La passion selon Lysistrata

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Trois amis d’enfance, Théo (guitare/chant), Max (basse/chant) et Ben (batterie/chant) ont sorti leur premier album le 20 octobre dernier. Le disque s’appelle The Thread et le groupe, Lysistrata : plus qu’une simple sortie noyée dans l’océan des disques moyens – voire décevants – de cette rentrée 2017, le trio de Saintes livre un premier long format sans concession, entre respect du passé et vision rock au futur. Sept titres d’une énergie folle, d’une jeunesse immaculée, d’une maturité exemplaire pour un groupe tout droit sorti du lycée. Ça joue fort, vite, précis, sans superficialité : du lourd.

On les avait découverts grâce au méga-tremplin Ricard SA Live Music l’année dernière, lors duquel ils se sont remarquablement démarqués parmi l’armada de groupes inscrits (plus de mille, c’est invraisemblable). En récompense, l’enregistrement et la promo nationale de leur EP Pale Blue Skin en mai dernier. A peine quelques mois tard, ils livrent leur premier long format The Thread. Enregistré au studio angevins Black Box, chaque track est capturée en prise directe, sans aucune retouche – on peut vous assurer que peu de groupes se rendent vulnérables de cette manière. Côté style, Lysistrata ne se restreint pas : math-rock, post-punk, jam-rock expérimental (ils se définissent ainsi) ; on y entend à la fois Sonic Youth, le Kings of Leon des débuts, Foals, Refused, So I Watch You From Afar… Les références sont posées, mais jamais fixées : The Thread est un disque résolument de son temps, le genre d’objet qui nous fait espérer que le rock séduira encore les teenagers dans dix ans. Lysistrata rappelle à la vie quelques fantômes – Fugazi aurait-il enfin trouvé une descendance convenable ? – mais reste en mouvement avec une obsession : rester sincère coûte que coûte. Le titre qui intrigue le plus ? L’ultime The Boy Who Stood Above The Earth, onze minutes d’expérimentations entre mélancolie et folie brute, teinté de nappes de violoncelles qui enveloppe le tout d’une émouvante innocence. On pouvait avoir la vague impression d’un énième groupe de lycée, on se retrouve avec un futur poids lourd du rock français.

(flamboyante session live de Sugar and Anxiety, qui avait determiné leur victoire au Ricard SA Live Music)

Vite signés sur Vicious Circle en France – et Luik Records pour la Belgique – le trio déchaîne les passions en live. Les trois maigres adolescents se transforment alors en maîtres de cérémonie sans limite – peut-être y avez-vous participé à Rock en Seine, aux Transmusicales ou à Bourges l’année dernière. Ils impressionnent de facilité, les titres s’enchaînent avec une précision déconcertante, en ne tombant pour autant jamais dans le consensuel ou le convenu. Une technique folle (on vous met au défi de jouer le riff de guitare de The Thread sans faute) alliée à une fougue qu’on n’a plus vu en France depuis quelques années. Chaque note, chaque parole, chaque rythme laisse transparaître l’immense passion que ces gars-là portent pour leur art ; leur musique est d’une urgence fascinante. Si vous en doutez encore, on le rappelle une fois de plus : si Lysistrata passe près de chez vous, foncez tête baissée, vous risquez bien d’y croiser le futur du rock.

En concert :
Le 29 octobre à l’Atelier 210 – Bruxelles
Le 30 octobre à l’Entrepôt – Arlon
Le 11 novembre à l’I Boat – Bordeaux
Le 7 décembre à l’Atabal – Biarritz
Le 17 décembre à la Maroquinerie – Paris