. Un clip dramatique tant il apparaît simple et tristement réaliste.

The Lumineers – Leader Of The Landslide

Une semaine de plus, un épisode de plus. On se croirait presque au bon vieux temps du streaming où l’attente d’une semaine entre chaque épisode était insupportable. Dans cet épisode 5 de l’album III de The Lumineers, nous nous situons toujours dans la mini trilogie Junior Sparks mettant en scène, semble-t-il, Junior : le fils de Jimmy et donc le petit-fils de Gloria, personnage principal de la première trilogie de l’album. Yes, on sait, ça devient compliqué… Il faudrait presque suivre l’affaire avec un arbre généalogique pour tout comprendre (les théories sont d’ailleurs ouvertes dans la section commentaire des clips, les fans essayant peu à peu de retracer l’histoire des albums). La théorie la plus probable étant donc ici que Jimmy a fini par sombrer dans l’alcool après avoir suivi le malheureux exemple de sa mère Gloria et on voit donc dans ce cinquième épisode la lutte de Junior face à la dépendance de son père. Wesley Schultz et sa bande subliment une fois de plus ce nouveau titre et donc ce nouvel album grâce à des clips aux aspects cinématographiques, dans lesquels ils ne peuvent s’empêcher de faire des caméos.

James Blake – Can’t Believe The Way We Flow

L’amour. S’il était le grand fil conducteur du somptueux dernier album du grand James Blake, il semble s’être emparé du clip de Can’t Believe The Way We Flow, présent sur Assume Form. Lorsqu’un artiste entame son clip en décidant de se faire déféquer dessus par un oiseau, on est forcément sur quelque chose de prometteur. Blake nous offre ici une véritable plongée psychédélique et abstraite composée de micro récits différents qui convergent tous vers une seule chose : le love. Les plans se succèdent comme des flashs à un rythme effréné pour dresser le tableau le plus coloré et diversifié possible de la vision du couple, de ses hauts et de ses bas, de ses routines et de ses événements. Les magnifiques images sont signées Frank Lebon, visionnaire qui nous avait déjà tapé dans l’œil pour son travail avec Mount Kimbie et leur projet Love What Survives

Odezenne – En L

Clip animé et trip cannabique pour les déjantés Odezenne. Véritable ode à la douce Marie-Jeanne, le titre issu de leur dernier album Au Baccara trouve aujourd’hui le clip parfait pour capter l’essence même des lignes poétiques du morceau. Acides et libres, les couleurs et les courbes s’embrassent entre elles pour offrir un effervescent voyage au pays de la défonce signé Thami Nabil et Ulysse, tous deux illustrateurs aux doigts d’or. Après Jacques a DitBleu Fuschia ou Pastel, ce nouveau bijou visuel vient prouver qu’en matière de créativité loufoque et d’avant-gardisme audacieux, le trio règne en roi.

Winona Oak  – Break My Broken Heart

Son nom ne vous dit peut être rien mais laissez le temps faire les choses et le talent de cette jeune Suédoise vous en mettra plein les oreilles. Remarquée sur le tube Hope du duo électro The Chainsmokers, il est maintenant l’heure pour la chanteuse de faire ses preuves en partageant son propre univers. Des fonds électro, des percussions généreuses et une voix douce qui s’aventurent sur de voluptueuses vocalises : l’univers est accrocheur et le morceau imparable. Contrastant avec les visuels bleutés de sa reprise de Don’t Save Me des géniales HAIM, le clip met ici en scène la jolie brune dans des atmosphères nocturnes dynamisées par des tons d’un rouge sanguinaire et intense. “Il faut être courageux pour aimer quelqu’un de tout son cœur, et si on ne prend pas ce risque on finit par n’avoir rien à perdre”. On ne voudrait rien voler à Jeanne Mas, mais en rouge et noir Winona Oak nous affiche son cœur et c’est beau à voir.

BROCKHAMPTON – If You Pray Right

C’est le retour du collectif de rap le plus actif du globe. À peine le temps d’honorer sur scène leur dernier album en date, l’excellent Iridescence, que les 14 diablotins de Brockhampton reviennent déjà teaser un nouvel album prévu pour ce mois d’août. Si le procédé est toujours aussi rapide que pour les précédents albums, la qualité n’en demeure pas moins exemplaire. La preuve avec I Been Born Again, premier morceau de ce nouveau projet dévoilé la semaine dernière et qui prouvait que le groupe n’a rien perdu de son génie créatif. Le chef de file, notre chouchou Kevin Abstract, partageait à propos de Ginger qu’il serait un album “feel-good. Pas trop triste en mode “Nos vies sont nulles” mais plutôt en mode “Profite de ce que tu as en face de toi”. Une vibe plus joyeuse bien ressentie sur ce nouveau visuel des plus pétillants. Dans un écrin de verdure et de montagnes, on retrouve KevinMerlyn WoodMatt ChampionDom McLennon et Joba en tenues ton aluminium s’en donner à cœur joie à faire ce qu’ils font de mieux : les pitres. Mais ces pitres ont du flow, une prestance folle et un charisme qui crève l’écran et qui donne tout son intérêt à ce nouveau clip. Les références fusent et les lignes sont toujours bien réfléchies, même lorsqu’il s’agit de piquer sur le départ prématuré de Ameer Vann, ancien membre du gang. On sourit notamment à la vue du retour de ces blue faces qui faisaient la marque de fabrique du groupe sur leur album Saturation III. En attendant la suite, vous pouvez toujours vous faire une séance de rattrapage avec les 5 premiers albums de cette inépuisable confrérie à suivre de très près.

Love Fame Tragedy – Backflip

Il y a deux mois on vous parlait de Love Fame Tragedy, le projet solo de Matt Murphy, leader de The Wombats. Cette semaine, il a dévoilé un nouveau titre issu de I don’t want to play the victim, but i’m really good at it son premier EP prévu pour le 27 septembre. Après My Cheating Heart, Backflip poursuit la conjugaison parfaite d’une écriture intimiste dans le texte et d’une efficacité très pop dans la composition. Ici, Murphy dépeint une relation amoureuse assez toxique nourrie par les mauvaises raisons et les mauvaises attentes. Le clip de Tyler Cunningham poursuit cette idée des relations modernes en s’inspirant grandement de l’excellente série Black Mirror. Dans la vidéo, chaque être humain est né avec un tatouage numérique correspondant à une partie qui doit s’imbriquer dans celle de l’âme sœur désignée. Mais parfois la réalité et le fantasme qu’on s’en fait sont différentes et peuvent révéler bien des surprises… Une manière simple et efficace de dénoncer l’ère du dating moderne où tout doit rentrer dans des cases définies et immobiles.

Half Moon Run – Then Again

ENFIN ! C’est avec bonheur et soulagement qu’on a vu depuis quelques temps Half Moon Run teaser son retour. Quatre ans déjà après le sublime Sun Leads On Me, les canadiens sont donc de retour et annoncent un nouvel album pour la fin de l’année. Et on peut dire qu’ils démarrent fort avec ce sublime Then Again. On retrouve donc Half Moon Run dans ce qu’il fait de mieux : la beauté. Des cordes folles, des harmonies vocales qui font dresser les poils et cette intensité qui grimpe jusqu’à exploser. Bref, une petite bombe imparable tout en douceur et en subtilité. Le titre est présent avec une vidéo où l’on découvre les quatre garçons en studio en pleine interprétation de ce titre qu’on pourra découvrir en live puisqu’Half Moon Run passera par la France le 24 novembre au Trianon et par la Belgique le 27 novembre à l’AB. On bout déjà d’impatience !

Cassia – Movers & Shapers

L’été continue son petit bout de chemin et le soleil brille encore haut dans le ciel. Mais pour les jours de pluie, comme on a pu les voir revenir dernièrement, on a cette semaine la solution idéale. Elle s’appelle Movers & Shapers et c’est le dernier titre clippé des anglais Cassia, issu de leur premier album Replica. Une guitare qui n’est pas sans rappeler par moment les premiers efforts de Vampire Weekend et un titre aux accents tropicaux et à la rythmique aussi solaire qu’addictive, ce Movers & Shapers a tout du titre parfait pour le chill et pour réchauffer le cœur quand le besoin s’en fait sentir. La vidéo suit ce chemin ensoleillé avec une petite balade tranquille au bord de l’eau qui sent bon les vacances et les bonheurs simples. Tout ce dont on a besoin en somme.