Les clips du mois : mai
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Auteur·ice : Rédaction
12/06/2024

Les clips du mois : mai

Les clips du mois, c’est votre rendez-vous mensuel qui vous présente les sorties vidéo de nos musiques préférées. Composées avec amour et minutie par les oreilles de notre rédaction, ces compilations s’attèlent à vous partager chaque mois le meilleur des Internets, faisant se côtoyer les grands noms du moment et les jeunes pousses de la musique. Découvrez les pépites qui nous ont fait chavirer le cœur et les rétines ce mois-ci. 


Le plus iodé : Fallen Alien – Porosity

| Sélectionné par Joséphine

Vous prendrez bien une dose de bord de mer en ce printemps capricieux ? Pour ce faire, rien de mieux que le premier clip de Fallen Alien, où grâce et poésie se mêlent au sable et à l’écume des vagues. Avec presque cinq minutes pour nous présenter leur univers, le duo mise sur Porosity, un titre aux textures variées tout aussi légères que pesantes. C’est d’ailleurs dans la seconde partie du morceau, amenée très justement par une introduction délicate qui réveille les sens, que la magie opère : un parlé-chanté bouleversant, d’une beauté magistrale et aux accents de Kae Tempest qui nous donne encore des frissons. À suivre de très près.


Le plus overdrama : Oscar and the Wolf Somebody Without U

| Sélectionné par Louise

Cette fois, pas de doute, notre dramaboy à paillettes national est de retour, plus écorché et brillant que jamais. Quelques mois après avoir teasé son retour en se confiant en toute transparence sur sa descente aux enfers et sa relation aux passions destructrices avec la déchirante Angel Face, c’est cette fois dans un décor de cuisine bien glauque et dans un état d’ivresse sordide que Max Colombie nous raconte la passion qui l’a détruit. Amours passionnelles, dépendance affective et perte de repères, comment trouver sa route lorsqu’on ne sait pas qui on est ? Même si on espère que notre favorite indie blonde trouvera le chemin de la sérénité, on doit bien avouer que sa douleur fait beaucoup de bien aux nôtres.


Le plus libérateur : Ginger Root No Problems

| Sélectionné par Marthe

Cameron Lew alias Ginger Root se glisse à merveille dans la peau de nouveaux personnages à chacun de ses clips à l’univers 70s. Dans Nos Problems, l’artiste Californien joue le rôle d’un supposé réalisateur qui vient de se faire licencier par sa boss. “Récemment, vos projets n’étaient plus vraiment alignés avec les critères de Juban TV“, lui réplique-t-elle dans son bureau. La musique démarre ensuite par des notes de synthés, sur un air joyeux, qui contrebalance avec l’apparente gravité de la situation, puis se poursuit par une pastille, style ancien générique de feuilleton télé. Le refrain pop entêtant fait monter la fréquence cardiaque, et donnerait presque envie de s’énerver avec Cameron lorsqu’il chante – et nous demande de sortir du déni : “How, how can you say that you got no problems too“. Un clip résolument pop et libérateur, dans lequel Cameron ne baisse pas les bras. Il finit par voler une caméra et une antenne satellite, les installe chez lui pour se filmer dans ce qui devient sa propre chaîne télé : “Ginger Root Productions”, devant une assemblée de figurines et de peluches, avant que ne lui arrive une nouvelle mésaventure… “To be continued“.

Les intéressé·es pourront voir Ginger Root en concert à La Bellevilloise, à Paris, le 26 novembre 2024.


Le plus désenchanté : zonmai Birthday Zouh

| Sélectionné par Charly

Dans le gâteau, les mégots de clopes sont comme des bougies d’anniversaire désenchantées : zonmai n’a pas le cœur à la fête. Ses ami·es lui donnent une attention aussi écœurante que ces tables basses de soirée d’appartement passé 23h. Les basses annoncent un état qui menace de rompre quand, ça y est, elle la prend, la fuite, poursuivie par cette bande armée aux couleurs criardes. L’absurdité de la fête ? Ses ami·es ? L’énergie de la Big city ? Les fans ? Les garçons ? Ou la vieillesse ? Qui sait de quoi elle veut s’extirper dans ce bois où les effets et ralentis brouillent les sens et les sentiments, faisant de ce clip à l’art dirigé par Fiona Attiogbe une référence dans le genre esthétique hyperpop. Le pouls redescend, la foule est semée. Un vent venu de son Bayonne natal souffle sur sa joue. C’est la fumée qui sort de la tasse réconfortante que vient de lui tendre sa mère, souriante à côté d’un papa bon homme : un anniversaire, c’est d’abord des choses simples.


Le plus #bonnesvibes : ONHA KODAK

| Sélectionné par Zoé

Après avoir sorti Opale, son premier EP tant attendu, et donné un show sold out bouillant au Botanique fin mars, Onha nous prouve avec le clip de Kodak, premier titre de Opale, qu’il est là pour tout péter. Onha a clairement tout pour devenir un incontournable et il s’en donne les moyens avec un clip hyper qualitatif, réalisé par Nitramet produit par Studio Mimesis. Le clip est sublime, le concept très fun. Onha joue la carte de l’originalité, jusqu’à se transformer en ballon de basket. C’est du génie. Si bien qu’on se demande ce que peuvent bien nous réserver ses futurs projets… Le liégeois a clairement le vent en poupe, onhahâtedevoirlasuite !


Le plus obscur : ASININE DEUX AILES DE CIRE

| Sélectionné par Arotiana

Depuis XIII et Demi Moore / Vivement quoi, on savait qu’il fallait garder un œil sur Asinine, cette rappeuse qui a su se distinguer par une écriture et des images obscures mais authentiques. Avec son EP Brûler la maison et ce clip de Deux ailes de cire réalisé par le collectif Holow, elle réaffirme sa direction et son univers.

Asinine n’a pas peur d’ouvrir les yeux et de voir la réalité en face. Une réalité qui couvre tous les niveaux, de l’échelle personnelle et familiale à l’échelle nationale et même mondiale. Voir les choses en face est un acte courageux car c’est une prise de conscience qui peut impacter nos pensées, notre humeur, notre bien-être : “j’vois des bails qui m’donnent envie de me scier l’nerf optique”. On ne comprend que trop bien la représentation qu’elle choisit pour illustrer ses émotions : deux ailes de cire dans le dos qui lui pèsent. Et on compatit car on voit, ne serait-ce qu’en partie, ce qu’elle voit : “des faits divers présentés par des pédophiles, les mêmes qui ferment l’œil sur un génocide.


Le plus boulimique : Sheng KIT-KAT 奇巧

| Sélectionné par Mathilde

Avec son air faussement naïf, SHENG est revenue nous proposer un titre clippé qui pue l’amour (à sens unique, once again). On vous avait parlé de son récent retour avec un premier single DIS MOI PK ?!, à présent elle nous propose KIT-KAT奇巧, un titre où on fait rimer « mic mac » avec « kit kat », greffé à un visuel où SHENG se laisse entraîner par une hyper-pop entrainante, le visage recouvert de larmes. Avec ceci, la rappeuse confirme son habileté à adopter les rythmes entêtants et les codes musicaux des années 2000, vers lesquels se dirigent potentiellement son premier album à venir.


Le plus sportif : Amyl and The Sniffers U Should Not Be Doing That

| Sélectionné par Melissa

Le groupe australien revient en force avec U Should Not Be Doing That, trois ans après la sortie de leur deuxième album Comfort To Me. Leur message est clair : laissons chacun·e vivre comme iel l’entend, sans jugement. Un message rafraîchissant en ces temps troubles. Le clip haut en couleur montre Amy Taylor et l’acteur Steven Ogg en pleine séance de sport et de danse sous un soleil tapant, totalement indifférent·es au regard des autres. On n’a qu’une envie : les rejoindre et se lâcher à leurs côtés ! Bonne nouvelle : ça sera bientôt possible car le groupe sera en concert à l’AB le 17 novembre prochain ! Nous on y sera, et vous ?


Le plus plan-séquence : beabadoobee Take A Bite

| Sélectionné par Chloé

Bea Kristi, plus connue sous le mignon pseudonyme beabadoobee, revient avec un nouveau single en prévision de son prochain album, prévu pour le mois d’août. Deux ans après Beatopia, l’artiste de 24 ans vire elle aussi sur la tendance country, en réunissant tous les éléments d’un clip digne des rockeuses des années 2000 : un plan séquence d’une commerçante d’une petite ville américaine sur laquelle interviennent plusieurs personnages autour d’elle. Mais ici, il n’est pas question de chapeaux de cowboy. Malgré une guitare acoustique chaude, le monde semble sombrer dans l’obscurité, mettant en exergue les cercles vicieux dans lesquels la chanteuse se perd parfois.

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