Charlotte Gainsbourg, cachée en pleine lumière sur la scène de l’Olympia

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Quelle année pour Charlotte Gainsbourg ! Entamée par sa première Victoire de la Musique (dans la catégorie Artiste Féminine), elle se termine avec un Olympia en guise de bouquet final. Récit d’une soirée entre pudeur et décadence.

Fils spirituel auto-proclamé de Serge Gainsbourg , Sébastien Tellier décrivait son accoutrement exubérant et sa barbe foisonnante par la nécessité de « vivre caché, mais visible » afin de se protéger du monde extérieur. En sortant de l’Olympia en ce lundi 10 décembre, on peut se demander si Charlotte Gainsbourg n’a pas suivi ce conseil tant, sur scène, elle semble cultiver ce paradoxe à la perfection. Car Charlotte, comme les cinq musiciens qui l’accompagnent, n’est que rarement au centre des spotlights. Au contraire, c’est justement un ensemble de néons brillants et de miroirs suspendus en mouvement qui fait diversion depuis la scène assaillant le spectateur par une scénographie sublime.

Ce clair-obscur trouve sa continuité dans le rendu sonore proposé. Les arrangements imaginés par SebastiAn et retravaillés pour les besoins du live font mouche, avec une puissance qui englobe presque la voix de Charlotte et contraste avec la délicatesse des paroles de l’album Rest, dédié à sa défunte demi-sœur Kate. Cela permet à la chanteuse de proposer un spectacle à la fois touchant et dansant. On débute donc sur des mouvements électroniques à l’image des fédérateurs Heaven Can Wait, Sylvia Says ou Deadly Valentine. On bascule ensuite sans transition de la flamboyance à la pudeur avec la ballade Kate, dont les arrangements plus retenus ramènent la voix de Charlotte Gainsbourg au centre de l’attention, alors que la chanteuse se positionne derrière son armada de néons et de musiciens comme pour se cacher aux yeux de tous. Comme un symbole, ce touchant moment se prolonge avec Charlotte Forever, très appréciée par un Olympia conquis et introspectif, puis Rest. Il est alors temps de repartir sur des sonorités disco, voire franchement funk juste avant de quitter la scène. On en profite pour observer une assemblée autant hétéroclite qu’admirative, entre nostalgie de l’homme à tête de chou et envoûtement orchestré par SebastiAn.

La soirée réserve alors encore deux temps forts. Tout d’abord, Charlotte revient sur scène avec une reprise poignante de Runaway par Kanye West qui nous a tout bonnement déboussolé. Enfin, une version revisitée de Lemon Incest avec les chœurs repris par le public vient boucler la boucle, plus de trente ans après la sortie de ce duo ô combien polémique avec son père qui l’a propulsé sous le feu des projecteurs.