Town Centre : l'EP qui nous fait tomber amoureux de Squid

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La rentrée est toujours synonyme de nouveaux morceaux, nouveaux albums et aussi de découverte musicale. Comme on a pu le voir ces deux dernières années, il y a réel renouveau de la scène rock au Royaume-Uni. On pense notamment à Shame, Fontaines D.C, ou même Black Midi. Aujourd’hui, c’est le groupe Squid qui se démarque. Leur deuxième EP, Town Centre, sorti chez Speedy Wundergroung (black midi) vient tout juste d’être dévoilé et on en est amoureux. 

Originaire de Brighton (Sud de l’Angleterre) et composé de 5 membres, Squid se dessine comme le nouveau groupe à suivre ces prochains mois. Ils se font connaître grâce au morceau House Plant qui parle à de nombreux British (en abordant notamment du Brexit).  Ils ont déjà fait leur preuve dans leur pays natal où ils ont multiplié concerts et festivals pendant presque deux ans. 

Si les cinq anglais refusent de se caser dans un genre musical, on ne peut s’empêcher de penser à la synth-pop de Devo ou au post-punk de Gang of Four en écoutant ce second EP. Ils s’amusent avec basse, guitare, percussions en tout genre mais aussi avec trompette, violoncelles et synthétiseurs. Ce qui les rends encore plus uniques c’est l’absence d’un leader. Alors oui il y a un chanteur principal, Ollie, mais les autres membres, Louis, Laurie, Arthur et Anton sont tout aussi importants. Le groupe se construit plus comme un collectif.

Savage, morceau psychédélique et électrisant, introduit leur EP Town Centre. On y retrouve le single, The Cleaner. Ce morceau se dessine comme une réelle critique de la division du travail. “I’m the cleaner but you don’t even know my name” répète en rythme Ollie Judge. Ainsi, sous des mélodies entraînantes, à coups de synthé et de guitares, se cachent des paroles très critiques. Le plus souvent, elles abordent la fougue de la jeunesse anglaise mais aussi son ennui. Le groupe chante une nouvelle génération qui ne sait où regarder et que faire: une jeunesse prise dans des filets qui ne lui correspondent plus.

Match Bet, dans un esprit un peu plus rock indé est un morceau très particulier pour le chanteur et batteur Ollie. Il avoue: “Match Bet s’articule autour d’un personnage qui vit dans le même univers que The Cleaner. La chanson est racontée du point de vue d’un super fan de Sonic Youth. Ce mec, ayant une maladie mentale, fréquentait régulièrement un magasin où je travaillais. Son comportement inoffensif et maniaque, ses longues conversations sur le jeu, ses relations avec la Reine et l’amour pour Sonic Youth m’a été d’une grande aide durant cette période de ma vie.” Rodeo conclut l’album, comme une réponse à Savage. Des airs de violoncelle ouvrent la track de six minutes. Nous sommes bercés et emmenés dans un univers qui ne semble pas être le nôtre. Petit à petit les portes de Town Centre se ferment.

Par leur énergie presque inhumaine, Squid nous donne envie de vivre, de combattre, de se révolter. Le public français aura l’occasion de découvrir Squid au Pitchfork Music Festival de Paris le 1er novembre 2019.