Maribou State achève sa tournée à l’Ancienne Belgique

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L’Ancienne Belgique est remplie ce mardi soir. Le duo électro anglais Maribou State entame pour la dernière fois la présentation de son deuxième album Kingdoms In Colour. J’arrive à me faufiler au milieu de la foule amassée, position centrale, à quelques mètres de la régie. La lumière s’assombrit. Un spot jaune s’allume. Le concert commence.

Après d’innombrables écoutes de cet album fabuleux, considéré comme un véritable chef d’œuvre par certains, le streaming ne suffit plus. Je dois les voir en live. Chris Davids et Liam Ivory composent ce duo d’électro raffinée. Amis d’enfance et originaires du Hertfordshire (Angleterre), ces anciens rockeurs passés aux machines dans les années 2010, ont doublé leur équipe pour la tournée et sont accompagnés d’un batteur et d’un musicien qui passe des percussions à la corde. Les sons des ordinateurs, contrôleurs et autres claviers se mélangent aux sons des instruments. L’acoustique se mêle au synthétique. De cette fusion est née leur second album. Kingdoms In Colour, sorti en septembre sur Counter Records, le label satellite de Ninja Tune, est à la fois délicat et optimiste.

Le duo Maribou State fait ses débuts en 2011 avec l’EP Habitat, et sort Tongue en 2013. Holly Walker, leur chanteuse fétiche, chante déjà à leurs côtés. C’est une histoire qui dure entre eux car la jeune anglaise est toujours présente en tournée. En 2015, ils dévoilent Portraits, toujours sur Counter Records. Le morceau The Clown, en featuring avec Pedestrian, les démarque. Avec une électro simple, un style neo-soul et des accords house, ils ne passent plus inaperçus. Une tournée mondiale, puis silence radio. Pendant trois ans, le duo s’absente et va chercher de l’inspiration aux quatre coins du monde. Des États-Unis au Portugal, en passant par l’Inde et la Nouvelle Zélande, il en ressort un album aux influences culturelles multiples. 

Le concert a démarré. Ils jouent Vale, un morceau sur lequel on reconnait le sample d’I Feel You, chanté par Melanie de Biasio, et accéléré pour le rendre entrainant. Je fonds : c’est comme une bouffée d’air frais. Le morceau donne envie de se lâcher, de se sentir libre. Holly Walker monte sur scène pour la chanson suivante. Sa voix envoute. Ils maintiennent le rythme avec Feel Good, composé en collaboration avec le trio Khruangbin. La foule s’amuse, l’ambiance est un peu psychée, on entend la ligne de basse et les vocaux susurrés de Laura Lee. 

Holly Walker séduit tout le monde avec Nervous Tics. Les mains se lèvent et des fourmis traversent mon corps, de la tête aux pieds. Tout le monde dans la salle est charmé. On entend le Guzheng, instrument traditionnel chinois à corde, que jouent Chris et Liam. La track a été enregistrée entre Pékin, Berlin et Londres. Elle reste en tête et nous invite à laisser de côté la panique quotidienne, à lâcher nos appareils et à nous reconnecter les uns aux autres. L’effet est immédiat. 

Le concert touche à sa fin. Pour clôturer en beauté ce beau voyage, ils débutent Turnmills. Une chanson symbolique car elle célèbre le dixième anniversaire de la démolition d’une discothèque londonienne du même nom. La boîte était la première à avoir reçu l’autorisation d’ouvrir pendant 24 heures d’affilée. Chris et Liam y passaient leurs soirées et y ont développé leur goût pour l’électronique.

Le temps que le duo a mis à élaborer cet album a servi à délivrer un concert des plus surprenants. Je persiste à croire que Maribou State fait partie des producteurs créatifs et ingénieux, qui aiment partager. En sortant de l’AB, je croise une amie : « Tu aimes la musique électronique toi ? ». Elle s’étonne : « Je savais pas que c’était de l’électronique ça ! » Comme quoi, ça parle à tout le monde.

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Turnmills. #mariboustate #abconcerts

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