Sun Club + Hinds, quand la jeunesse se met en scène

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Le rendez-vous était pris, lundi 18, 21 heures, le Periscope à Lyon pour une ode à la jeunesse scénique et musicale en compagnie des Américains de Sun Club et des Espagnoles de Hinds. 20 années de moyenne d’âge, quelques années d’expérience et déjà une foultitude de critiques élogieuses … Méritées ? On aurait pu s’attendre à passer la soirée avec ces énièmes groupes annoncés comme la relève mais le talent planqué, caché, enfoncé tout au fond des Doc Martins qu’ils portent aux pieds, possédant la présence scénique d’un Michel Polnareff en fin de carrière. On a eu droit à un joli et ambitieux éventail des capacités et de la volonté des groupes présents ce soir.

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21 heures passées, les 5 membres de Sun Club fendent la foule du Périscope complet ce soir là et montent sur scène. Les 5 garçons nous font face. Le set délivré est énergique. On en prend plein les oreilles, peut-être un peu trop car parfois quelques oreilles se bouchent. N’en déplaisent à certains, leur rock agressif où se mêlent danse et énergie emballe le reste du public dès le premier morceau. Tantôt des chants criés, tantôt un seul chanteur, tantôt plusieurs, on se trouve en face d’un cœur ardent.

C O U P  A U  C O E U R

Malgré leur jeune âge, on sent déjà que les morceaux sont rodés. Ils ont fait plus de 100 concerts l’an dernier et commencent 2016 en accompagnant Hinds sur leur tournée européenne. Il n’y aura aucun temps mort durant la grosse vingtaine de minutes passées en leur présence. Les morceaux Cheeba SwiftKick et surtout Tropicoller Lease font monter la température. Malgré le froid dehors, ici, on brûle. On brûle d’énergie, ils brûlent de transcendance. Une métamorphose, une mue sereine et maîtrisée qui s’amorce au fil des titres. Au fil de leurs concerts. On a tendance à penser à la voix de Robert Smith parfois (Beauty Meat) mais aussi au style énergique de Yung. Pas de doute, on entendra reparler de Sun Club très bientôt.

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22 heures passées et voilà que les 4 membres de Hinds fendent une foule déjà conquise et montent sur scènes. Les 4 filles et leurs sourires nous font face. Il y a dans Hinds et leurs vidéos cette insolence, cette coolitude énervante et cette nonchalance façon Mac Demarco. Il y a dans Hinds et ce concert, cette timidité infantile, ces sourires crispés mais sincères, ces rires gênés et cette hargne de proposer un set propre. Le contraste est surprenant, rassurant.

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Les ex-Deers (cerfs) devenues Hinds (biches) entament le concert avec un ancien morceau : Warning With The Curling. Le stress est palpable mais le groupe se met en place rapidement. La guitariste principale, Ana García Perrote magnifie le morceau d’un kazoo (c’est possible). Fat Calmed Kiddos et Warts suivent, avec leurs voix nasillardes j’ai parfois l’impression de me faire engueuler par ma grande sœur mais la sensation se dissipe rapidement. Ces deux titres donnent la mesure pour le reste de la soirée. Le garage-rock s’acoquine avec les ballades chillesques de certains morceaux.

Les trois classiques : Bamboo, Chili Town et Garden font leur effet sur un public déjà séduit par un set envoûtant. A peine 11 jours après la sortie de l’album que le groupe nous gratifie d’une nouvelle composition, celle-ci est dans la même trame que les précédents et fonctionne parfaitement. Le concert tout juste terminé que le public scande « O-tra, o-tra, o-tra ». C’est reparti pour un rappel. Dernière chanson qui permettra à Hinds d’attendre son climax scénique à travers les cris rageurs de Davey Crockett :

Hinds ne se réduit pas simplement à 4 jeunes filles mignonnes pleines d’ambition et possiblement bien soutenues. C’est aussi tout ce trac apparent sur scène, cette assurance faiblarde mais touchante, ces sourires hésitants et ces regards pleins de fierté. C’est aussi une énergie transmise facilement, un rock à la gueule d’ange mais au corps de Satan. Des sorcières des temps modernes qui t’emmènent dans leur univers avant que tu ne puisses t’en enfuir. Fraîches, simples et sans fioriture. Tu es dépendant d’elles tout au long de leur set. Petit faon transitoire, elles s’occupent de toi d’une belle manière. Un premier album prometteur et un concert complet qui place Hinds au rang de jeunes futures mais surtout de jeunes talents actuels.