Rencontre avec Acid Arab: les princes de l’électro orientale

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Jeudi 2 octobre, 22h00, Festival Elektricity. Rencontre avec Acid Arab, le duo composé de Guido Miniski et Hervé Carvalho, par ailleurs DJs résidents du club parisien Chez Moune. Dans la loge où nous nous installons règne une ambiance à la fois festive et décontractée, entre volutes de fumée bleutées et champagne aux reflets safranés. Près de nous, Hervé est en grande discussion dans la langue de Mick Jagger. Au fond de la loge, Andrew Weatherall feuillette des papiers avec détachement. Je lance le magnéto. Guido, avec une élégance me faisant penser à Gainsbourg, distille alors ses réponses à mes quelques questionnements élémentaires, installé dans un confortable fauteuil.

Propos recueillis par Alexis Jama Bieri

LVP : Comment vous vous êtes rencontrés ?

Acid Arab : Avec Hervé, nous nous sommes rencontrés à la Flèche d’or. 4 ans plus tard, on a eu l’occasion de se produire ensemble chez Moune. C’est 2 ans après qu’on a créé Acid Arab alors qu’on était en Tunisie pour jouer dans un petit festival à Djerba. C’était incroyable ! On y a découvert une culture qu’on ne connaissait pas du tout et fait de fabuleuses rencontres, dont un musicologue, Slim Gouja qui a pris le temps de nous recevoir dans son conservatoire pour nous raconter plein de choses passionnantes sur la musique tunisienne et orientale, durant plus de 3 heures. Ça nous a donné envie d’en savoir plus et on s’est revus le lendemain. Il nous a alors donné 8 CD blindés de musiques fabuleuses, dont un morceau qu’on joue sur scène depuis un petit moment déjà.

LVP : Votre musique mêle des sonorités orientales et électroniques. C’est à la fois la TB 303 et les instruments traditionnels qui emportent l’auditeur dans une quasi transe. Pour toi, c’est quoi une musique transcendante ?

Acid Arab : Il faut que ça soit long, hypnotique, répétitif comme un mantra, que ça te vide le cerveau pour que tout ton corps ne fonctionne plus que pour la musique, par le rythme. C’est l’abandon, c’est l’oubli.

[A ce moment-là de l’interview : le son d’un bouchon de champagne qui saute…Nous parlions d’abandon et d’oubli ?]

LVP : Et qu’est-ce qui te transcende ?

Acid Arab : Tout simplement cette musique orientale qui est une découverte incroyable. Je n’aurais jamais imaginé que c’était aussi riche, aussi fort !

[Entrechoquement de coupes]

LVP : Vous travaillez directement avec des artistes orientaux ?

Acid Arab : Un petit peu oui, notamment avec un percussionniste qui vient de Jordanie. En ce moment, on prépare un live avec un claviériste algérien. Par ailleurs, on a organisé plusieurs jam dans lesquels on a mélangé des musiciens kurdes, une chanteuse-percussionniste marocaine et des musiciens occidentaux. Tout ça a été enregistré sur un disque intitulé « Collections » (« Collections » c’est déjà 2 EP et 1 album, et 1 album qui doit sortir en janvier 2015).

LVP : Comment travaillez-vous pour concevoir vos morceaux ?

Acid Arab : On travaille avec des producteurs qui sont géniaux, qui ont tout compris à ce qu’on essaie de faire : On leur amène des bouts de ficelle et ils en font de la musique incroyable !

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LVP : Qu’est-ce qui importe le plus quand vous vous vous produisez quelque part?

Acid Arab : Ce qui importe, c’est l’ambiance générale, un bon son, et dans les loges de la bière et du pastis.

[Lançant un regard furtif en fond de la loge, et oubliant quelques instants la bouteille de champagne qui essaie effrontément de me séduire, je vois une bouteille de pastis 51 trônant fièrement au-dessus du frigo, telle une œuvre d’art contemporain : là on est dans le concept…]

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LVP : Pour vous c’est quoi un set réussi ?

Acid Arab : Quand on ressent un échange avec le public, on est alors très heureux !

LVP : Quelle est ta dernière pensée en arrivant sur scène ?

Acid Arab : Je ne pense à rien en particulier. J’espère juste qu’on ne sera pas trop stone…

[Buvant une dernière gorgée de champagne, je songe à la transe sonore où nous seront tous plongés dans quelques minutes…]

 

 

 

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