Un concert d’Infinity Song, c’est un concentré de joie et de douceur dont le monde a besoin
"
Auteur·ice : Chloé Merckx
20/06/2024

Un concert d’Infinity Song, c’est un concentré de joie et de douceur dont le monde a besoin

| Photos : Caroline Bertolini

| Dev & scan : Mori Film Lab

“Ce moment qu’on partage là, maintenant, nous permet d’oublier ce qu’il se passe dans le monde, c’est un peu comme une thérapie de groupe”, nous disait Abraham Boyd alors que la soirée touche à sa fin. Il faut dire qu’après toutes ces années de concerts divers et variés, on n’avait jamais ressenti une telle émotion. Au Botanique, toutes les étoiles se sont alignées au concert d’Infinity Song: un grand soleil, un public chaleureux et bienveillant, mais surtout, une famille bourrée de talent qui nous a montré à quoi ressemble l’amour de la musique, le vrai, celui qui nous fait danser et pleurer en une seule soirée. 

Les mots nous manquent pour décrire un show qui arrive très très haut dans notre classement des meilleurs concerts de l’année. Infinity Song, le groupe New Yorkais composé des quatre frères et sœurs de la famille Boyd, se produisait au Botanique pour un show intime à l’Orangerie.

En guise de première partie, nous avons pu découvrir la voix de la chanteuse belge Emma Hessels. Le public se faisait discret au début de sa première chanson. Il faut dire que la Belgique redécouvrait le soleil pour la première fois depuis deux semaines. Mais sa douce voix a fini par attirer une foule qu’elle a rapidement séduite avec sa nouvelle guitare.

| Photo : Caroline Bertolini

Après avoir enchanté un public avec ses premières chansons, la chanteuse libère un petit rire gêné, avant de nous jouer un cover de Angus & Julia Stone qu’elle dédie à sa maman. Elle joue ensuite Unspoken Words, une dernière chanson à la guitare électrique avant de prendre l’acoustique pour nous parler de male gaze. Sa voix singulière qu’il est difficile de ranger dans une case nous donne des frissons. Elle termine avec Always Lost, une chanson qui évoque le fait de se sentir perdue à la vingtaine, avec laquelle une bonne partie de la salle a résonné. Le show était tout simple, mais il n’y avait rien à ajouter, tant sa jolie voix remplissait la salle sans difficulté aucune.

C’est à présent au tour d’Infinity Song d’entrer en scène. La foule semblait impatiente de découvrir celles et ceux qui dans quelques instant allaient s’aligner derrière les quatre micros posés au devant du podium. C’est le manager, qui s’avère être aussi le père de famille, John Boyd, qui monte sur scène en premier afin de nous présenter sa progéniture. On apprend donc que la musique a toujours fait partie de la famille. En effet, avant de former le quatuor le plus stylé de New York, les quatre chantent en chorale le gospel et le jazz depuis leur enfance. La famille se produit en public aux quatre coins de la ville pendant plusieurs années, avant de se faire signer par le label Roc Nation.

| Photo : Caroline Bertolini

Lorsque la fratrie débarque enfin pour nous interpréter Mad Love, on tombe immédiatement in love de cette famille dont la beauté égale le talent. Et nous ne sommes pas les seul·es, car c’est tout un public qui fut immédiatement conquis par l’énergie chaleureuse qui se dégageait. Abraham, l’ainé des frères, remercie intensément la foule avant de lancer No One Comes CloseCelles et ceux qui n’avaient pas encore ressenti de frissons jusqu’à présent ont été forcé·es de se prendre au jeu lorsqu’une fois la chanson finie, le groupe reprend en cœur les harmonies dans une impro qui emporte tout le monde dans la danse.

| Photo : Caroline Bertolini

Ces quatre voix qui s’accordent et s’harmonisent nous emmènent directement dans un New York des années 70. Le revival continue lorsque le groupe s’adonne à reprendre le mythique Dreams de Fleetwood Mac, “encore meilleure que l’originale” peut-on entendre dans le public. La reprise commence calmement avant de partir dans quelque chose de très dansant. Musicien·nes et public se répondent, donnant au concert un aspect très intime, un peu comme une soirée entre potes.

| Photo : Caroline Bertolini

Le groupe nous interprète Pink Sky avec son rythme un peu bossa. À ce moment-ci du concert, on commence à comprendre que nous n’aurons pas droit à une setlist à rallonge, car chaque chanson est un moment unique qui ne se fige pas dans un minutage exact. Bien connaitre les règles pour mieux les briser, c’est un peu l’attitude adoptée par le groupe qui s’octroie une grande liberté dans l’interprétation des chansons.

| Photo : Caroline Bertolini

“Abraham prétend toujours être meilleur danseur”, s’exclame Israel Boyd, le plus jeune frère. “Mais c’est compliqué de danser avec une guitare !”. Et là, le concert s’interrompt pour laisser place à une battle de danse entre les frères et sœurs. Chacun·e à leur tour, iels mettent en avant leurs pas de danse signatures, les deux sœurs semblent même avoir préparé une petite choré pour l’occasion. Dans le public, c’est l’euphorie, tout le monde danse et tente de suivre des yeux la fratrie descendue dans la fosse pour un petit bain de foule. D’ailleurs, le pantalon d’Israel ne survivra pas à tout cet engouement.

| Photo : Caroline Bertolini

La fête bat son plein lorsque le groupe interprète en chœur le fameux Hater’s Anthem que la foule reprend à cœur joie. On s’étonne toujours de la douceur de leur voix pour chanter un hymne aux trolls qui rendent notre monde un peu moche. Mais Infinity Song, c’est aussi voir la vie du bon côté, et prendre en considération les petites batailles qu’on mène chaque jour pour s’accepter et devenir une meilleure version de soi. Timing parfait pour Angel, qui nous introduit  Metamorphosis, une chanson composée à huit mains sur la difficulté de s’aimer soi-même et de trouver sa place dans le monde. Un sentiment partagé par la fratrie, et probablement par une partie du public à différentes échelles, ce qui rend ce moment tout doux encore plus beau.

Le set touche déjà à sa fin lorsque Angel commence à chanter les premières notes de Slow Burn. Momo et sa guitare s’ajoutent au deuxième couplet, avant d’être rejointes par leurs deux frères. Le mélange des voix nous donne la chair de poule. Dans l‘Orangerie, les chants résonnent, musicien·nes et public ne font plus qu’un.

| Photo : Caroline Bertolini

En interprétant Ride Or Die, la dernière chanson de la soirée, Abraham remercie la foule encore une fois pour ce beau moment partagé, qui nous a tous et toutes aidé à oublier, le temps d’une soirée, les atrocités du monde. Après s’être fondu·es en remerciements, le groupe quitte la scène sous les acclamations de l’Orangerie qui reste sur sa faim. Le groupe qui n’avait pas prévu un tel engouement, n’avait pas préparé de rappel non plus. Mais ne voulant pas laisser un public si bienveillant rentrer bredouille, iels se sont arrangé·es pour diffuser, en avant première, deux de leurs nouveaux sons : Comedy et I Want You Back. C’est avec des étoiles plein les yeux et des douces mélodies dans les oreilles que nous sommes finalement rentré·es chez nous.


Vert:
Vert: