Vide : plongée dans les abysses de Frenetik

Tu fais tourner ?
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Le rap bruxellois se porte bien, et ce n’est pas ce nouveau venu de la scène urbaine du plat pays qui vous fera dire le contraire.  Alors qu’il s’entourait du visionnaire studio de production belge Bleu Nuit pour le clip de son morceau Trou Noir, c’est du côté des talentueuses mains de chez Nooz Productions que Frenetik est allé sublimer son titre Vide dans un court-métrage puissant et vibrant. Notre équipe était présente pour capturer le soin particulier et l’esthétisme du tournage pour un behind the scenes exclusif.

Frenetik est le genre d’artiste qui joue la carte de la dualité entre la flamme de ses rythmes urbains et le souffle léger de ses textes pour délivrer des titres percutants et frissonnants. C’est le cas de cette nouvelle sortie, Vide, qui fait suite à une poignée de pépites hissant le jeune talent à la place de futur porte-flambeau brûlant du hip-hop francophone belge. Validé par le maître Oxmo Puccino en personne, le Bruxellois au rap versatile se voyait fouler la scène de la FiftyFifty Session il y a quelques mois pour délivrer une performance mémorable qui cristallisait toutes les promesses que ses quelques sorties avaient pu nous faire. Un petit phénomène qui n’est pas passé à côté de la clairvoyance des Red Bull Elektropedia qui le nominait récemment dans la catégorie Best New Urban aux côtés de l’ascendant Rare Akuma et du collectif Saudade.

Si le rap conscient n’est plus vraiment un événement, réussir à mêler la franchise brutale de ces percussions trap lancinantes qui marquent le rap game contemporain à des textes intellectualisés demeure un exploit. Un exercice dans lequel s’épanouit le brûlant penseur au flow vivace. C’est Jeunes Boss Records, la nouvelle maison de disque made in Bruxelles, qui a misé sur la fougue et la hargne de l’artiste et à en croire les débuts, c’est un pari gagnant.

© Jude Janssens

À coup de rimes et de punchlines, Frenetik se livre sur la noirceur des choses qui l’entourent et sur la passion des romances qui l’habitent. Avec des lignes telles que “Si je ne change pas de train de vie je croiserai la mort à l’arrêt”, les urgences du poète s’emmêlent à la fièvre de la production signée le Parisien JemiBlack“C’est le beef qui nous rend débiles. Manque d’argent donc souvent on déprime et on se laisse tomber dans les bras du crime” scandent les lignes. Entre l’amour et la haine, le vide est infime et c’est en faisant écho à l’alerte de nos rues que Vide met en lumière des sujets sensibles qui hantent nos réalités.

Le coeur est dans les textes, certes, mais on le retrouve aussi dans les visuels léchés et hautement esthétiques qui accompagnent et transposent en image la profondeur des propos de ce rappeur à la plume inspirée. Le visuel est introduit par une somptueuse séquence rembobinée qui se joue de l’espace temps et nous plonge dans les effluves métaphoriques de Vide. Et des métaphores, ce n’est pas ce qu’il manque : entre la rose noire, l’amante voilée et les générations qui se rencontrent, les messages sont nombreux et retranscris à travers la caméra avec minutie et poésie.

© Jude Janssens