Les clips de la semaine #56

Tu fais tourner ?
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Les clips de la semaine, c’est votre rendez-vous du dimanche. Pour faire passer votre gueule de bois et pour adoucir votre week-end, on vous sélectionne les clips qui ont fait l’actu de ces derniers jours. Les clips de la semaine épisode 56, c’est maintenant !

Malory – Morceaux de toi (feat. Yseult)

Ouvrir son clip sur un plan de Yseult avec un chihuahua dans les mains, goals. Dans un format carré à l’image subtilement vintage, l’artiste français Malory lève le voile sur son univers funk-rock excentrique qui avait déjà fait la gloire de son tube Molly un an plus tôt. Accompagné de l’incontournable voix derrière la pépite Corps, Yohann Malory (de son vrai nom) vient présenter sa nouvelle mixtape Métropole Blues avec un nouveau morceau groovy à souhait. La voix suave du crooner fait opérer la magie sur une ode à la séduction des plus chavirantes qui puise dans la profondeur de basslines et l’effusion de moelleuses notes de synthétiseur pour nous plonger dans Morceaux de Toi. Un titre qui vient cristalliser tout ce que la pop française a de meilleur à offrir : de la vie, de la fête et une bonne dose de good vibes. Le visuel nous immisce dans le bling bling d’une soirée branchée qui invite les notes intemporelles du morceau à danser et s’envoler aux milieux de ces corps en effervescence. Muy caliente.

Ásgeir – Pictures

C’est aux allures d’un bon vieux Tarantino que l’on retrouve Ásgeir, perdu en pleine nature islandaise pour la sortie du quatrième titre de son prochain album, Bury the Moon, prévu pour le 7 février. On atterri en plein univers western mettant en scène un homme ayant perdu sa liberté, étant capturé par le Shérif. Celui-ci qui l’obligera par la suite à jouer de la musique pour finalement (spoiler alert) en finir avec lui, scène finale de ces 4 minutes 15 ambitieuses. Si l’esthétique musicale de l’artiste n’est clairement plus à prouver, l’élégance des images renforce une écriture mélangeant mélancolie et quête de l’espoir. C’est très précisément cela que le réalisateur islandais, Einar Egilsson, essaye de traduire avec ces images soignées à la perfection. Ce quatrième titre nous donne ainsi une mise en bouche finale avant de découvrir ce nouvel opus plus qu’alléchant !

P.R2B – La chanson du bal

Attention, découverte à l’horizon ! La chanson du bal est le tout premier titre de P.R2B, nouvelle surdouée de la scène musicale française. Pour vous, qui nous suivez depuis longtemps, elle n’est pas tout à fait une inconnue, puisqu’elle s’était produite en concert dans le cadre de l’une de nos Divagations. Pour les autres, P.R2B, c’est la rencontre entre la musique et le cinéma, la poésie et la mélodie, l’image et le son. Pour s’en rendre compte, on vous propose de vous plonger dans la valse de son premier clip, réalisé par ses propres soins, avec une apparition de la géniale Alma Jodorowski. De quoi, on l’espère, vous donner envie de suivre cette nouvelle étoile, qui ne devrait pas tarder à briller très fort.

Rosalìa – Juro Que

Flamenco urbain, néo-flamenco, fauxmenco : appelez-la comme bon vous semble, la musique de Rosalìa n’est comme aucune autre. Le phénomène musical le plus captivant du moment revient pour jouer des charmes de son hispanisme sensuel sur Juro Que, un tout nouveau titre qui s’offre déjà le luxe d’un clip de haute volée. D’un côté, la chambre colorée et kitsch de la jeune artiste aux ongles défiant toujours les lois de la nature. De l’autre, la froideur d’une cellule de prison et les effluves de cigarettes consumées par l’acteur Omar Ayuso, le beau gosse de la série espagnole EliteLe mélange des deux est non seulement surprenant mais surtout hautement visuel. L’ambivalence des deux univers offre ainsi de jolis tableaux et le duo brille de mille feux. La mise en scène s’inspire de l’esprit du morceau : la chanteuse conte l’arrestation de son amant détenu dans une prison dont les murs ne semblent pas arrêter son amour pour lui. L’histoire se pose sur les palmas frénétiques, marque de fabrique de la belle brune, et sur les riffs de guitares alambiqués de cette mélodie intense presque agressive. Loin des dérivations pops de ces derniers temps avec notamment Yo x Ti, Tu x Mi et plus proche de l’esprit brut et franc de titres tels que Catalina, cette nouvelle pépite rattache l’artiste a sa singularité primaire et inébranlable. La Rosalìa n’en a pas fini de jouer avec nos coeurs.

Mahmood – Rapide

L’artiste italien le plus en vogue du moment a décidé de ralentir la cadence, et c’est forcément brillant. Lui qui nous avait habitué à des hymnes rythmées et dansantes, reflet de sa personnalité extravagante et de sa jeunesse flamboyante, il se dévoile cette semaine dans un concentré de fragilité que personne ne lui connaissait. C’est par la narration d’une histoire d’amour qui a mal tourné que Mahmood dévoile la face plus délicate de sa musique, en déversant son coeur brisé sur le texte frissonnant de Rapide. Lourd de métaphore, l’univers visuel du morceau va jouer sur l’oxymore de la tortue associée au terme “rapide”. Une tortue dont la présence se verra par la suite justifiée par l’artiste lui-même comme une référence à Tortue Géniale de l’univers Dragon Ball. Comme quoi l’excentrique Alessandro ne peut pas rester sérieux trop longtemps. L’animal apparaît alors chevauché par l’artiste dans un visuel qui joue sur un clair-obscur sobre et épuré d’où ressortent davantage les émotions de l’éphèbe italien. Très proche de l’esthétique de son univers, Mahmood signe un clip plus que réussi qui traduit fidèlement l’intensité de ce morceau frissonnant.

Lolo Zouaï – Desert Rose

Beauté et culture s’invitent dans le nouveau clip de Lolo Zouaï pour son morceau Desert Rose présent sur son somptueux premier album High highs to Low Lows paru l’an passé. La beauté de la quiétude et de l’architecture orientale de cette ville côtière, la culture algérienne qui habite l’artiste et la rattache à ses racines oubliées. Les sentiments et l’intensité s’emballent sur ce titre qui reflète cette instabilité identitaire traversée par Zouaï au vu des coutumes traditionnelles desquelles elle s’est éloignée mais qui continuent de la fasciner, aussi inaccessibles soient-elles. Le nom du morceau fait référence a ce précieux cristal semblable à une rose qui se forme dans le désert d’Algérie. Une connotation poétique qui corrobore avec l’art délicat de cette chanteuse à la voix pure et captivante qui se sert toujours du bilinguisme comme arme fétiche pour nous toucher en plein coeur. Avec ce visuel personnel et intime, Lolo nous présente Laureen (de son vrai nom) en brisant une coquille pleine d’assurance que l’on retrouvait sur ses précédents clips qu’elle troque contre un voile de sensibilité crève-coeur qui ne laisse pas indifférent.

Billie Eilish – everything I wanted

Cette semaine, notre petite pépite a enfin sorti un clip pour everything i wanted et produit par ses soins, s’il vous plait ! Habitués à son univers décalé et ses clips parfois un peu sombres, elle nous emmène ici dans une balade obscure sur l’autoroute accompagnée de son frère Finneas. À deux dans la nuit, suivant cette route presque vers l’infini, regards perdus dans le vide, ils roulent… Ils roulent jusqu’au levé du soleil, jusqu’à cette plage déserte pour terminer immergés dans l’océan, noyés à deux pour l’éternité. Se tenant la main, à la vie à la mort ! Un petit clin d’œil à l’amour fraternel partagé pour les deux artistes et souligné en début de clip avec “Finneas is my brother and my best friend. No matter the circumstance, we always have and always be there for each other”. Une déclaration qui pourrait être une réponse aux jolis mots que son frère lui avait écrit pour son anniversaire en décembre dernier : “You’re my reason. For everything. Happy Birthday. I love you more than life itself.” So cute.

Irene Dresel – Veil

L’ambassadrice de la techno sensuelle est de retour avec un nouveau clip, pour notre plus grand bonheur. Toujours aussi léchée, la vidéo de Veil mêle avec finesse et beauté tous les éléments qui composent l’univers mystérieux d’Irene Dresel. Paul Franco, le réalisateur, y retranscrit avec brio les icônes religieuses qui brillent à travers la musique de la productrice, dans un voyage aux allures presque mythologiques. On y suit avec fascination le personnage principal, directement inspiré de la pochette d’Hyper Cristal, le premier album d’Irene Dresel, qui prend vie au rythme du morceau. Pour participer à cette aventure poétique et sensuelle, on vous donne rendez-vous le 1er février à Dehors Brut, pour le prochain concert d’Irene Dresel.

Thousand – Mon Dernier Voyage

Votre dose de douceur dominicale vous est généreusement offerte par Thousand avec son nouveau morceau Mon Dernier Voyage. Deux ans se sont écoulés depuis la sortie de l’un des plus beaux albums de la chanson française : Le Tunnel Végétal et c’est avec cette tendre ballade pop folk que Stéphane Milochevitch annonce son cinquième album Au Paradis (Talitres). L’artiste nous chante avec nonchalance ses dernières péripéties, réminiscences précieuses d’une histoire d’amour passée. Une poésie sincère sur des visuels minimalistes : reliefs montagneux, vagues, flore, atmosphères rurales, urbaines et tant d’autres. Un première mise en bouche d’un carnet de voyage qu’on s’impatiente terriblement de découvrir et de contempler avec une admiration certaine. Et pour ça, rendez-vous le 27 mars prochain !

ÂA – L’ignorance et la peur

Ignorance et peur. L’un entraîne l’autre si l’on en croit l’incroyable second single de l’artiste liégeois qui s’impose cette semaine comme la découverte la plus alléchante de ce début d’année. ÂA, sous cet énigmatique nom de scène se cache une musicalité inhabituelle et imbibée de fraîcheur qui nous avait déjà fait beaucoup d’effet sur son très réussi Marée Basse. Sur L’Ignorance et la peursa musique si singulière mélange riffs solaires aux saveurs de n’dombolo traditionnel et textes vibrants. “Chaque jour on nous vend le rêve de pouvoir être autre chose en ressemblant à des modèles qui ne nous conviennent pas, chaque jour j’essaie de m’éloigner de ceci pour m’accomplir et être libre… à ma façon” L’artiste qui change de couleur de cheveux comme d’humeur vient combattre l’intolérance dans cet hymne poignant au clip léché. Un visuel dans lequel s’opposent la “haute” et la “basse” société, représentant la lutte des classes qui définit encore et toujours nos identités dans une société dangereusement homogénéisée. C’est intelligent et rythmé, c’est âamour et tâalent