L'aéronef à terre devant O

Tu fais tourner ?
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A La Vague Parallèle, on aime la pop et plus particulièrement la pop française. Et parmi les beaux albums de ce début année, À Terre de Olivier Marguerit a une bonne place dans le haut du classement. Album labyrinthique dans lequel on peut se perdre avec bonheur, ce nouvel album marque aussi une étape plus “physique” dans la musique du bonhomme. On était donc curieux de voir cette évolution se transformer en live. Rendez vous était donc pris à l’Aéronef en ce vendredi de début de mai.

Début mai vraiment ? A la vu du ciel ce soir-là, on s’est permis d’en douter. Il faut dire qu’on a un peu bravé les éléments pour arriver jusqu’à la salle lilloise. Entre les orages, une averse de grêle monstrueuse, la pluie et les bouchons incompréhensibles, c’est avec un bonheur non dissimulé qu’on se glisse dans l’Aéronef. Pile-poil pour le début du set de Antoine Pesle. Alors on est désolé Antoine, on connait peu ta musique même si on aime beaucoup Latence et Close To You, donc on a pas vraiment retenu le nom de tes chansons (les as tu seulement dites ?). Toujours est-il qu’avec ton groupe, tu nous as vraiment fait passer un très bon moment. En toute décontraction, avec beaucoup d’humour, tu nous as dévoilé une musique entre électronique et groove incandescent, autant pop qu’elle peut être funkie et soul. Bref une musique résolument moderne, les ronchons diront qu’elle n’invente rien mais nous on dira surtout qu’elle explore tout et ne se refuse rien et ça c’est une sacré qualité. On a bien aimé aussi ta reprise italienne qui nous a bien fait tripper. En gros tu nous as offert un moment de joie et ça en ce moment c’est quand même pas mal non ?.
On a cru comprendre que ton album sortira pour le début de l’été (enfin si il se pointe, on a quand même un gros doute en ce moment) et on l’écoutera avec plaisir.

 

Le temps d’aller se fumer une clope pour certains, de boire un verre de Perrier pour d’autres et de se dire que définitivement “y’a plus de saisons” (une constante de la soirée, on en profite au passage pour saluer la bêtise de Pascaul Praud.) et voilà O qui débarque sur scène. Le fait d’utiliser O est intentionnel, car c’est l’incarnation scénique qui se présente à nous. Sur scène, il ne s’agit plus d’Oliver Marguerit, mais bien de son groupe composé ce soir là de Maud, Emma, Mathieu et Jerome. Cette idée, il était important de la préciser, tant l’alchimie qui se développe entre les musiciens sur scène est en grande partie ce qui fait la réussite du show qui nous a été présenté ce soir. A cinq, ils peuvent ainsi offrir à la musique l’ampleur qu’elle mérite, que ce soit dans ses instrumentalisations, ses chœurs et sa puissance. A cinq, ils offrent aussi du corps à tout ça, n’hésitant pas à ajouter de la théâtralité pour offrir une véritable performance scénique, offrant du liant aux chansons, transformant le bête concert en véritable performance. A cinq, ils nous ont offert une musique en mouvement parfaitement représentée par cette version de l’odeur du coton, qui passe en un battement de cil d’une plage atmosphérique à quelque chose de plus physique et d’intense ou ce moment d’émotion brute qu’est Les Pédales ou Tu Sais Je Ne Sais plus. L’émotion, c’est ce qui transpire le plus d’ailleurs de cette heure et quart en compagnie de O, qu’elle soit à fleure de peau sur En Chute Libre ou Ce Bateau, tout en puissance rock sur Attention, ou remplie d’allusions sexuelles plus ou moins voilées avec A Kiss ou Avale Moi, qui nous offrit ce grand moment de découverte du fessier d’Oliver Marguerit ainsi que l’apparition d’un t-shirt plutôt explicite. Vous l’aurez compris, O c’est une musique ronde comme la quinzième lettre de l’alphabet, qui roule et qui bouge, qui grandit et qui explose. C’est cinq membres au diapason pour un moment de live aussi beau qu’intense. Le genre de concert qu’on ne veut pas rater et qu’on oublie rarement après l’avoir vécu. Des souvenirs qui nourrissent l’âme au final. Et ça, ça n’a pas de prix.

 

Bonus : Les photos du concert par David Tabary pour Dans Ton Concert.