Nos 3 concerts du Pitchfork Festival Paris

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Le Pitchfork Festival de Paris, c’était il y a déjà deux semaines. On a pris le temps d’y penser, de laisser les souvenirs maturer un peu dans notre tête avant de vous en parler. On a pensé à certaines déception, notamment à The National, toujours aussi incandescents et musicalement géniaux mais plombés par la voix de Berninger qui a du pâtir  du décalage horaire. Etre politisé c’est bien, mais faire un A/R express à Chicago pour Obama, ça se paie, la preuve.

On pourrait parler de Tommy Genesys complètement hors tempo ou de Princess Nokia pas tout à fait à son aise sur une scène aussi grande, mais on veut rester positif. Alors avant de vous parler de nos 3 gros coups de cœur de ce week-end pitchforkien, on va parler des autres, parce qu’ils le méritent.

L’auteur de ces lignes est du genre à ce pointer tôt en festival, car les groupes qui jouent en premier ont souvent plus à prouver que les têtes d’affiche. Cette édition du Pitchfork ne lui donnera certainement pas tort.

On a ainsi pris une grosse dose d’émotions devant la prestation tout en classe de Moses Sumney, on a souri et headbangé devant la folie et le punk-electro très anglais de HMLTD et on s’est laissé bercer par la pop scandinave de Sigrid.

On aimerait aussi mettre en lumière les superbes shows de Loyle Carner, hyperactif au flow démoniaque et sans doute futur grand de la scène hip hop européenne, mais aussi les Français d’Isaac Delusion, qui, passé la surprise d’une voix très-très-aiguë, nous ont séduit par des mélodies pop assez incroyables et une classe inouïe.

Toujours au niveau cocorico, saluons aussi la poésie musicale et visuelle de CHASSOL et enfin un gros big up à Jacques qui prouve qu’il faut définitivement être un génie pour faire de la musique avec une balle de ping pong, un escabeau et un ballon de baudruche.

Venons-en maintenant à notre top 3 de cette édition parisienne :

3/ THIS IT THE KIT : On s’attendait à un moment de poésie, on a vécu un moment de joie. Une sensation s’est dégagée de la bande à Kate Stables durant les 40 minutes de show : le bonheur simple d’être là et de partager leur musique avec le public. Venue nous présenter son dernier album, l’excellent Moonshine Freeze, la formation anglaise (et un peu française aussi) nous a convaincu sans modération. On a ressenti une vraie complicité de groupe, associée à une simplicité à toute épreuve. La pop-folk du band frappe dans le mille à chaque coup, portée par la voix aérienne de Stables. Difficile de ne pas avoir le sourire jusqu’aux oreilles devant ce joli moment de grâce. On les attendait, ils ne nous ont pas déçu. Merci This Is The Kit.

2/ RUN THE JEWELS : Eux aussi, on les attendait. Énormément. On  a d’abord été surpris de voir ce groupe, qu’on imaginait plus indé, réunir avec autant de facilité entre 15.000 et 20.000 personnes pour leur concert. Et 1h15 après, on a compris. Déjà parce qu’on a eu droit à un véritable show à l’américaine, entre les lumières absolument dantesques et un son parfait du début à la fin, mais surtout parce que Run The Jewels nous a rappelé pourquoi on les aime : des chansons de qualité, au rythme imparable, aux sonorités électroniques excitantes et inédites et aux flows assez fous. On a pris des claques énormes sur Legend Has It, Blockbuster Night Part 1 ou Nobody Speak pour ne citer qu’elles.

Killer Mike et El-P , à la complicité qui sautait aux yeux, nous on offert un spectacle incroyable et sans temps mort. Ils étaient entrés sur scène au son de We Are The Champions de Queen, ils l’ont quittée comme des rois.

1/ SÔNGE : On le dit sans mal : ceux qui ont loupé le concert de SÔNGE auront de gros regrets. Quand on a écouté son premier EP, on s’était dit qu’elle avait tout d’une future grande. On avait tort, car SÔNGE est déjà grande. Débarquer sur la scène principale en début de soirée n’était pas chose aisée, mais le défi fut relevé avec brio. En un peu plus de 30 minutes, elle nous a offert notre énorme coup de cœur de cette édition, le genre de moment qu’on espère vivre à chaque festival où l’on met les pieds. Magnétique et sans aucune timidité, la jeune française a arpenté la scène tel un animal en cage, la visitant de long en large et la faisant sienne avec une telle facilité que c’en était presque trop. Que ce soit avec ses propres chansons, notamment la rêveuse I Come From Pain ou la frontale Now, ou lorsqu’elle reprend The Weeknd dans une version bourrée à la fois de douceur et de mélancolie, elle nous embarque avec elle dans ses songes et on se laisse bercer par sa voix exceptionnelle. Définitivement le beau moment de ce festival.