The Last Shadow Puppets, Olympia round 2

Tu fais tourner ?
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Même endroit, même heure, sept ans et demi après leur unique date française, les Last Shadow Puppets reviennent nous présenter leur deuxième album Everything You’ve Come To Expect sur la scène mythique de l’Olympia à Paris.

Jeff Wootton entre en scène avec son groupe à 20h00 pétantes. Le bassiste, au charisme fou et à la présence scénique immanquable, pique la vedette à Jeff Wootton et fait le show. Le trio guitare, basse, batterie est très efficace. On retrouve à la batterie Jay Sharrock, accessoirement batteur de Miles Kane, coïncidence ? Je ne pense pas. Le set dure 6-7 chansons pas vraiment dissociables les unes des autres mais ce qui est sûr c’est qu’on passe un très bon moment.

Pendant que le duo Turner-Kane se prépare, nous patientons une bière à la main en écoutant la musique que l’ingénieur du son nous passe. Juste avant leur entrée en scène, Initials BB de Gainsbourg et Les Cactus de Jacques Dutronc sont jouées. Quand on connait l’influence qu’a l’oeuvre de Gainsbourg sur leur deuxième album et l’amour de Miles Kane pour Dutronc, qu’il a d’ailleurs repris avec The Responsible, on se dit que ce n’est pas complètement un hasard.

Les Last Shadow Puppets se font prier et les violonistes arrivent sur scène avec quinze minutes de retard. Elles jouent l’intro de Black Plant sur laquelle débarquent le groupe et enfin les deux compères.

C’est le choc des cultures : Miles Kane, rasé, costard et propre sur lui vs Alex Turner, gomina, chemise ouverte et marcel blanc. On remarquera plus tard que le duo s’échange les costumes selon les dates. Le concert commence sur Calm Like You, tout le monde chante, huit ans d’attente s’expriment enfin.

Par contre, Bad Habits arrive trop tôt dans le set, c’est la deuxième chanson jouée ce soir-là et le public ne se déchaîne pas vraiment. La chanson aurait mérité d’être jouée plus tard, comme cela a été le cas le lendemain à Brighton avec une setlist juste parfaite. Mais nous sommes à Paris et le public se réveille sur le classique The Age Of The Understatement. S’ensuit un de leurs nouveaux morceaux, alors inconnu du public (ah bon l’album avait leaké ?) : The Element Of Surprise. La foule, à l’écoute, reste calme mais pas pour longtemps.

Comme dans le premier album, Alex Turner et Miles Kane jouent Separate And Ever Deadly, The Chamber et Only The Truth à la suite. Pattern vient couper cet enchaînement parfait avant de reprendre l’ordre de l’album avec My Mistakes Were Made For You. On dirait bien que le duo ne s’est pas trop foulé pour penser la setlist puisque nous avons le droit à un nouvel enchaînement identique à l’album mais cette fois-ci de leur nouveau : Everything You’ve Come To Expect dont nous avons parlé le jour de sa sortie (clique si tu ne l’as pas encore lu !).

C’est avec joie que nous assistons à Miracle Aligner, Dracula Teeth et Everything You’ve Come To Expect d’un coup. Dracula Teeth très efficace en version studio l’est tout autant en live. Quant à Everything You’ve Come To Expect, décriée le jour de sa sortie, la chanson prend toute sa dimension en live. Miles Kane et Alex Turner, parfaits vocalement, fusionnent leurs voix à merveille. À la fin de la chanson, Miles Kane, assis sur l’enceinte de retour, répète « Everything you’ve come to expect » en observant avec amour son pote de toujours Alex Turner tandis que ce dernier continue de chanter. Roméo et Juliette, le retour. On commence à se demander si on a pas plutôt pris des billets pour une comédie musicale tellement Miles et Alex sont dans la caricature. Ceci annonce la suite du set qui va être teintée de bromance Kane-Turner. Quoiqu’il en soit, le duo s’amuse et est ravi d’être à Paris, une fois de plus. « It’s good to be home » dira même Alex Turner.

On sait à quel point Miles Kane aime Paris, la France et sa culture alors son engouement n’est pas surprenant. Showman et d’une justesse impeccable, il se donne à fond pendant tout le concert comme à son habitude. Alex Turner, qui nous avait habitué à chanter faux lors des tournées avec les Arctic Monkeys ou même à l’Olympia en 2008, fait preuve d’une justesse remarquable et d’une concentration extrême pour poser sa voix comme il faut. Son application lui fait même faire des grimaces, mais peu importe : Alex Turner chante juste, hallelujah ! Tout le set est exécuté parfaitement, aussi bien vocalement qu’instrumentalement.

L’interprétation de The Meeting Place nous accorde le moment de nostalgie de la soirée, on se revoit il y a huit ans, jeune et insouciant. Le public devient assez fou sur Aviation, on sent clairement la préférence de celui-ci pour le troisième titre sorti par le duo. Alex Turner dédie ensuite Sweet Dreams, TN à sa copine, Taylor Bagley présente ce soir-là à l’Olympia.

It’s love like a tongue in a nostril
Love like an ache in the jaw
You’re the first day of spring
With a septum piercing
Little Miss Sweet Dreams, TN

Tout ce petit monde quitte la scène après avoir joué In My Room. Ils reviennent pour trois chansons de plus et comme sur la tournée anglaise, le rappel commence par leur reprise d’I Want You (She’s So Heavy) des Beatles. La reprise qu’ils jouaient déjà en 2008 est toujours aussi jouissive avec un Miles Kane au top dans son solo de guitare.

Standing Next To Me suit The Dream Synopsis, neuvième chanson d’Everything You’ve Come To Expect jouée ce soir là. Sur Standing Next To Me, nous avons comme une impression de déjà-vu : en 2008 mais aussi en 2012 où le duo s’était spécialement reformé pour cette unique chanson lors du concert des Arctic Monkeys à l’Olympia.

 

Les Last Shadow Puppets disent au revoir à la foule d’un salut théâtral, main dans la main. On n’attendra pas huit ans pour vous revoir les gars, alors à cet été sur la route des festivals !