Noir comme la nuit : Whispering Sons aux Nuits Secrètes

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Parce qu’on aime beaucoup les Nuits Secrètes, plutôt que de faire un article global sur le festival, on a décidé de mettre l’accent sur certains artistes qui auront marqué cette édition au cru exceptionnel. Des confirmations, des découvertes et des coups de cœur qui auront égayé nos trois jours. Nouvelle étape, nouveau concert et un rendez-vous gagnant avec Whispering Sons, belle découverte de cette dix-huitième édition.

Il est 22h40, la nuit est définitivement tombée. Nous sortons tranquillement de notre interview avec Contrefaçon (à découvrir bientôt) et en passant la sécurité qui sépare l’espace presse du reste du festival nous nous retrouvons à un carrefour, comme une décision à prendre. À notre droite résonne avec force le show de Roméo Elvis qui a envahi la grande scène en tête d’affiche tel le monstre qu’il est devenu. À notre gauche, une petite lumière scintille dans la nuit, une lumière qui porte avec elle les espoirs d’une découverte, d’une nouveauté qu’on n’avait pas forcément cherchée. Cette lumière s’appelle Whispering Sons. Eux aussi viennent de Bruxelles et au rap du frère d’Angèle, ils répondent par un post punk baigné dans l’encre noire de la nuit. Le sol est encore humide de la pluie de la journée qui a miraculeusement cessé à l’ouverture des portes du festival. Notre décision est prise, à gauche nous allons.

C’est donc sur la scène de la Station Secrète  upgradée avec bonheur cette année et qui s’érigera comme une vraie porte ouverte pour tout un tas d’artistes en devenir tels qu‘Antoine Pesle, Yolande Bashing, Contrefaçon ou encore les grandioses Structures qui nous offriront le meilleur concert du festival (et dont on vous parle aussi bientôt) que l’on retrouve le Whispering Sons. Le concert est déjà commencé et nous sommes happés directement dans l’immense Got a Light. Il y a du monde devant la scène et c’est assez rassurant en un sens, de voir cette scène prendre tout son sens, d’offrir aux gens pas forcément ce qu’on leur dit d’aimer mais plutôt ce qu’ils attendent au fond d’eux.

Ce soir-là, la découverte fut grande, la découverte fut belle. Nos yeux explorent la scène, découvre Fenne Kuppens, chanteuse habitée et charismatique qui explore la scène telle une lionne en cage, toise les gens et les invite à l’abandon. On remarque aussi Sander Pelsmaekers qui matraque ses futs entre douceurs et brutalités. Et puis on tend l’oreille et c’est leur univers qui s’ouvrent à nous, cette voix donc, cette batterie martiale mais aussi cette basse entêtante, ces synthés vaporeux et cette guitare parfois abrasive, on est bien dans le post-punk, dans ce qu’il a de plus fascinant et intense, entre Joy Division et The Cure mais traité d’une telle manière que les aînés deviennent des fantômes bienveillants plutôt qu’un poids trop lourd sur les épaules.

Et les épaules ils les ont, et de sacrés bonnes chansons avec ça, passant de moments directs et intenses comme White Noise, Dense ou Alone à des plages plus atmosphériques comme Skin, Performance ou Waste, le groupe nous embarque avec aisance, nous promène à travers les émotions et nous fait oublier par moment qu’on découvre pour la première fois ses chansons. La beauté d’un festival se joue aussi sur les découvertes que l’on peut y faire et à ce titre, Whispering Sons remporte la palme. On ira les retrouver en novembre au Point Éphémère et cette fois c’est en habitué de leur musique qu’on les attendra de pied ferme.

 

Photos : David Tabary pour Dans Ton Concert / Indiemusic