On y était : Soulwax @ Solidays

Tu fais tourner ?
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On a eu peur hier soir à Solidays. On a tremblé, on a même senti ce filé de sueur glacial couler dans notre dos. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’un souci technique a failli gâcher notre moment. Oui on se l’approprie ce moment, il nous appartient, un concert de Soulwax c’est une expérience personnelle au sein d’un groupe compact. Pour nous, voir un concert de Soulwax, c’est un peu comme aller à la messe, ça tient du sacré, du religieux. Depuis moins d’un an c’est la troisième fois qu’on se déplace pour voir une prestation du Transient Program For Drum And Machines et on en ressort à chaque fois ébloui et heureux. Hier soir n’a pas failli à la règle.

Les 30 minutes de retard n’auront donc pas eu raison de nous, ni du public qui a fini par se chauffer à blanc. S’ils aiment se considérer comme des outsiders (c’est ce que Stephen Dewaele nous a confié lors de notre interview, plus tôt dans la journée) ce n’est pas notre cas. Ils ne nous auront pas avec cette modestie (qui n’est pas feinte d’ailleurs) car pour nous, Soulwax est tout simplement l’un des groupes les plus excitants à voir sur scène. On le dit rarement, pourtant le mot excellence semble coller à la peau des Belges. Ils nous l’ont encore prouvé ce dimanche soir.  L’expérience fut belle, l’expérience fut grande. Elle fut autant sonore que visuelle. Porté par un classieux noir et blanc scénique, un concert de Soulwax est un véritable défi pour les cervicales. Non seulement parce qu’il est impossible de ne pas bouger la tête (et le reste du corps) au rythme des mesures électroniques et martiaux de leur musique, mais si notre cou en prend un coup c’est surtout car il y a toujours quelque chose à voir sur scène et ce, de chaque côté. On passe donc notre temps à regarder partout, et à se frustrer de rater d’autres choses.

Musicalement, car c’est quand même ce qu’il y a de plus important, le set se compose de morceaux issus de Nite Versions et de From Deewee. Mais là encore, ne cédant jamais à la facilité, les titres sont retravaillés, triturés, mixés entre eux pour une efficacité et un plaisir de chaque instant. On s’amuse donc en l’espace d’une minute à essayer de retrouver de quels morceaux proviennent telles ou telles notes.  Mais le plus impressionnant reste tout de même la présence des trois batteurs sur scène. Ils sont si synchronisés et leur partition est si maitrisée qu’on a parfois du mal à savoir qui joue quoi, ayant la sensation étrange de se retrouver face à une pieuvre géante utilisant ses tentacules pour jouer de trois instruments en même temps. C’est absolument jouissif et divin, et ça ne fait que rendre le live de Soulwax encore plus intense.

Dans NY Excuse, le groupe balance négligemment un “ Is it good enough for what you’re paying (you’re paying)?“. La réponse est une nouvelle fois oui, mille fois oui. Un concert de Soulwax est une expérience totale, un moment incroyable qui se grave sur la rétine. Et même avec un set raccourci, ils auront encore réussi ce dimanche à nous mettre K.O, éblouis que nous avons été par tant de classe et de maitrise.