Les clips de la semaine #49

Tu fais tourner ?
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Les clips de la semaine, c’est votre rendez-vous du dimanche. Pour faire passer votre gueule de bois et pour adoucir votre week-end, on vous sélectionne les clips qui ont fait l’actu de ces derniers jours. Les clips de la semaine épisode 49, c’est maintenant.

Kevin Heartbeats – Ghost

Cette semaine, notre sélection des meilleures vidéos de la semaine s’ouvre sur une rencontre en forme de véritable révélation. C’est en effet la première fois qu’on se plonge dans la musique de Kevin Heartbeats, et autant le dire, c’est loin d’être la dernière. Le Strasbourgeois signe une magnifique entrée en matière avec Ghost, un premier clip à la production léchée et à l’univers déjà clairement identifié qu’on tendrait à rapprocher (un peu facilement, certes) des maîtres en la matière : The Blaze. Pas la pire des comparaisons, pour peur qu’elle ne pèse pas trop lourd sur les épaules du jeune homme. Mais pour ça, on lui fait totalement confiance. Et pour le reste, aussi, d’ailleurs.

Clara Luciani – Ma Soeur

Après un superbe hommage aux Demoiselles de Rochefort la semaine passée, Clara Luciani continue de célébrer la sororité avec Ma Soeur, disponible sur la Super-édition de son succès Sainte-Victoire. Reprenant les codes de ses tubes La Grenade ou encore La Baie, le titre est électrifié par des percussions vives et des frénésies de piano qui enrobent cette ode féminine d’une vibrante puissance. À la réalisation, on retrouve Brice VDH, déjà aux commandes des visuels de Nue, qui alterne archives girl power et tendres séquences de Clara enlacée à des soeurs proches ou lointaines. On retrouve ainsi Ehla, la soeur biologique de l’artiste, ou des soeurs plus spirituelles comme Caroline de Maigret, Emilie CrambesLisa BoostaniSarah Benabdallah et l’écrivaste mode Sophie Fontanel“Tu n’es pas seule, qu’est-ce que tu crois ? Tu peux te reposer sur moi.” Ma Soeur célèbre la sonorité universelle de toutes les femmes du monde et voilà qui fait chaud au coeur.

 

Effigie – Deep Down Inside

S’inspirer de l’univers de Stephen King n’est pas toujours une bonne idée. Netflix en a récemment fait les frais avec l’indigeste In The Tall Grass, inspiré de la nouvelle du même nom. Bien plus habiles, les deux garçons qui forment Effigie, un duo électro-pop lyonnais, ont su éviter les écueils et tirer le meilleur des références du maître de l’horreur pour proposer Deep Down Inside, un clip original qui explore les tréfonds de l’âme humaine. Et comme dans The Lonesome Death of Jordy Verrill, à la fin, c’est la mauvaise herbe qui gagne et recouvre tout…

Bon Iver – Naeem

Si l’onirisme de Bon Iver nous a toujours captivé, c’est l’une des rares fois où un visuel lui fait autant honneur. Son réalisateur Ag Rojas parlait du morceau comme “articulé autour de la capacité de guérison intergénérationnelle, ainsi que le façon dont nous usons de cette capacité.” Nous retrouvons donc diverses générations en interaction avec l’élément central du clip : cette mystérieuse roche lévitante. La dualité du visuel est aussi porteuse d’un sens particulier : le rapport entre la vie et la mort et, sous-jacente, l’idée de résurrection symbolique. Ainsi, on commence avec les plans crépusculaires d’un père endeuillé qui porte le corps de son fils au pied de cette fameuse pierre. La symbolique de la mort. Des plans difficiles mais délicats, qui corroborent avec le début du titre et sa douce mélodie au piano. Vient alors la partie diurne du visuel, sur des notes qui s’amplifient crescendo au fil des images pour habiter l’ensemble d’une vive urgence. Cette seconde moitié s’intéresse à une jeune mère, obnubilée par le roc au milieu de sa route. La rencontre entre les deux permet à la roche de se fendre et de dévoiler un flux de vie en son intérieur : végétation, insectes et cours d’eau se dévoilent. La symbolique de la vie, intensifiée par l’apparition d’un dernier personnage : l’innocence d’un chérubin porté à la pierre et béni par l’eau qui en découle. Si l’attente fut longue avant de redécouvrir un clip de Bon Iver (le dernier date de 2012), il faut dire que la prouesse en valait le coup. Magnifié par un format carré en 35mm, Naeem s’offre la claque de la semaine.

Odezenne – Delta

La dernière pépite visuelle d’Odezenne est signée noir jaune rouge. En effet, c’est la belge Marine Dricot qui s’est chargée de retranscrire en image la poésie du morceau Delta. Des séquences mystiques, cryptées et une narration labyrinthique qui témoigne de la complexité du temps, sujet majeur de l’oeuvre. Les minutes et les secondes sont questionnées, au même titre que la gravité et d’autres notions empreintes d’abstraction que ces somptueuses images tentent de capter à coup de métaphores et allégories picturales. “J’aime quand un clip est gourmand, l’idée d’un clip de geek, qu’on doit mater plusieurs fois pour tout voir ou tout comprendre.” Plans rapprochés et autres détails minutieux, le clip explore une panoplie de tableaux qui cristallisent la rêverie composant l’oeuvre musicale du groupe bordelais que rien ne semble arrêter.

Black Pumas – Colors

On ne se lasse pas de la fameuse session live de ce nouveau groupe funk ascendant (et nommé aux Grammys, s’il vous plait) et voilà que leur emblématique hymne Colors se voit décorée d’un clip merveilleux, dont la beauté des séquences se confond à celle du morceau. Pour le cadre de ce visuel, le leader Eric Burton a fait appel au réalisateur Kristian Mercado pour célébrer la richesse culturelle et diversifiée du Bronx, souvent mal considéré. “Nous voulions montrer le Bronx comme un endroit vivant et vibrant. Nous voulions célébrer la famille, les connexions, le mouvement et la vie qui s’y déroulent. Nous avons exploré le Bronx comme un jardin vivant, sans cesse croissant, sans cesse évoluant, et nous y avons trouvé un paysage cinématographique que les gens ne lui connaissent pas.” Suivant le parcours d’une famille afro-américaine dans ses hauts et dans ses bas, Colors célèbre une ville et une culture pour habiller l’un des morceaux les plus marquants de cette fin d’année des plus belles couleurs du monde.

 

St Graal – Amour

Si on retrouve le nouveau clip de St Graal dans notre sélection hebdomadaire, c’est parce qu’il nous a beaucoup touchés. On a apprécié le mélange entre la beauté de l’instant figé par ces textes épurés, joliment poétiques, déclamés par le jeune homme, et la grâce délicate de la danseuse qui l’accompagne. Notre regard s’est perdu dans la couleur des vêtements qui se découpent sur le paysage urbain qui s’éteint lentement au coucher du soleil. Nos oreilles se sont attachées à ces productions qui soutiennent le poème sans l’envahir, font le travail sans en faire trop. On a aimé Amour, tout simplement.

Moussa – Element

Moussa, c’est synonyme de coup de coeur. Coup de coeur pour son monde chimérique toujours empli de métaphores et autres rimes poétiques, coup de coeur pour ce personnage mystérieux qui construit doucement (mais très surement) son univers musical captivant et coup de coeur pour ces morceaux d’une finesse remarquable qui mêlent rap, chanson française et un brin d’électro pour des rendus plus qu’addictifs. Au niveau visuel, la prouesse continue : on se souvient de l’audacieux Diaspora, presque entièrement plongé dans le noir avant de nous balancer de brillants tableaux de couchers de soleil, ou encore Les Oiseaux et son extrême saturation. Il partageait cette semaine deux nouveaux morceau, Concorde et Element dont le dernier s’accompagnait d’une nouvelle claque graphique. Ici, loin de l’extravagance des couleurs vives qui régissent ses clips précédents, l’artiste évolue dans des tons d’or et de noir. Un cadre élégant et raffiné qui met en scène Le Parisien face à une mystérieuse structure dorée. Marqué par une brume énigmatique, le clip renforce cette image défendue par Moussa qui cultive tant le mystère que la fascination. Vivement la suite.

 

Pershanoush – On and on

Si son nom de scène vient tout droit d’Iran, c’est au Japon que s’écrit la nouvelle page de la fascinante aventure de Pershanoush. Alors qu’elle vient tout juste de dévoiler son deuxième EP, la jeune femme s’est envolée pour l’Empire du Soleil Levant pour y tourner le clip d’On and on, sous la caméra de Régis Raffin. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle n’a pas fait le voyage pour rien ! Le résultat, c’est cette vidéo à l’esthétique hyper travaillée, dans laquelle les décors urbains et futuristes contrastent avec la sensualité des chorégraphies de Pershanoush pour faire briller un morceau dont on savait déjà qu’il avait tout d’un potentiel tube.

 

Theodora – Go

La ville, toujours, mais dans un tout autre registre. Nul besoin de s’exiler à l’autre bout du monde tant la musique de Theodora se charge de nous transporter. Armée de sa fidèle basse, elle a arpenté les rues de Paris et s’est chargée de répandre par elle-même les irrésistibles notes saccadées de Go, un titre pressant et addictif qui nous pousse à reproduire les pas de danse de Theodora dès la première écoute. C’est cette drôle de mission qu’on vous propose de suivre ci-dessous avant, on l’espère, d’aller l’écouter au bar La Place pour les Bars en trans le 6 décembre puis au 1999 le 19 décembre prochain.