Lous and the Yakuza exorcise ses plaies sur Solo

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“Pourquoi le noir n’est-il pas une couleur de l’arc-en-ciel ?” Après la fougue et l’énergie de ses deux précédents succès Dilemme et Tout est gore, Lous and The Yakuza revient nous dévoiler les couleurs de son univers dans une track plus douce. Lignes poignantes, instru éthérée, l’artiste belge décélère le temps d’une ballade envoûtante à laquelle s’agglomèrent influences urbaines et textes engagés. À l’approche de son premier album Gore, prévu pour juin prochain, c’est tout en sentiments et en fragilité que se dévoile la nouvelle étoile de la scène francophone belge. 

Sur les productions toujours aussi léchées de El Guincho, fidèle acolyte de la sensation hispanique Rosalìa, le titre joue sur des notes aigües de cordes voluptueuses et se voit scandé par la chaleur de percussions minimalistes. L’efficacité du morceau réside finalement dans sa simplicité et sur la parcimonie des sons utilisés, qui mettent davantage en valeur la voix enchanteresse de Lous et la profondeur d’un texte juste. Racisme latent, frustrations identitaires, quête d’égalité : nombreux sont les combats abordés sur cette composition touchante, fruit d’une introspection sincère et hautement personnelle.

“Solo parle du sentiment de solitude qui frappe chaque fois que la société vous rappelle que la couleur de votre peau réduit inévitablement la taille de vos rêves.”

Solo s’accompagne d’un clip à l’esthétique sobre et élégante, avec comme pièce centrale la seule présence de la chanteuse esseulée au milieu d’un cadre épuré, sous une lumière neutre et entre le blanc virginal des murs qui l’entourent. Des choix qui prennent tout leur sens à l’écoute du morceau et qui intensifient ces idées d’isolement et d’insularité. À la réalisation, on retrouve la visionnaire Wendy Morgan (déjà à l’œuvre sur le clip de Dilemme, qui comptabilise quatre millions de vues) et le chorégraphe Kevin Bago (aperçu dans le clip Heaven de The Blaze). Une équipe de haute volée qui parviendra à transposer les lignes de Solo en un ballet corporel solennel, presque empreint de chamanisme, à travers lequel la silhouette filiforme de Lous se voit capturée entre finesse et dynamisme. Un élan infini de poésie.

© Photo : Cédric Viollet pour L’Express Dix