Olivier Connan "Il y a beaucoup de beau monde cette année à Aulnoye !"

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Parmi tous les festivals de l’été, il y a des rendez-vous qu’on ne manquerait pour rien au monde. Après un chouette week-end sur la côte d’Opale à La Bonne Aventure, Les Nuits Secrètes est un de ces instants adorés. Et comme tous les ans, le festival d’Aulnoye-Aymeries revient avec une programmation à tomber par terre. À rendez-vous exceptionnel programme exceptionnel, on vous propose aujourd’hui de rencontrer le programmateur de ces deux incroyables festivals nordistes : Olivier Connan.

LVP : Bonjour Olivier ! Serait-il possible de nous rappeler en quelques mots l’historique du festival les Nuits Secrètes ?

Olivier Connan : Ah ! Le festival a 18 ans cette année, il a toujours eu lieu à Aulnoye-Aymeries. J’ai grandi là-bas, et j’aimais bien y organiser des concerts. Puis finalement, avec des potes, on s’est retrouvé à monter un festival qui a pris de l’ampleur années après années. On a des particularités, liées à la programmation et aux découvertes musicales, et ces particularités se retrouvent aussi avec le format dans lequel on les propose, notamment les parcours secrets. C’est ce qui fait notre originalité, et tout ça est basé sur la convivialité et le plaisir d’être ensemble.

LVP : Vous gérez aussi la programmation de La Bonne Aventure, un autre festival nordiste se déroulant en bord de mer à Dunkerque. Est-ce que c’est difficile de gérer deux festivals qui ont lieu à seulement un mois d’intervalle ?

O. C. : Si, complètement, mais ce n’est pas grave. Ce n’est jamais vraiment compliqué d’organiser des fêtes en fait. Un festival c’est avant tout un moment de plaisir et de joie. Ce sont tout de même des tours de force à organiser, parce qu’il faut gérer l’installation, le matériel, l’implantation, et les gens… Mais il ne faut pas oublier qu’il y a une dimension humaine extraordinaire. À Aulnoye-Aymeries par exemple, il y a 1 000 personnes derrière Les Nuits Secrètes pour organiser tout ça. C’est un double défi, ces deux festivals à un mois d’intervalle, mais pour l’instant ça se passe bien. On avait l’envie depuis longtemps avec l’équipe d’en découdre avec un autre projet. Et puis Dunkerque est une ville géniale, entre le front de mer et ses habitants qui savent faire la fête.

LVP : D’ailleurs, on peut remarquer que la programmation de La Bonne Aventure se rapproche de plus en plus de celle des Nuits Secrètes. Est-ce que c’est voulu ?

O. C. : Oui je pense à Meute ou à Parcels par exemple. Moi ça m’intéresse de suivre les artistes sur plusieurs années. Parcels étaient présents l’année dernière aux Nuits Secrètes, mais depuis ils ont sorti un album et proposent un spectacle totalement différent. Il y a aussi Jeanne Added, Flavien Berger… Ils sont venus, un album arrive et ils ont envie de revenir. Quand ça se passe bien, pourquoi pas. Je pense que le public aime bien retrouver les artistes, aussi. C’est un peu ce que tu fais quand tu écoutes un nouvel album. Ensuite, ça crée des relations particulières. Il y a une confiance qui s’installe, par exemple Parcels ont joué sur une scène beaucoup plus grande cette année à La Bonne Aventure qu’il y a un an. Les artistes sont très reconnaissants de ça. Au-delà de ça, c’est la même équipe de programmation derrière. Parcels sont ailleurs cette année pendant les Nuits Secrètes, alors on s’est dit pourquoi pas Dunkerque avec le front de mer pour rappeler l’Australie. (rires)

LVP : Quels ont été les parcours secrets les plus incroyables et/ou inoubliables ?

O. C. : Il y en a eu tellement ! 10 parcours secrets chaque année depuis 17 ans, ça fait un sacré nombre. Mais je pourrais citer Camille, qui avait chanté a cappella dans une église. Pour rester dans les artistes féminines, Vanessa Wagner nous avait proposé un merveilleux solo de piano. Parcels aussi avait fait des parcours dans l’église… On a eu pas mal de créations spécifiques chez nous. Flavien Berger, des impros de François and the Atlas Mountains… Voilà, ce sont des choses intéressantes car elles sont uniques. L’émotion y est à son paroxysme, en plus avec seulement 80-100 personnes c’est quelque chose.

LVP : Depuis 2016, la Grande Scène des Nuits Secrètes est devenue payante. Est-ce qu’à l’heure actuelle, ça a toujours un impact sur la fréquentation ?

O. C : Ça a nécessairement un impact, parce que tu as moins de monde sur le papier. Tu passes de quelque chose de gratuit à payant donc c’est évident. Maintenant, le public s’est renouvelé. Cette année, une personne sur deux vient pour la première fois aux Nuits Secrètes. Ce sont nos statistiques qui sortent de la billetterie en tout cas. Donc c’est un défi pour nous, il faut fidéliser une personne sur deux et aller en chercher une nouvelle. Il y a un taux de renouvellement important, parce qu’on est sur un public jeune, soit environ 15-30 ans. En plus le jeune ne sait pas forcément ce qu’il fait de son été… Cependant le payant dans tout ça, on l’a installé progressivement, et ça s’est bien passé. De toute façon on n’avait pas le choix : soit on passait en payant soit on arrêtait. Les gens ont vite compris car ils y étaient très attachés. Après on a monté la programmation, et on a vraiment des gens incroyables cette année.

LVP : Le public est-il différent à La Bonne Aventure par rapport aux Nuits Secrètes ?

O. C. : À Dunkerque, on retrouve beaucoup de Dunkerquois, pareil aux Nuits Secrètes où on retrouve beaucoup d’Avesnois. Sinon on a beaucoup de Nordistes en général, des Lillois… Au niveau des tranches d’âge, il y a un ancrage très fort à Aulnoye, qu’on est en train d’installer à Dunkerque pour en faire une fête vraiment populaire. Des deux côtés cependant on retrouve un public très large.

LVP : Comment est-ce qu’on fait actuellement pour trouver de nouveaux artistes à programmer ?

O. C. : Il y a plein d’outils pour ça ! Déjà il faut se rendre dans des concerts, et puis après c’est dans la démarche du programmateur de toujours chercher, creuser, écouter les propositions qui viennent à moi. Il y a des disques à écouter, des vidéos à regarder… Au final je fais comme tout le monde. Mais avant tout, il faut trouver le sens que ça a par rapport à l’endroit où c’est organisé. Après il y a toute l’histoire du festival, tout ce qu’on a fait depuis 18 ans, par exemple l’image de Parcels… Et après il faut voir à quoi on peut accéder ou pas, parce qu’il y a les budgets et les artistes qui sont disponibles ou non.

LVP : Finalement, quels sont les artistes à ne pas manquer cette année aux Nuits Secrètes ?

O. C. : Structures par exemple, qui font partie des groupes qui émergent et que j’ai envie de montrer à tous, ou bien Yolande Bashing pour rester dans la scène régionale. On a toujours fait ce boulot-là, proposer des artistes qui comment à sortir de la région. Il ne faut pas pour autant les mettre en difficulté, mais s’ils sont capables de tenir une scène avec des milliers de personnes et qu’on aime musicalement, on les programme. Je ne peux pas te dire un truc en particulier, il y a beaucoup de beau monde cette année à Aulnoye. On parlait de KOMPROMAT aussi tout à l’heure, et je suis impatient de voir le nouveau show de Roméo Elvis sur scène… Malheureusement on n’aura pas Damon Albarn, même si j’aurais bien aimé l’inviter. (rires)