Structures surfe sur la Rough Wave aux Nuits Secrètes

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Parce qu’on aime beaucoup les Nuits Secrètes, plutôt que de faire un article global sur le festival, on a décidé de mettre l’accent sur certains artistes qui auront marqué cette édition au cru exceptionnel. Des confirmations, des découvertes et des coups de cœur qui auront égayé nos trois jours. Aujourd’hui on vous parle du meilleur concert de cette édition des Nuits Secrètes, celui des Amiénois de Structures.

Nous sommes en 2019 après Jésus-Christ. Toute la France est obnubilée par le Rap. Toute ? Non ! Une petit scène de festival français résiste encore et toujours à l’envahisseur. Et la vie n’est pas facile pour Nekfeu en ce dernier soir des Nuits Secrètes, en face de lui se présentent les géniaux Structures. Un peu comme la veille lorsque Whispering Sons se retrouvait face à Roméo Elvis, c’est à nouveau le combat de David contre Goliath. Et une nouvelle fois notre cœur a basculé du côté de David, représenté ici par cette Station Secrète tant adorée. Et comme la veille, on est surpris et heureux de voir une foule assez nombreuse se presser devant la scène où déboulent nos quatre cavaliers de l’Apocalypse. Si vous avez déjà vu Structures en live, vous savez de quoi l’on parle lorsque l’on cite l’Apocalypse, bien loin de l’idée sombre que l’on peut s’en faire, on la voit plus comme une destruction joyeuse et collective qui ouvre les portes vers un renouveau et un terrain de tous les possibles. C’est un peu ça un concert de Structures, ce fut une nouvelle fois le cas en ce dimanche soir où ils nous ont offert le concert le plus puissant et intense de ces trois journées de festival.

Welcome To Everyone“. La phrase tombe comme une invitation et nous la prenons comme telle. Rough Wave, titre pour l’instant inédit du groupe, sonne à la fois comme une ouverture idéale pour le show de Structures et comme un manifeste évident de leur esthétique, l’ADN même du groupe érigé en cinq minutes : un son brut qui ne renie jamais la douceur, une efficacité de chaque seconde qui se pare d’une véritable science de la mélodie et surtout quatre garçons qui prennent un vrai plaisir à jouer ensemble, chacun avec ses armes et ses qualités. Il y a bien sûr la voix martiale et puissante de Pierre, mais que serait-elle sans la batterie de Oscar, la basse de Marvin et le synthé et la guitare d’Adrien ? Structures est un tout, une unité où chacun a droit à sa mise en avant, à son moment de gloire et c’est ce qui fait tout le sel et l’intérêt du groupe sur scène.

Si Rough Wave nous met un genou à terre, pas le temps de reprendre notre respiration que Long Life nous frappe à nouveau ; et comme Jésus, nous tendons l’autre joue aussi facilement que nos deux oreilles. Le son est ample, puissant, la rage est présente et presque palpable autant sur scène que dans la foule, forcément venue là pour en découdre avec bonheur. Un échange s’installe immédiatement  entre le groupe et son public et il perdurera durant les quarante et quelques minutes du concert. Pyramids tente de calmer le jeu mais la tension ne nous quitte pas et on surprend l’audience à reprendre les paroles du groupe, preuve s’il en fallait de la popularité de plus en plus grandissante de ces garçons portés par une réputation pas volée de bêtes de scène. Cette connivence se fait encore plus forte avec la lumineuse Dancers et la merveille Satellite qui prend tout son corps dans une version live assez folle. On réalise alors avec un plaisir infini que finalement Structures était attendu par un public qui ne vibre pas que sous les sirènes des grosses machines, qu’on tente de nous vendre comme une révolution mais qui finissent en feu de paille. Le feu brûle chez Structures, et de manière aussi intense que réjouissante. La preuve avec Arabian Knight Club, morceau de bravoure qui nous éclate et nous emporte dans une transe aux limites du psychédélisme. Pas le temps de niaiser que les garçons nous présentent deux morceaux n’apparaissant pas sur leur EP Long Life, Silent et Robbery, qui prolongent le plaisir et ouvrent les portes vers un album qu’on attend avec de plus en plus d’impatience. Et voilà les quatre garçons qui quittent la scène sous les applaudissements nourris et les demandes de rappels. Le rappel, il viendra assez rapidement, “il nous reste assez de temps pour une chanson” : le public prend cette dernière danse comme une raison valable de jeter ses derniers restes d’énergie dans la bataille. Ce sera l’immense Immortals qui viendra clôturer ce set de folie. “We are all infected” nous hurle Marvin. Il n’a pas vraiment tort après un concert de cette teneur, toutes les personnes présentes finissent infectées par Structures. On ne prendra pas trop de risque à dire que les Amiénois deviendront grands. Rendez-vous l’année prochaine aux Nuits Secrètes pour le vérifier ?

 

Photos : David Tabary pour Dans Ton Concert / Indiemusic