L’anniversaire de Midnight Special Records entre amis à la Maroquinerie

Tu fais tourner ?
Share on Facebook
Facebook
Tweet about this on Twitter
Twitter
Email this to someone
email

Chez Midnight Special Records, tout se fait entre amis. Le label DIY, OVNI de la scène musicale parisienne, fait figure de véritable famille au sein de laquelle les artistes collaborent entre eux avec réussite, avec une complicité qui paraît dépasser largement le cadre professionnel. Il était donc tout naturel que la fête d’anniversaire du label, qui célèbre cette année ses 6 ans d’existence, se déroule entre copains à la Maroquinerie.

On le sait tous par expérience, le début d’une soirée est crucial. Il est encore tôt, les convives ne se connaissent pas tous, il faut choisir la musique et briser la glace.

Alors que les travées et la fosse de la Maroquinerie se remplissent doucement, c’est Laure Briard qui se prête au jeu avec succès, sur les coups de 20h. En bons hôtes, Victor Peynichou et Marius Duflot, les fondateurs du label, mettent la main à la pâte et accompagnent la Toulousaine, respectivement à la basse et à la guitare, tandis que Cléa Vincent se charge des claviers et que l’habituel batteur de cette dernière, Raphaël Léger, se glisse derrière ses fûts. Ce joyeux quintet a ravi ses invités en jouant une dizaine de titres hauts en couleur, parmi lesquels Dreams et Les pins des landes, nouveautés tirées de Sorcellerie, le dernier EP de Laure Briard.

La soirée lancée, c’est Kumisolo qui débarque sur scène sous les lumières pastel, flanquée de Nicolas Lockhart à la basse et de Romain Dejoie à la guitare. Dans toutes les fêtes, c’est la même rengaine : il y a toujours un lascar qui ne décampe pas du canapé. Ici, c’est Raphaël Léger qui reste caché derrière sa batterie. Le groupe entame son set par une belle version de La tête ailleurs. Immédiatement, l’audience est séduite tant par la musique que par l’artiste qui ne tient pas en place, sifflote, joue de la flûte traversière, chante, danse et salue son public d’une courbette entre chaque morceau. Le set de Kumisolo offre un mélange détonnant, entre emprunts à la culture japonaise et à la J-Pop et inspiration puisée dans la légèreté et la candeur de la variété française des années 60. La fosse de la Maroquinerie se laisse emporter par l’enthousiasme communicatif des titres de Kabuki Femme Fatale, le dernier album de Kumisolo, dont le pétillant Pop Girl, Ping Pong Machine ou encore Voyage. Joueuse, Kumisolo invite son public à “twister” et le soulève sur Kung-Fu Boy, après l’avoir sollicité au moment de faire souffler à Victor la bougie d’un gâteau d’anniversaire bien mérité.

Au moment où Michelle Blades entre à son tour sur la scène de la Maroquinerie, il est 22h et la soirée bat son plein. Alors que retentissent les premières notes de Politics, on reconnaît immédiatement le style si caractéristique de l’artiste mexicano-panaméenne, dont les doigts virevoltent sur le manche de sa guitare pour produire un riff acéré venu soutenir une performance vocale impressionnante de maîtrise. Sur scène, les yeux des musiciens sont mi-clos, suivant instinctivement les envolées de Michelle et le rythme langoureux de la batterie. On apprend alors avec plaisir que l’album dont sont issus les titres joués à la Maroquinerie paraîtra en 2018. Délicatesse et intensité cohabitent avec bonheur dans un set marqué par le charisme et la présence de Michelle Blades : à Dr Psych et ses explosions saturées répondent le dansant Ring et l’excellent Acid on the Hillside. La fin du concert est extatique et clôt en beauté une soirée d’anniversaire réussie.

Joyeux anniversaire Midnight Special Records !