On a rejoint Last Night We Killed Pineapple en tournée !
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Auteur·ice : Léa Formentel
06/07/2023

On a rejoint Last Night We Killed Pineapple en tournée !

On a rejoint notre groupe local préféré, au nom à rallonge certes mais qui s’exporte désormais à l’international. Au programme Bristol, Leeds, Edimbourg et Glasgow, un voiture chargée au max et un bouillonnement latent.

Vendredi 16 juin 2023, je retrouvais Last Night We Killed Pineapple, venus gentiment me récupérer à l’aéroport de Bristol pendant leur day-off. La veille ils enflammaient The Crown Venue en compagnie de Garden Party, un groupe basé à Bristol mêlant alt et art rock. Plutôt sympa comme démarrage.

Après m’avoir récupérée à l’aéroport donc, on prend déjà la route vers un petit cottage à Leigh Sinton, petit village perdu dans la campagne anglaise, situé à environ 75km au sud de Birmingham, chez une dame qui vit avec deux chiens et un chat très friendly (qui n’a d’ailleurs pas manqué de me baver dessus). Dès lors, je m’attèle à mon travail et leur pose quelques questions sur leurs impression de Bristol. Ils en retiennent une très bonne soirée selon, le public de Bristol étant très réceptif. A Bristol, les LNWKP faisaient la première partie de Garden Party, un groupe d’indie rock. Réputée pour être une ville qui bouge, niveau musique, la ville anglaise est un véritable terreau fertile du rock puisqu’il a vu naître entre autres Idles, Portishead ou encore Massive Attack. Il n’est donc pas anodin que son public y soit particulièrement sensible. Au-delà même de la ville de Bristol, le Royaume-Uni jouit d’une réputation qui affiche un lien très fort avec le rock et tous ses dérivés. C’est donc l’endroit parfait pour s‘y produire.

Et si vous vous demandiez, oui la campagne anglaise est tout à fait comme on se l’imagine, —si vous avez regardé des films tels que Orgueil et Préjugés adapté du roman de Jane Austen, on s’en rapproche grandement sauf qu’on est au 21e siècle et qu’on a le wifi mais tout de même très peu de réseau)—. Après avoir bu des cannettes et regardé Harry Potter 6, eh oui c’est aussi ça le charme de la tournée, il est temps d’aller se coucher puisque la prochaine étape se trouve à Leeds et donc, 250km de route. Après avoir fait le tour des aires d’autoroute d’Angleterre, bu des litres de café, fumé des dizaines de clopes et mangé des sandwichs (bon surtout du fast-food), on se retrouve dans la ville de Leeds. Une tournée 100% DIY, avec des conditions certes précaires mais une ambiance incomparable. Arrivés devant ledit bar à Leeds, le Northern Guitar Café, qui, comme son nom l’indique, est aussi magasin de guitares. Aux murs, des photos des plus grands noms du rock, de David Bowie en passant par Kim Gordon ou encore Jimi Hendrix. Le bar arbore même un vieux record player.

« On trouve toujours le moyen de se faire plaisir »

Le concert commence, le bar est au départ quasi vide mais deux sets sont prévus avec 20 minutes d’intervalle. Quelques ineteressé·es viennent tendre une oreille. Pas démontés pour autant, Last Night We Killed Pineapple donnent tout ce qu’ils ont et réussissent à ramener du monde. Peu à peu, le bar se remplit, à mesure que les chansons défilent, trois nouveaux titres sont d’ailleurs joués : Free, Forest et Everything. Il n’est pas toujours évident de conquérir du public, encore plus lorsque l’on est pas du même pays et donc, inconnu au bataillon. Mario, (batteur/chanteur) nous confie que « ça arrive de jouer dans des lieux où le public n’est pas au rendez-vous, surtout quand on se produisait au début, mais on trouve toujours le moyen de se faire plaisir parce que ça fait partie du jeu ». Pari réussi, le public anglais semble ravi et s’adonne même à quelques pas de danse. Le climax de la soirée restera quand un anglais a demandé 3 fois d’affilée —malgré mes explications que, non, LNWKP n’est pas un groupe de reprises— de jouer un titre de Police.

Mario :  C’est le milieu qui remplit le frigo quand on arrive tu vois ? C’est pas moi qui me dis ‘vas-y je veux 70 bières’.

Pierre : Oui mais là par exemple, tu as arrêté de boire pendant 9 mois et il y avait aucun problème.

Mario : Oui, sauf que en vrai je kiffais moins le job, je vais pas vous mentir.

LVP : Je pense aussi que c’est aussi bien le milieu qui veut ça, mais aussi que ça peut venir des musiciens eux-mêmes, comme c’est peut-être le cas chez vous ?

Charles : Ah c’est sûr qu’on avait déjà un terrain fertile…

Mario : Le truc c’est que nous on se dit “ah c’est ça le rock !?” Et on arrive dans le milieu et nous dit “oui c’est ça le rock”.

LVP : Toi, Mario tu as arrêté de boire pendant 9 mois et j’ai l’impression que c’est aussi quelque chose qui se fait de plus en plus ?

Mario : Oui carrément ! Comme le délire zéro drogues qui suit beaucoup en ce moment.

Eux-mêmes en sont conscients, la fête a ses limites et elle est souvent synonyme de défaite lorsqu’on tire trop sur la corde.

Welcome to Scotland

Après Leeds, c’est reparti pour un tour et cette fois on change de pays pour rejoindre l’Ecosse et s’arrêter à Edimbourg. Durant le voyage, des débats sur les innombrables disques écoutés dans la voiture s’installent, entre Mac DeMarco, les Pixies et leur incroyable album Doolittle, Clavicule et leur album Full of Joy ou encore les Strokes on a de quoi faire durant ces longues heures de trajet et quoi de mieux pour tuer le temps que de passer ses disques préférés ?

À Edimbourg, Butter, un groupe local, se charge de la première partie de Last Night We Killed Pineapple. Très technique, il se partagent la scène à cinq et réussissent à mettre le feu au Whistle Binkies. Au tour du groupe originaire d’Amiens de se lancer. L’énergie est là, le but est clairement de garder les gens sur le dancefloor malgré l’horaire : minuit, un dimanche. Une poignée de personnes restent vissés à leur sièges tout en dodelinant de la tête mais rassemblent tout de même quelques courageux, sans doute déjà à 3,5g mais néanmoins enthousiastes. Le public viendra même saluer la performance du groupe à la fin de leur set. Fin de soirée, 3h du matin, on se dirige tranquillement vers l’auberge, le sourire aux lèvres, tout en faisant le bilan, une dernière à la main (eh oui on a dit que c’était ça le rock).

Mario : Il y a des moments où on joue super bien et où on est à fond dedans en faisant le show et d’autres moins, ce qui fait partie du live aussi. À Bristol, par exemple, on est arrivés dans un endroit où les gens viennent écouter la musique qu’on fait, donc le public était là, tandis qu’au Whistle Binkies (Edimbourg) il y a des concerts tous les jours et c’est plus varié, ce qui est pas grave en soi c’est même intéressant !

Mais le fait qu’on joue avec un groupe qu’on aime, ça pèse dans la balance ! Garden Party c’était vraiment cool, on les connaissait pas du tout et on s’est hyper bien entendus et je les ferais bien jouer en France ! Alors que l’autre groupe au Whistle Binkies, Butter, leur musique me touche pas plus que ça même si on ne va pas se mentir ils étaient très bons.

Lundi : day off pour Charles, Pierre et Mario et dernier jour pour moi. Réveil compliqué, après avoir accumulé concerts et nuits courtes. Un dernier repas tous ensemble, après avoir passé deux jours à chercher à manger la spécialité (terrifiante) d’Ecosse : le Haggis, qui n’est autre qu’une panse de brebis farcie d’un hachis à base de viande, traditionnellement des abats de mouton, et d’avoine mais qu’on aura (malheureusement) manquée… Ce sera donc Fish & chips et steak & Guinness pie au menu. Un passage chez Avalanche Records et devant le château d’Edimbourg puis il est déjà l’heure de rentrer pour moi. Le lendemain, ils jouaient leur dernière date à Glasgow pour repartir en suite pour la France.

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