Focus : Les artistes à ne pas manquer aux Nuits Botanique

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À peine eut l’occasion de se plaindre du froid hivernal qu’il est déjà temps pour nous d’accueillir le printemps, ses plaisantes infusions de vitamines D, ses afterworks en terrasse et ses floraisons colorées. Mais s’il y’a quelque chose qui nous réjouit encore plus que tout cela en ce changement de saison, c’est bien le festival des Nuits Botanique. Depuis 26 éditions déjà, c’est le rendez-vous belge de l’avant-gardisme et de la clairvoyance musicale qui met en lumière les pépites de demain, d’ici ou d’ailleurs. 

Prolongées cette année du 23 Avril au 05 Mai inclus, Les Nuits 2019 nous réservent bien des surprises et des nouveautés pour treize jours de pure effervescence artistique entre les colonnes et le palais de verre du prestigieux domaine du Botanique. À commencer par des releases et autres avant-premières d’artistes du pays qui profiteront de l’ambiance si particulière, si chaude et conviviale du festival pour dévoiler leurs projets. Parmi ceux-ci, on note la liégeoise Tanaë et sa pop dansante, le retour des maîtres de l’indie pop à la belge Great Mountain Fire ou encore les premiers pas de Kobo, jeune protégé du grand Damso, qui viendra échauffer la Rotonde de ses beats lancinants.

En collaboration avec l’organisation bruxelloise Pierre de Lune, le festival continue de développer son concept novateur et ingénieux du Bota Kids. L’occasion pour nos grands enfants de s’intéresser au petit monde de la musique pour des concerts raccourci à 45 minutes et avec une limitation du volume sonore fixée à 90 dBA. Une idée originale qui permet d’élargir l’univers des arts scéniques à tout âge et qui a déjà fait ses preuves depuis ce début d’année avec des partages culturels très intenses entre artistes et enfants, précieuses oreilles de demain. Pour l’occasion, c’est David Numwami (leader du groupe Le Colisée) le 27 Avril ainsi que le collectif électrique Atome le 05 Mai qui viendront faire l’honneur de leur présence pour deux matinées des plus intéressantes au Grand Salon.

Finalement, jamais à court d’imagination, ce ne sont pas moins de quatre créations qui seront proposées par le Botanique durant ces deux semaines de découvertes. On retrouvera ainsi la génie solitaire ESINAM qui s’entourera exceptionnellement de musiciens pour un moment d’incandescence envoûtante. L’Orangerie accueillera l’ascendant Mustii, tout dernièrement récompensé d’un Magritte, qui viendra explorer l’introspection musicale et se mettre à nu dans une réinterprétation plus sombre et profonde de son premier album 21st Century Boy. 500 chanteurs amateurs, 50 accordéons et les chants du public, tout cela autour des marches de la Rotonde : La Grande Clameur s’apprête à faire vibrer les Nuits Botanique. En prévision, une intensité unique pour un moment complètement fou de partage en choeur et de compositions mélodieuses. Finalement, c’est presque l’Histoire qui s’invite à la programmation avec une interprétation des 10 sonates de Sergueï Prokofiev par le virtuose contemporain Stephane Ginsburgh. Là où la création est exceptionnelle, c’est de par le fait qu’en réalité Prokofiev n’a partagé que 9 sonates, l’écriture de la dixième ayant été interrompue par son décès. C’est là qu’intervient le pianiste et compositeur bruxellois Jean-Luc Fafchamps. Ce dernier, sur base de cette dixième composition inachevée, s’est lancé le défi fou de composer cette fameuse dernière sonate pour le festival des Nuits Botanique. Une collaboration inédite et un véritable travail d’orfèvre pour un moment presque anthologique au Grand Salon.

En plus de toutes ces nouveautés, c’est surtout pour sa cinquantaine de concerts que le festival fait des envieux, par l’éclectisme de son affiche et la finesse de sa programmation. Du coup, on vous a préparé une petite liste des cinq soirées qui ont gagné notre attention et à ne manquer sous aucun prétexte.

Aloïse Sauvage x Johan Papaconstantino – Grand Salon (04 mai)

On commence avec une soirée animée par cette jeunesse farouche, expérimentale et aventureuse. Deux artistes qui partagent ce même terreau fertile de la musique française qu’ils parviennent à manipuler, déformer et remodeler pour proposer deux univers à l’esthétique remarquable et aux styles brûlants d’audace.

ALOÏSE SAUVAGE

Artiste complète aux multiples casquettes, la sensation Aloïse Sauvage ne semble pas avoir volé son nom au vu de l’ardeur de ses performances. Survitaminée voire animale, la jeune chanteuse offre passion et générosité dans chacun de ses morceaux. Un registre qui oscille entre rap engagé et spoken words planants qu’il nous tarde de redécouvrir pour la seconde fois aux Nuits Botanique avec son nouveau projet Jimy

JOHAN PAPACONSTANTINO

Aux croisements d’une électro chantée et d’une session de sirtaki traditionnel, le Marseillais vient faire vibrer ses origines grecques dans des morceaux mêlants curiosité et efficacité pour un rendu étonnant. Laissez vos hanches se secouer aux rythmes de son bouzouki et de son second degré solaire.

 

Alice Phoebe Lou x Halehan – Orangerie (24 avril)

Deuxième coup de coeur de cette affiche plus qu’alléchante : la sensation sud-africaine Alice Phoebe Lou qui viendra enchanter nos oreilles avec les douceurs de son dernier projet Paper Castles. Pour l’accompagner, la pépite mélancolique belge Halehan viendra nous gâter de ses riffs transporteurs et de sa voix rauque imparable.

ALICE PHOEBE LOU

C’est sans artifices que la jeune Alice a sut faire briller sa musique si particulière pour devenir une véritable figure de la folk contemporaine. Originaire d’Afrique du Sud, elle fait partie de ces nombreux artistes dont le coeur a fondu pour Berlin et sa richesse culturelle afin d’y développer une musique acoustique, douce et mystique qui rayonne sur son somptueux nouvel album.

HALEHAN

Le belge a saisi cette année 2019 pour la garnir de ses compositions parfois maussades et parfois chaloupées. Si c’est par son titre Kind Of Blue et sa rythmique vibrante qu’il s’est fait remarqué et qu’il domine les ondes radio du pays, c’est surtout pour ses morceaux crève-coeur qu’on s’impatiente de retrouver le grand artiste sur scène pour des instants d’émotion mémorables.

 

Jeanne Added x Claire Laffut x Hervé – Chapiteau (02 mai)

Le grand soir de ce que la scène française a de plus beau a nous offrir cette année. Et ce n’est pas peu dire vu que la tête d’affiche de la soirée n’est nulle autre que Jeanne Added, grande gagnante des dernières Victoires de la Musique avec deux récompenses pour l'”interprète féminine de l’année” ainsi que le “meilleur album rock de l’année”. Rien que ça. Au programme également la pétillante Claire Laffut et l’explosif Hervé.

JEANNE ADDED

Perdue entre la hargne de la punk, la fièvre du rock et la froideur de l’électro, la musique de la Française peroxydée s’amuse à défier les genres et à faire frissonner une industrie musicale décidément trop étroite pour un joyau aussi muable que Jeanne Added. Sa musique se nourrit de force et de puissance tout en gardant une justesse et un contrôle remarquable à la genèse d’un minimalisme sobre et délicieux.

CLAIRE LAFFUT

Si sa musique vous est familière, c’est tout d’abord pour ses tableaux que l’artiste s’est fait repérée. Une carrière de peintre qui transcende son univers musical acidulé, coloré et terriblement addictif. Des textes métaphoriques et un ton de voix presque naïf qui font de la chanteuse un des ovnis de la scène belge à suivre de très près. Mojo, t’en va pas.

HERVÉ

Déjà aperçu à quelques reprises, notamment en ouverture d’Eddy de Pretto au Palais 12, la fougue du jeune parisien nous a totalement ébahi. Dans la plus grande des simplicités, seul avec ses claviers, Hervé parvient à captiver en instaurant une atmosphère d’urgence et d’alarme avec des textes et des beats percutants. Un pur talent qui n’a pas fini de vider son sac.

 

Hubert Lenoir x Mathilde Fernandez – Rotonde (26 avril)

L’une des soirées les plus prometteuses du festival. Le phénomène androgyne Hubert Lenoir faisait tant de bruit avec son premier album Darlène et c’est avec une excitation indissimulable qu’on attend sa première venue en Belgique. À retrouver le même soir, le live de la déjantée Mathilde Fernandez qui viendra nous faire découvrir ses errances décalées et surprenantes.

HUBERT LENOIR

C’est comme si un turbulent vent d’insolence soufflait en force sur la chanson française. L’enfant terrible de Montréal vient casser les codes et piétiner les frontières du genre pour se construire une identité nouvelle qui chante la liberté et, qui plus est, la chante merveilleusement bien. Il y’a en ce jeune artiste une saveur de lâcher-prise et de corrosion frissonnante qui invitent à la folie. Un plongeon dans les chaos du Bowie canadien.

MATHILDE FERNANDEZ

L’une des belges les plus what the fuck du moment. Quand ce ne sont pas ses clips mystiques qui nous glacent, ce sont ses vocalises extravagantes qui nous pétrifient. Le genre d’exploration musicale qui prouve à quel point la richesse de la chanson française cache des recoins plus qu’inconnus. Une découverte qui ne vous laissera pas de marbre.

Ho99o9 x Flohio x 404 – Chapiteau (27 avril)

Il risque de faire très chaud sous le chapiteau. Coups de coudes et effluves de sueur à foison, c’est une prévision assez crédible qu’on vous donne ici pour ce soir là. Il fallait être présents à La Caverne du Dour Festival l’an passé pour témoigner de la fureur du duo new-yorkais survolté Ho99o9 qui parvient à transformer chaque concert en véritable capharnaüm cauchemardesque. Une énergie qui colle bien à Flohio et 404, invités eux aussi à retourner le Chapiteau des Nuits Botanique. Longue vie aux pogos.

HO99O9

Transe, claque et prouesse musicales. Savant mélange de métal, de rap et de hardcore punk, l’improbable duo new-yorkais s’épanouit dans un genre nouveau, le horrorcore. Une expérience de chaos total dont la cacophonie se voit structurée par le flow ravageur des deux artistes. Prenez donc votre courage à deux mains et jetez vous dans ce condensé de brutalité et de puissance.

FLOHIO

Ne vous laissez pas tromper par ce joli minois innocent, l’Anglaise montre les dents et n’hésitera pas à mordre aux Nuits Botanique. Adulée par la presse et la scène du monde entier, vite considérée comme la relève du rap londonien, elle propose des titres énervés et secouants à souhait. Armée d’un flow défiant les plus grands, elle viendra présenter son dernier EP en date Wild Yout pour enflammer le Chapiteau.

404

Le genre de découverte qui fait du bien. Un seul titre partagé et déjà les ingrédients sont présents. Ce collectif Britannique s’attaque à des textures musicales grasses et directes, avec des instrus fracassantes et des influences métal incorporées dans un univers hip-hop jouissif. Ils viendront montrer de quel bois ils se chauffent et présenter un premier EP prévu pour ce mois de mars.

 

Au programme également, l’étoile montante de la chanson française Flavien Berger, la talentueuse Lou Doillon, l’innocence de Voyou, l’étrange Yves Tumor, l’enfant du rock Sam Fender, la sensualité de Vendredi Sur Mur ou encore la nouvelle pépite du rap belge Josman. Impossible dès lors de ne pas trouver son bonheur dans cette nouvelle édition d’un festival qui ne cesse de miser sur la diversité et la qualité de son affiche pour ouvrir chaque année la saison des festivals de la plus belle des façons.