Les clips de la semaine #72
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Auteur·ice : Rédaction
17/05/2020

Les clips de la semaine #72

Les clips de la semaine, c’est votre rendez-vous du dimanche. Pour faire passer votre gueule de bois (petit e-péro entre potes hier soir ?) et pour adoucir votre week-end, on vous sélectionne les clips qui ont fait l’actu de ces derniers jours. Et quelle semaine ! Les clips de la semaine épisode 72, c’est maintenant !

Animali – Goodbye Sunday Aerobics

On attaque fort cette sélection des meilleurs clips de la semaine avec une explosion de couleurs. Fidèle à sa ligne rock teintée de sonorités sucrées et pétillantes, le duo lyonnais Animali a dévoilé ce vendredi un nouvel extrait de son prochain album, Mary D. Kay, dont la sortie est prévue en juin prochain. Goodbye Sunday Aerobics est une réflexion pleine d’humour autour du culte du corps et de l’image qui s’écrit dans la crème glacée fondue, le beurre luisant et autres plaisirs gustatifs qui font tant de mal à nos summer bodies. Pour autant, l’essentiel est ailleurs : cette aventure psychédélique et délirante signée Ramataupia invite surtout à se questionner sur le grand écart qui régit nos vies, entre sport à outrance et malbouffe à gogo, pour le plus grand plaisir de nos yeux, de nos oreilles… et de nos papilles bien sûr.

Pomme – Les Oiseaux

Comme elle l’avait annoncé il y a près de trois semaines, le début de ce déconfinement sonne la disparition de l’EP emo éphémère quarantine phone sessions des plateformes de streaming. Mais comme Pomme est du genre généreuse, c’est par un clip solaire qu’elle comble la suppression de ce petit projet qui aura su bercer nos longues journées de quarantaine. Issu de son sublime opus Les Failles, le morceau est “la seule chanson joyeuse de mon album” comme le confiait Claire Pommet. Un message d’amour réconfortant, adressé initialement à Montréal, ville de cœur de la jeune artiste. Pour concorder avec l’esprit d’allégresse du morceau, c’est à partir de petites bribes du quotidien déjanté et coloré de la chanteuse que se construit le visuel. Réalisé par Pomme elle-même, avec Hugo Pillard, fidèle orfèvre visuel de l’artiste, aux commandes notamment des touchantes capsules dans ma tête.

Michelle Blades – Amor sin destino

L’amour a cette faculté incroyable de distordre notre perception du temps. L’être aimé est loin et les secondes nous paraissent des heures, une éternité pendant laquelle notre esprit vagabonde, pense au meilleur comme au pire, tire des plans sur la comète. Avec Amor sin destino, Michelle Blades interroge justement la notion de destin comme déterminant des relations amoureuses, et invite à profiter de chaque instant et à chérir l’éphémère, sans se demander s’il aura un lendemain. Le collectif Zeugl a illustré cette réflexion en nous invitant, lors d’une nuit sans sommeil, dans une chambre qui se dévoile au fil des clins d’œil et des petites surprises. Le titre est également extrait d’un nouvel EP à paraître le 5 juin prochain.

Thomas Azier – Hold On Tight

En ces temps où les frontières se ferment et les voyages s’annulent, Thomas Azier nous offre quelques précieuses minutes d’évasion, aussi poétiques que réelles, au Myanmar. Si les premiers morceaux annonçant son nouvel album (Love, Disorderly qui sortira le 12 juin) exploraient de nouveaux territoires sonores et visuels pour le jeune musicien néerlandais, Hold On Tight pousse de nouvelles portes. Des portes qui s’ouvrent sur un monde d’une vie percutante, puissante, qu’on ne laisserait s’échapper pour rien au monde. Au fil des magnifiques images d’Ayoto Ataraxia, à la suite des motos et surtout de leur conducteurs et passagers, la musique nous emporte. Portée par la voix captivante de Thomas Azier et par une orchestration épurée qui joue avec la tension de nos artères, l’émotion nous submerge, afflue et résonne dans chacune de nos cellules. Toute autre pensée s’évapore, nos neurones succombent à cette expérience totale. On s’émerveille de s’émouvoir à ce point à la vue d’images de la vie quotidienne.

Rozi Plain – Conditions (Petit Fantôme Remix)

La chanteuse anglaise et compositrice de folk aventureux qui lorgne parfois du côté de l’electronica s’offre un EP de remix de pistes de son dernier et flambant album : What A Boost. C’est le basque Petit Fantôme qui revisite Conditions à travers son prisme musical. Tout en douceur, il transforme la balade folk en piste d’ambiance où s’entrechoquent les sonorités acoustiques et les nappes électroniques. Sans surprise, les univers des deux artistes se complètent à merveille, et de leur mélange naît une musique apaisante et touchante. Symbole de cette heureuse union, le clip réalisé par Petit Fantôme voit la pochette de Rozi Plain et l’emblème du second apparaître sous nos yeux. Lentement, puis rapidement et surtout approximativement, avec cette touche d’insouciance qu’on envie.

Bon Iver – PDLIF

Une douceur à l’aquarelle illustrée par Aaron Anderson et Eric Timothy Carlson, pour un dimanche matin ensoleillé. Tantôt figuratif, tantôt abstrait, le clip nous emmène dans une farandole de couleurs, pour aborder avec calme et sérénité le dernier jour de cette semaine de déconfinement. Dès les premières notes, c’est un petit cocon protecteur qui s’installe et qui rassure. Ce morceau porte d’ailleurs bien son nom : PLEASE DON’T LIVE IN FEAR. Il a même été créé dans ce but. Ne plus vivre dans la peur et veiller à la protection des travailleur·euses et des patient·es, en cette fin de période difficile. Cela permet de ne plus se sentir seul·e, d’aborder ce renouveau avec des mots pleins d’espoir et une mélodie légère, mêlée de lumières multicolores.

Iliona – Rattrape-moi

Le bonne surprise de ce début d’année continue de nous gâter. Après nous avoir offert le meilleur de la chanson française et de la soul moderne sur J’ai du mal, la chanteuse belge Iliona nous revient avec Rattrape-moi. Coup de cœur instantané pour cette ballade sentimentale envoûtante, relevée par un débit plus fourni que sur le premier titre et, surtout, par l’instru captivante signée Iliona elle-même ! Toujours inspirée par les passions amoureuses qui la traversent, l’artiste se lance ici dans un intime appel à l’aide, sur lequel se mêlent atmosphères dreamy et subtilement urbaine. Réalisé par l’autrice-compositrice, le clip nous entraîne au cœur d’une balade nocturne sublimant les lumières de la ville de Bruxelles dans un timelapse poétique. De quoi nous rappeler le If The Car Beside You Moves Ahead de James Blake, dont le visuel s’amusait, lui aussi, avec les éclats de lumière au néon des routes obscures. Vivement la suite.

Robert Robert (ft. LIA) – Speak

Si le nom du Canadien Robert Robert n’est pas encore dans toutes vos playlists, ça ne saurait tarder. Compositeur, chanteur mais aussi producteur et performeur, Robert Robert est un artiste multiple. Signé chez Nowadays Records, son futur musical s’annonce prometteur, après deux chouettes titres comme Coolest in the Universe (à écouter en boucle) ou Nobody Breaches Our Stasis. Son nom devient, doucement, une valeur sûre pour concocter des sons qui ambiancent. Ce 14 mai, Robert Robert sortait un clip DIY – confinement oblige, au Canada – créé via Zoom avec LIA, qui prête sa voix sur ce morceau. Speak est un titre aux influences multiples, entre dance et house d’un côté et pop de l’autre, avec la voix et l’écriture sensibles de LIA. Ce premier morceau annonce le premier album du producteur canadien qui paraîtra en juillet, après quelques EP. Speak, c’est « le morceau qui passe là où vient chercher son alcool avant de partir en soirée. J’ai voulu lui donner ce côté radio tout en gardant une vibe rave qu’on retrouve tout au long de l’album ». On vous laisse vous dandiner devant leur Zoom party.

Foreign Air – Dum Dum

Foreign Air, ou le groupe de rock alternatif américain beaucoup trop sous-coté. Si le duo a commencé à répandre sa musique depuis 2016 de façon indépendante, il reste assez effacé. La bonne nouvelle, c’est qu’ils sont revenus depuis 2019 avec un rock plus indie pop psychédélique, et les visuels qui vont avec. C’est maintenant en signant d’un smiley qui témoigne de leur goût pour l’inception qu’ils ont sorti quelques morceaux tous aussi bons les uns que les autres. C’est dans cette optique que Jesse et Jacob nous offrent Dum Dum, avec sa touche d’humour absurde coloré et ses backings surplombés d’autotune. Ils s’approprient les codes du rap sur les couplets et ceux du folk/blues sur les refrains : très mouvementés, susceptibles de provoquer un mal de tête après quelques écoutes. Un clip qui suit la logique du morceau, très perturbant, très coloré ; mais surtout, qui s’inscrit dans un trip. L’impatience est totale en ce qui concerne leurs prochaines explorations.

Frenetik – Virus BX-19

Frenetik aura attendu la fin du confinement pour sortir son nouveau single, Virus. Sur un instrumental sombre, le rappeur bruxellois aborde des thématiques actuelles telles que les violences policières, la pédophilie et les relations internationales. Le clip, réalisé par ItsAdonis & Zarka, nous plonge dans une ambiance très « dark », où des images d’archives viennent compléter le rap très cru de Frenetik. De nombreuses références cinématographiques, comme Scarface, Forrest Gump ou encore Narcos, ainsi que des moments cultes de l’histoire du sport accompagnent le récit. Un mélange hyper cohérent, donnant davantage de sens à la parole du rappeur, qui n’a pas fini de nous impressionner.

Fakear – Tadlo

Fakear nous était revenu il y a quelques jours avec un premier titre, Carrie, annonciateur d’un nouvel album, EWGA. Si Carrie était à considérer comme un titre bonus de ce nouveau chapitre pour le producteur normand, il en est tout autrement pour Tadlo. Toujours vêtu d’un clip animé stellaire, extrêmement bien réalisé par Clément Chasseray, Tadlo amène l’essence de ce nouveau parfum qui flotte autour du nouveau projet de Fakear. Pour les aficionados du DJ depuis les premières heures, on décèle à l’écoute du nouveau son une nouvelle manière d’aborder la musique et de créer. Ce nouveau titre ouvre la porte à une ère plus club pour l’artiste. Tadlo nous prouve que les synthés de Fakear peuvent montrer davantage d’aspérités que dans sa discographie passée. Mais si ses influences sont vouées à être évolutives, l’inspiration qu’il puise dans la nature depuis ses débuts n’est pas vouée à disparaître, loin de là. On ne vous en dit pas plus pour le moment, il y aura tellement de choses à dire sur le nouveau projet de Fakear lorsqu’il pointera le bout de son nez, au début de l’été.

La Vague I’m That Guy

On achève ce rendez-vous hebdomadaire par une aventure que nous suivons ensemble depuis quelques temps déjà : celui du Cover Party lancé par La Grande Party. Dans la foulée des jolies reprises proposées par Poppy Moukoukenoff, Lagrace et Mů au fil des semaines, c’est cette fois au tour du génial duo La Vague de se lancer en revisitant I’m That Guy d’Agar Agar. C’est avec un immense plaisir qu’on retrouve la sensualité électrisante et la classe folle qui font leur marque de fabrique, dans une reprise qui laisse transparaître toutes leurs influences. Tourné avec un vieux téléphone et beaucoup de nostalgie, le clip est une épopée nocturne en forme d’ode à la vie d’avant, où brillent la légèreté et l’insouciance des folles soirées à la ville.

 

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