Parcels, décollage immédiat

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Aujourd’hui est un beau jour. Parce qu’un vendredi est toujours joyeux. Aussi et surtout parce que c’est le jour de sortie d’un album que nous attendions depuis bientôt 2 ans, et qui rythmera dorénavant nos voyages. Parcels by Parcels, décollage immédiat.

Cinq Australiens. Vivant à Berlin. Avec une garde robe à jouer dans Good Morning England. C’est peu dire que Parcels ne passe pas inaperçu. En 2016, leur EP Hideout avait détonné grâce à un cocktail alliant rythmes funk, beats électro et harmonies pop, porté par le sublime single Gamesofluck. En 2017, ils s’associaient aux Daft Punk afin de faire danser les plages du monde entier sur Overnight, titre à l’efficacité diabolique, quoiqu’un peu téléguidé. L’heure était maintenant venue de se lancer dans le grand bain avec leur premier album éponyme, et de répondre à cette question : quelle sera l’arme secrète de Parcels cette fois-ci ?

Les Aussies ont eu la bonne idée de construire cet album comme un live (la grande force du groupe). Il débute donc par Comedown, qui permet un décollage en douceur. Long de 12 titres, il atterrit sur Credits, une outro qui prolonge la suite d’accords de Bemyself en un remerciement musclé des différents collaborateurs par Dean Dawson. Bemyself, justement, clôture cet opus sur une affirmation, « and I know if I’m moving or not, I will be myself » qui démontre une certaine maturité malgré les 20 ans des membres du groupe. Des paroles qui font écho à Lightenup, qui prévient dès la deuxième piste « let it go, cause this is the final product. Drink it a while and call us. Sell it for dimes and dollars. There you go ». En lisant entre les lignes, on comprend que le groupe choisit de faire face aux attentes en s’éloignant légèrement du format radio qui était le sien, sans jamais vraiment oublier les ingrédients qui ont fait leur succès. Pour se faire, Louie (claviers), Patrick (claviers), Noah (basse), Toto (percussions) et Jules (guitare) ont décidé de se produire eux-mêmes afin de cultiver leur singularité en vase-clos, sans s’interdire de s’entourer de nombreux musiciens (flute, vibraphone, violon, choeurs).

Certaines pistes restent dans la droite lignée de ce qu’on attendait du groupe de Byron Bay : une section rythmique diablement énergétique, des harmonies vocales parfaitement maitrisées, une guitare funky à souhait et des synthés qui aèrent le tout : Lightenup, Tieduprightnow, Tape ou Iknowhowifeel garniront les playlists des radios et bars branchés en cette fin d’année.

Autre horizon, surprenant mais bienvenu : les ballades. Jules troque sa Stratocaster rose contre une guitare acoustique, entonne des paroles mélancoliques et le tempo ralentit jusqu’à évoquer le spectre des années 60. C’est le cas de Yourfault, Bemyself mais aussi et surtout de Withorwithout, qu’on écouterait bien en boucle dans une décapotable, au soleil couchant.

Certaines pistes invitent encore plus au voyage, et il est impossible d’écouter Closetowhy sans revêtir une chemise hawaïenne, ou la bien-nommée Exotica sans ressentir une douce envie de partir surfer loin, très loin. Le thème du voyage est d’ailleurs cultivé tout au long de l’album, au rythme des vagues ou bruissements du vent qui servent de transitions entre les morceaux. Reste donc une chanson, définitivement inclassable : Everyroad. C’est notre coup de cœur. Véritable odyssée de plus de 8 minutes, sections parlées et chœurs de la voix de l’Impératrice Flore Benguigui s’y enchainent au fur et à mesure que la musique se dévoile en de nombreux contre-courants et digressions. Idéalement placée en 5ème position, c’est la pièce centrale de l’album, posée là comme un pied de nez aux sons plus formatés auxquels le groupe nous avait habitué.

Tantôt dansant, tantôt touchant, résolument rétro, c’est pourtant le road-trip du futur que nous propose Parcels au travers de ce disque. À seulement 20 ans, il pourrait bien être le point de départ d’une très belle aventure. On vous laisse en profiter, nous on est parti vers un coin de soleil pour l’apprécier dans les meilleurs conditions.

Petit, je pensais que Daniel Balavoine était une femme. C’était d’ailleurs ma chanteuse préférée.