Rencontre avec Thomas Dupuis, membre des Das Galliano

Tu fais tourner ?
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Les Das Galliano sont les batteurs des Shoes et de Woodkid. Après avoir joué dans les plus grands zéniths et festivals (dont le dernier en date n’est autre que Coachella …), La Vague Parallèle a décidé de mettre en lumière ces musiciens  hors pair. Habitués à travailler en duo, Olivier Leclere a laissé son acolyte Thomas Dupuis se débattre avec nos questions. Récit:

Hello, comment ça va ?

Bien et toi ?

Très bien ! Tu peux te présenter brièvement ?

Thomas Dupuis, 38 ans, j’ai commencé la batterie à l’âge de 16 ans avec un groupe rémois. Au début on aimait bien tout ce qui était belge mais un peu bricolé, il arrivait que le guitariste pose sa guitare pour jouer sur des casseroles sur scène, on était habillés en lapin, en ours etc… enfin c’est là où j’ai fait mes armes. Puis je suis parti à Paris et j’ai été batteur dans un groupe post rock qui s’appelait les X-shore qui n’a rien donné. J’ai commencé à faire de la musique tout seul parallèlement, je me suis lancé avec ce que j’avais sous la main : quatre pistes à bandes que je plaçais dans une chaise pour faire un sampler, puis j’y ai ajouté un ordinateur et c’est parti comme ça.

Donc tu n’étais pas que batteur, tu étais avant tout musicien ?

J’ai appris la musique avec de bons musiciens et ça ouvre des portes. Je pense que quand tu es batteur tu as toujours une âme de producteur, même si je ne me dis pas producteur j’ai toujours besoin d’avoir des projets en parallèle. Après tout ça j’ai travaillé dans un groupe qui s’appelle OMR et je suis rentré dans ce groupe grâce à Guillaume Brière des Shoes.

C’est par l’intermédiaire de ces groupes avec lesquels tu as travaillé que tu as rencontré Olivier Leclere (ndlr: le deuxième membre des Das Galliano) ?10338769_10204037183749113_1494119351_n

Non, enfin, pas vraiment, ça s’est fait plus tard. On s’est rencontrés tout bêtement. On avait le même prof de cours de batterie et il avait rendez-vous avant moi donc on se croisait tout le temps, on a commencé à discuter sans pour autant être amis. Quelques temps après on était tout les deux livreurs pour une pizzeria donc on a forcément sympathisé. Un jour on répétait avec les Shoes pour notre premier concert à La Cartonnerie, à Reims, et il nous fallait deux autres batteurs; j’ai appelé Olivier et on a commencé à jouer ensemble à partir de là. Le fait de vivre dans une petite ville où il n’y a pas beaucoup de batteurs nous a forcément rapproché et le fait d’avoir eu le même prof nous a permis d’avoir la même frappe, la même appréhension de l’instrument et ça c’est génial !

Justement, quelle relation vous entretenez tout les deux lorsque vous jouez : c’est une forme de battle ou vous cherchez à être synchronisés ?

C’est différent entre Woodkid et les Shoes. Avec les Shoes je me suis rendu compte qu’il fallait que je m’impose un peu, après, à deux, on essaye de trouver des paternes qui à la fois collent avec la musique et en même temps soient le plus visuels possible. Pour Woodkid c’est Zitoun qui a trouvé tous les paternes, lorsqu’on répète on se regarde, on se place l’un en face de l’autre, on se filme pour essayer de travailler ensemble le plus possible.

En live avec Woodkid, lorsque vous jouez sur les grosses caisses, vous êtes dos à dos, c’est pas un peu gênant comme mise en scène ?

Ça marche bien mais c’est vrai que pour nous c’est vachement plus dur ! Même si on ne se voit pas et que l’on est un peu loin on a toujours un œil qui traine pour observer le bras de l’autre.

Woodkid vous a mis dans la lumière avec cette mise en scène, dès qu’il y a une photo de lui sur scène on vous voit en arrière plan de chaque côté.

Oui c’est vrai, j’aime bien ce côté un peu garde du corps d’ailleurs !

Vous n’auriez pas lancé une mode de batteur à deux ?

Je ne sais pas si on a lancé une mode véritablement car ça existait avant même si ça ne se faisait plus trop. Je pense surtout qu’on a eu une bonne idée de reprendre ça de manière un peu différente. Je pense que c’est aussi notre relation à nous deux qui fait que ça fonctionne plutôt bien.

Vous revenez de Coachella il me semble, qu’en retenez vous ?

C’est n’importe quoi ! C’est exceptionnel ! C’est un peu le festival de Beverly Hills, les places sont assez chères et partent en quelques jours, tu retrouves une population bien spécifique, les concerts sont au bord du désert enfin c’est très impressionnant ne serait que pour le côté sociologique de l’affaire. Ce qui est génial c’est que comme c’est une sorte de festival des stars américaines toutes ces personnes se rencontrent et organisent des featurings sur le pouce.

Tu nous parles des Shoes et de Woodkid, des artistes qui vous ont permis d’accéder à la notoriété, mais avant cela c’était facile de vivre de votre jeu ?

Quand on en a envie c’est super facile, je vis un rêve éveillé mais je ne vis comme ça que depuis 5 ans et j’ai 38 ans, pour en arriver là j’ai bien galéré. On parlait de Coachella tout à l’heure et j’ai conscience que ce qui m’arrive est complètement dingue après je ne sais pas combien de temps ça durera et peut être que je revivrai la galère. C’est une histoire de chance, de rencontres etc.., le talent est évidemment important mais tu peux avoir du talent si tu ne sors pas de chez toi tu ne peux pas vivre de ta musique. Je pense qu’on nait et qu’on meurt en étant musicien pour autant je ne sais pas si je mourais en étant toujours intermittent du spectacle.

Quelle récompense t’a le plus ému : le disque d’or de « Run Boy Run » ou la victoire révélation scène de Woodkid ?

La scène car le disque d’or je n’y suis pour rien ! Même Yoann l’a dit, il a préféré gagner la révélation scène, ça vaut ce que ça vaut mais c’est une récompense pour l’équipe. On a commencé tout petit avec trois spots sur scène.

3 artistes/ batteurs/ musiciens qui t’ont donné envie de faire de la musique ?

Dave Grohl, je l’ai vu dans le clip de Teen Spirit quand j’avais 15 ans, je tapais déjà un peu sur tout ce que je pouvais avec des baguettes chinoises ou tout ce que je trouvais et ce jour là je me suis dit que c’était vraiment ce que je voulais faire. J’adore My Bloody Valentine aussi, pour moi c’est la base de tout. Et puis évidemment les Shoes, là on n’est plus au stade de l’admiration, c’est carrément de l’amour !

Où est ce qu’on pourra prochainement vous voir et vous entendre, quels sont vos projets à venir ?

Le prochaine fois en France c’est pour le festival de Montereau les 6 et 7 juin, on joue avec Woodkid.