Les désordres de Johnny Jane ou le feu follet aliéné
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Auteur·ice : Joseph Lanfranchi
20/04/2023

Les désordres de Johnny Jane ou le feu follet aliéné

Johnny Jane marche dans la rue de Ménilmontant et tout résonne de sa musique, dans sa tête et dans tous les yeux qui croisent son regard. Un regard plein de météorites qui s’effondre sur lui-même, qui cherche à s’échapper dans ceux des autres. Ces autres tous et toutes identiques, qui le dévisagent et veulent le faire rentrer dans le rang à grand coup de normes sociales, de contraintes imaginaires et d’amours enfuies. Mais avec ce 3ème EP DÉSORDRES, il leur échappe à nouveau.

Il souffle et voudrait que ça s’arrête, que se coupe la litanie du monde qui se déverse sans arrêt dans son esprit, une bouteille vide dans la poche. Alors il ouvre le feu, missiles après missiles, il met en pièce ses propres miroirs, enfonce la porte de ses émotions et réduit tout à néant jusqu’au trou noir. Il s’enferme dans la nuit avec ses chimères et impose la réalité de ses mirages, mais ses rêves ne survivent pas à la peur du noir et à la solitude. À quoi bon disparaître si ce n’est pas sous les projecteurs ? La supernova n’est belle qu’à travers les yeux du public.

Alors il essaye, tente sa chance, écharpe son parachute et vise le ciel, il s’élance et chante. Puisqu’il ne comprend plus rien à sa propre réalité, qu’il est égaré au milieu de toutes ces violences symboliques et aveugle à ses propres sentiments, il va les jeter à la gueule de tous·tes celleux qui veulent bien s’en repaître, et nombreuses sont les jeunes étoiles qui ont besoin de comprendre. Rien à foutre si c’est idiot, immature et plus banal qu’une soirée sans fin : la vérité des corps et des âmes mise à nue, les désirs et les larmes exposés sans filtre, pas de gagnant pas de perdant, seulement une tentative de se retrouver.

Mais rude est la lutte et souvent celui qui clame se connaître par cœur s’abîme dans ses sensations et perd le contrôle de ses espérances, pourtant il persiste : il prend son égoïsme à deux mains et l’extirpe chanson après chanson de son corps engourdi par le g. Cet égo démesuré autodestructeur dont l’ombre recouvre tout, qui déborde de ses textes et noie tout le reste dans un goût de pétrole, et Johnny Jane, en plein hors-corps, craque une allumette, embrase le monde, son esprit et nos corps. 


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