Magma Collective : gros zoom sur leur mini festival
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Auteur·ice : Diego Mathy
10/06/2024

Magma Collective : gros zoom sur leur mini festival

| Photos : Melissa Fauve

Il n’y avait pas de groupe WhatsApp, ni de liste de courses partagée ou de mot sous la porte des voisin·es, mais on était chez des potes et c’était bien. C’est un peu le sentiment qu’on a eu en passant notre samedi soir à l’Illegaal, pour la deuxième édition du Mini Festival du collectif Magma. 

Avec ce qui est devenu un rendez-vous annuel, le collectif bruxellois nous partageait le fruit de son travail et de ses trouvailles, comme pour faire le point, marquer une étape de leur aventure musicale… Et c’est sous la forme d’un festival au format réduit, dont le line-up ne dépassait pas les neuf noms, que l’équipe Magma nous a ouvert son cœur. 

Le reste du temps, on peut les retrouver un peu partout. À la radio, avec l’émission Boom Tschak! de Sébastien pour JAM (RTBF), lors de leurs nombreuses soirées, à La Vallée, au C12 ou à La Cabane, ou encore comme stage host pour des festivals comme Arakiwi ou le Listen Festival. Comme si ce n’était pas assez, iels se cachent aussi derrière plusieurs artistes dont iels assurent le management ou la communication. Et cerise sur le gâteau : Magma est, en plus, un label.

Ça fait pas mal de casquettes et ça s’est ressenti dans l’événement : cette envie de toucher à tout. On retrouve cet aspect dans une programmation hyper diversifiée, tant dans les styles de musique que dans les moyens d’en faire, modulant l’espace pour que les dj sets côtoient les lives, acoustiques ou électro. En effet, en une soirée et dans une même pièce, les scènes se sont articulées pour accueillir des platines, des guitares et une batterie, puis un amas de claviers, de boutons et de câbles de synthétiseurs. Le public s’adaptait, lui aussi, expérimentant différentes façons d’appréhender la musique. De près ou de loin, jusqu’à encercler le duo Borokov Borokov qui jouait au centre de la salle, en mode boiler room.

| Photos : Melissa Fauve

Au début, c’était plutôt de loin, tous·tes dispersé·es, que l’on écoutait d’une oreille le set de Yokocho. Entre le terrain de pétanque, les rayons de soleil, le comptoir à grilled cheese et les massages sur la terrasse du haut (vraiment, il y avait un·e masseur·se professionnel·le), la concentration relevait du challenge. Heureusement pour vous, on a quand même écouté la sélection house du DJ, qui accompagnait parfaitement cette fin de journée de presqu’été. Avec certaines notes tropicales, parfois un peu dub, on aurait pu craindre l’ambiance rooftop after work. Mais le contraste avec des beats plus francs, se rapprochant d’une techno Detroit, prouvait le parfait équilibre d’un set affirmé.  

| Photos : Melissa Fauve

Déjà assez timide, le public se divise encore plus lorsqu’il faut choisir entre les dernières minutes de soleil et le concert des Ciao Kennedy qui se déroule à l’intérieur. Ça donne une audience plutôt maigre mais motivée, qui s’apprête à bouger avec les cinq potes qui occupent la scène. Le tout décolle assez vite, sur un ensemble de guitares grondantes installant une atmosphère sombre et flottante. Les morceaux qui suivent oscillent entre mélodies rêveuses et montées d’adrénaline, où tout s’emballe et part de travers pour s’apaiser ensuite. Les notes sont colorées, les mélodies parfois ambiguës. On nage dans du velours, puis on court pour se perdre dans des riffs de guitare aux airs menaçants. 

| Photos : Melissa Fauve

Ensuite, c’est les Borokov Borokov qui nous feront bouger sur des airs synth pop et des rythmes EBM. Le live dévoilera un soupçon de disco, quelques apparitions de vocodeurs et un musicien défroqué en plein délire. On danse et on se marre, les yeux rivés sur le microcosme électronique de leurs machines à sons. 

| Photos : Melissa Fauve

Et au fur et à mesure que l’Illegaal se remplit, Coline Cornelis et Leese entament un set en b2b qui promet de faire trembler les murs. Curieusement, elles mixent chacune à leur tour, sans jamais se retrouver à deux derrière les platines. On aurait aimé voir leurs univers fusionner, mais on accepte le format en alternance qui met certains contrastes en évidence. En effet, alors que les rythmes break fondent les bases d’un terrain d’entente, les climats diffèrent. Coline Cornelis mixe une musique plus percussive, aux basses lourdes et aux tons sombres, teintée de rythmes déconstruits et d’influences afro. À côté, Leese joue quelque chose de plus hypnotique et saccadé, répétitif et tranchant. 

| Photos: Melissa Fauve

Pour finir avec quelque chose d’un peu plus festif, aux heures où les gens ne demandent qu’à danser, les MagmaBoyz (Bon Public et Umbra) initient le deuxième acte de la soirée. Les derniers sets prennent clairement la direction de la teuf, laissant un peu de côté la recherche sonore. Et c’est avec une musique électro plus commerciale que le duo, puis 1000 Guapo, feront bouger le public. Azo, enfin, sur des sons trance et hard dance, vient clôturer le tout avec un peu plus de finesse. Puis, nous, on rentre les oreilles émues et le cœur marqué par la générosité d’un événement hyper authentique, à l’image du collectif.

| Photos: Melissa Fauve

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