Mr Oizo : chronique toute mouillée

Tu fais tourner ?
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Comment définir la musique de Mr Oizo ? C’est une énigme bien étrange à laquelle on pourrait essayé de répondre ici. Sa musique est faite de malaise, de violence, de non sens, d’étrangetés. En réalité il n’y a que peu de différence entre la musique de Quentin Dupieux et son cinéma. C’est un non sens, un foutoir, une œuvre d’art créée dans l’envie, voire même le plaisir, de dérouter son auditeur/spectateur, le bonhomme livrant à chaque fois un instantané de son esprit malade, sans notice de compréhension. C’est ce qui fait le génie de Dupieux, c’est aussi ce qui le rend aussi frustrant par moment.

Deux ans après The Church chez  Brainfeeder, Mr oizo revient donc dans le giron d’Ed Banger, sa “famille musicale”, pour All Wet, son neuvième album (si on tient compte les excellentes bandes sons produites pour ses films Steak, Rubber et Wrong).
L’album est teasé depuis un moment déjà et au vu de la liste imposante de featurings, on avait peur que le bonhomme dilue un peu sa folie au contact d’autres artistes. Pourtant il n’en est rien. De même, on aurait pu penser à un virage un peu pop à l’écoute d’Hands In The Fire, son dernier Ep datant de 2015, là encore on s’est bien planté.
Même si on sent par petite touche le travail des intervenants, notamment sur Ruhe et All Wet en featuring avec les allemands Boys Noize et Siriusmo. Le phrasé de Peaches sur Freezing Out offre quand à lui à l’album un moment hip hop de haute volée, de même que la collaboration avec Skrillex sur End Of The World offre une légère aération dansante. Rien ne ressemble plus à une chanson de Mr Oizo qu’une chanson de Mr Oizo, ici ce sont les artistes qui s’adaptent à lui et pas l’inverse. Le moment le plus puissant de l’album n’est d’ailleurs pas le fruit d’une collaboration mais bien d’un track solo de Oizo, puisqu’il s’agit de l’excellente Your Liver qu’on pourrait comparer à Positif, où nous est répété une phrase étrange en boucle (Give Me Your Liver, and I Will Give You My Heart) sur un beat bien techno : ici nous ne sommes plus des animaux mais des donneurs d’organes.
On est clairement là dans l’univers du français, et à l’écoute de l’album on pourrait y voir une espèce de bande originale pour un film de série B, où Mr Oizo en savant fou, triture les sons et les images.
Et pour ceux qui s’inquiétaient du virage pop, sachez que les instants bizarroïdes, voire désagréables, sont bien présents sur l’album, notamment sur The One You Buy, ou Chairs en collaboration avec Mocky. L’humour fait aussi un petit coucou sur l’album au détour d’un featuring funky avec Phra de Crookers.
Enfin la collaboration “pop” et totalement inattendue avec Charlie XCX est bien là également mais totalement transformée/remixée en hymne techno/acid complètement fou qui fera danser même le plus réfractaire des haters.

Mr Oizo nous offre donc un album aussi dingue que dense, aux influences diverses, aux collaborations maitrisées et digérées, qui offre aux amateurs du Français ce qu’ils attendent, tout en étant plus ouvert que lors de ses précédentes productions. Un mois après l’excellent album de Cassius, les “vétérans” d’Ed Banger sont donc de retour en très grande forme pour notre plus grand plaisir, en attendant le troisième album de Justice