Les clips de la semaine #47

Tu fais tourner ?
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Les clips de la semaine, c’est votre rendez-vous du dimanche. Pour faire passer votre gueule de bois et pour adoucir votre week-end, on vous sélectionne les clips qui ont fait l’actu de ces derniers jours. Les clips de la semaine épisode 47, c’est maintenant.

Suzane – IL EST OÙ LE SAV? (feat. Témé Tan)

Désormais, impossible de faire semblant de l’ignorer : notre maison brûle. Et plutôt que de regarder ailleurs, Suzane a décidé de prendre le problème à bras-le-corps. Alarmée par la terrible crise écologique que vit la ville Shanghai lors d’une tournée en Chine avec Témé Tan, la jeune femme s’est rendue à Dakar pour y trouver un décor similaire, à la fois authentique et révélateur de la situation d’urgence dans laquelle nous nous trouvons. C’est donc au sommet d’une montagne de déchets que nous la retrouvons cette fois, entre cri d’alerte et refrain chantant. On l’espère, à la fin, la musique vaincra.

 

Iñigo Montoya – Gymnasium

Si vous avez fêté Halloween la semaine dernière, on espère que vous n’avez pas tenté le costume de squelette qui figure dans le dernier clip d’Iñigo Montoya. Et si vous l’avez fait, on vous souhaite de bien vous remettre de la nuit en garde à vue qui a dû s’en suivre. Avec Gymnasium, le groupe explore les contrées d’une pop électronique teintée d’un psychédélisme plein de poésie, qui s’incarne à merveille dans la chorégraphie colorée de son clip. Surtout, Iñigo Montoya annonce ainsi son troisième EP, à paraître très prochainement, et surtout un album à venir au début de l’année prochaine.

 

Lomepal – Regarde-moi

Antoine Valentinelli est victime de ses pulsions dans son nouveau clip. À l’occasion de la réédition de son incroyable album Jeannine, rebaptisé AminaLomepal dégaine sa plume et son flow pour nous raconter de nouvelles histoires et explorer l’intérieur de sa tête, entre sentiments et paires de fesses. Car le chanteur aime les femmes, il aime leurs courbes, il aime leur odeur, il aime leurs ombres. Et c’est à coup de métaphores et autres symboliques abstraites qu’il dépeint cette obsession libidinale dans le clip de Regarde-Moi. Réalisé par Dario Fau, ce récit nous plonge au coeur d’une soirée banale lors de laquelle le grand brun s’éprend d’une soudaine attirance pour cette jeune blonde incendiaire. Lui vient alors à l’esprit hallucinations et autres plans sur la comète mis en image par de somptueuses séquences langoureuses au beau milieu d’un lac polaire ou dans la quiétude d’un champ de blé. So romantic. Sauf que la réalité le rattrape assez rapidement, consumant ses lubies dans une chute libre au fin fond des abysses de ses désirs. Un régal pour les yeux et les oreilles.

 

Nazca – Back in the Game

Retour gagnant pour les Lyonnais de Nazca ! Avec son nouveau clip, le quatuor annonce la sortie d’un EP, intitulé Away, qui s’annonce déjà comme l’un des plus excitants de cette fin d’année. Porté par une chouette vidéo réalisée par Joris Fleurot, Back in the Game est une fière représentation de cette musique si singulière qui mêle les genres, les langues, les références, les influences et même les époques. Le résultat, c’est un clip aussi esthétique qu’accrocheur, dont on est à peu près certain que le refrain n’est pas près de vous quitter.

 

ROSALÍA – A Palé

Frida Kahlo, sors de ce corps. Retour aux sources pour Rosalía et son mono-sourcil, nouveau must have de cet hiver. Après plusieurs collaborations et sorties indépendantes explorant l’univers chaud et latino de la musique hispanique (on pense notamment aux succès Con Altura ou Aute Cuture), la sensation néo-flamenco revient avec un morceau hautement percutant et déstructuré. Une flopée de syncopes incisives qui ne vont pas sans rappeler le caractère expérimental de titres tel que l’onirique De Aquí No Sales présent sur son chimérique second album El Mal QuererGrillz dorées aux dents, c’est plus féroce que jamais que l’Espagnole nous partage ses côtés les plus urbains et sauvages dans un univers industriel qui renforce le côté froid et direct du morceau. Joli coup de maître pour la madre de la musique latine qui surprend et prouve une fois encore son inépuisable versatilité artistique.

 

SebastiAn – Sober (feat. Bakar)

Le génie français de l’électro audacieuse revient nous foutre des claques. Et qu’elles soient sonores ou visuelles, ces claques nous donnent toujours envie de tendre l’autre joue, avides de toujours plus de sensations et de voyages. Car c’est ce qu’offre SebastiAn à chaque fois, sans difficulté. Si nous ne nous sommes pas encore tout à fait remis de la troublante beauté de cette fugue à la Bonnie & Clyde dans le clip de Run For Me, c’est ici par la force de l’extravagance que le visuel de Sober vient nous chambouler. Une extravagance pourtant bien réelle, car le village surréaliste de Mudurnu que l’on aperçoit dans le clip existe bel et bien, en chair et en châteaux ! Logé dans les paysages montagnards de la Turquie, c’est donc dans cet univers féérique et nébuleux que SebastiAn transpose en images l’émulsion électro de sa nouvelle collaboration avec le Britannique et prometteur Bakar. À ces sombres tableaux se superpose le talent de l’acteur Félix Maritaud (remarquable dans les somptueux Sauvage et 120 Battements Par Minute) qui personnifie avec brio la complexité de la dépendance et les méandres de la sobriété. À l’image de cette prouesse esthétique, le nouvel album Thirst paru cette semaine est une pure pépite qui bouleverse les genres musicaux pour offrir un second souffle à l’électro franche et brutale d’un producteur qui ne déçoit jamais.

 

Angèle – Oui ou Non

Quand la reine du paysage musical francophone devient la princesse de l’ironie. On ne pouvait tout simplement pas passer à côté du nouveau visuel complètement barré d’Angèle qui mêle ici histoire d’amour et satire grinçante de notre société de consommation. Ce nouveau morceau, présent sur la réédition Brol, La Suite, se voit garni de tableaux dans l’air du temps aux travers desquels l’artiste dénonce les idéaux du marketing mensonger qui gagne nos rues et nos écrans (et tout le reste, en vérité). Délicieux et malicieux, le clip puise son efficacité dans l’ambivalence du oui ou non pour mettre en scène les clichés de notre quotidien que la pop star bruxelloise martèle aussitôt, au sens propre comme figuré. Pour notre part, c’est oui !

Amoure – Origami

Lorsqu’il s’agit se plier en quatre pour pondre d’irrésistibles tubes colorés, les garçons d’Amoure n’ont pas leur pareil. Les trois potes d’enfance nous le prouvent une nouvelle fois avec Origami, le tout nouveau clip qu’ils ont dévoilé cette semaine, qui vibre de toute l’esthétique patiemment développée par le groupe au cours de sa petite décennie d’existence. Au programme, donc, des belles couleurs, des riffs accrocheurs, des jeux de mots et de papier, un refrain qui fait bouger le bassin et surtout… Beaucoup d’Amoure.

 

Mura Masa – Deal Wiv It (feat. slowthai)

Trois morceaux, trois clips. Le blondinet qui nous avait tant conquis par son premier album éponyme ne chôme pas. Après sa collaboration avec Clairo et son morceau solo No Hope Generation, le Britannique continue de promouvoir sa prochaine pépite R.Y.C aux côtés du phénomène british du rap vénère : slowthaiDans la lignée de son électro-punk étonnante, Mura Masa se réinvente loin de la légèreté plutôt pop de son premier opus. Un vent de fraîcheur monstrueusement efficace, comme le prouve ce tonitruant Deal Wiv It dont le refrain vous fera secouer la tête à en perdre vos cervicales. L’énergie du rappeur se marie avec grâce aux rythmes complexes du producteur pour offrir un pari réussi pour les deux artistes. Tourné à Belgrade avec une incroyable image argentique, le clip se construit autour de deux long plans séquences, dont l’un au ralenti nous transmet toute la folie et l’énergie fiévreuse de l’enfant terrible de la scène rap britannique.

 

Pomme – anxiété

Nouvel album et nouveau clip pour Pomme. La chanson anxiété était déjà aussi belle que terrible, avec ce contraste entre des mélodies très douces et des paroles tout sauf joyeuses. Une sorte d’ode à l’anxiété. Une dualité entre chanson française et éléments électro (vocoder, boîte à rythmes), aussi. Mais surtout, un clip saisissant sous forme de métaphore qui s’accélère au fur et à mesure que la chanson se développe. On serait curieux de savoir si Pomme tenait Radiohead en haute estime, car cette sublimation de la tristesse et cette noyade rappelle forcément la comptine de No Surprises.

 

Arigato Massaï – What If (feat. Ornette)

Vous le savez désormais, il est bien rare qu’on fasse une entorse au règlement des dix clips de la semaine… Surtout pour une lyrics video ! Seulement voilà : la onzième et dernière vidéo de notre sélection hebdomadaire est un gros coup de coeur musical et esthétique pour l’univers d’Arigato Massaï. Le duo hyérois vient de dévoiler What If, la bande-son électronique de sa rencontre avec Ornette, qui leur prête sa voix pour l’occasion. Si, comme nous, vous êtes tombés amoureux de cet univers futuriste et bourré d’énergie, on vous donne rendez-vous début 2020 pour la sortie du prochain EP d’Arigato Massaï… Et à la semaine prochaine !