Balade musicale dans Stockholm avec le nouvel album de Kornél Kovács

Tu fais tourner ?
Share on Facebook
Facebook
Tweet about this on Twitter
Twitter
Email this to someone
email

Quoi de mieux qu’un album tout beau tout frais lâché par Kornél Kovács vendredi dernier ? Le producteur suédo-hongrois a sorti son deuxième album Stockholm Marathon sur son label Studio Barnhus. En écoute en boucle, son album a illuminé le week-end tout gris.

Le producteur suédo-hongrois Kornél Kovács a sorti son deuxième album Stockholm Marathon le vendredi 26 avril, sur son label Studio Barnhus, fondé en 2010 avec ses deux potes Axel Boman et Petter Nordkvist. En manque de sa ville natale, Koko – pour les intimes – est retourné s’installer dans son vieil appartement de Stockholm et a commencé à composer son album en septembre 2018 : « C’était une période assez étrange pour moi, écrit-il dans l’introduction de l’album. Et je me suis retrouvé à réfléchir énormément sur cette belle et ennuyeuse ville dont je n’ai jamais réussi à m’éloigner, sur mes relations et expériences passées. » Des morceaux house assez mélancoliques, certains qui vaguent sur la downtempo, un sentiment de voler dans les airs, Kornél Kovács nous montre encore une fois qu’il maîtrise la dance music. Décryptage.

Stockholm en lieu de prédilection

Pour délivrer ce doux album, Koko a combiné les deux choses qui lui procurent le plus de bien : faire de la musique et traîner avec ses potes. Et c’est dans sa ville natale, à Stockholm, qu’il a trouvé l’inspiration et s’est perdu dans la musique pour égayer ses journées chargées de brouillard. Ce qu’on ressent en écoutant l’album une première fois, c’est la bouffée de chaleur qui s’en dégage. Fermez les yeux et imaginez un temps nuageux. Appuyez sur “Play”. Stockholm Marathon est le soleil qui vient illuminer nos 365 jours de grisaille.

L’album s’ouvre délicatement avec Purple Skies et l’on reconnait les voix épurées du duo pop suédois Rebecca & Fiona (Rebecca Scheja et Fiona FitzPatrick), qui se baladent sur les lignes de basses floues et les synthés de Kornél. S’enchaine le morceau Marathon qui d’un coup donne une ambiance plus joyeuse et psychée : les voix des deux suédoises flirtent avec un air de RnB sur un kick bien placé. Une production et un rythme plutôt minimalistes où les voix prennent toute la place. Kornél l’a bien compris : les drums font bouger, les voix restent en tête et l’on se surprend à fredonner. Sur le morceau phare de l’album, Rocks, publié avant la sortie officielle, on retrouve une nouvelle fois le duo.

Les huit titres se coordonnent parfaitement et l’on se laisse charmer par l’ambiance enivrante de l’album. Les mélodies sont audacieuses d’une certaine façon puisque Koko va là où on ne l’attend pas. A chaque légère montée, il remodèle le son et rétablit la situation. Coup de coeur pour l’avant dernier morceau Club Notes, qui laisse un sentiment nostalgique et vulnérable, sur une production raffinée et recherchée. En six minutes, on a le temps de voyager sur des beats électro plus accélérés. Un titre soigné et piquant à la fois. L’album se termine paisiblement sur les vocaux aérés de Baltzar.

C’est à « son cher peuple de Stockholm » que Kornél Kovács attribue le mérite d’avoir fait de ce disque son album le plus collaboratif et personnel. En plus des deux chanteuses suédoises, il collabore avec son ami d’enfance le musicien de jazz Niclas Skagstedt et Matt Karmill pour le mixage. Avec Stockholm Marathon, Kornél nous montre que la house music ne se limite pas à la piste de danse, mais qu’elle s’écoute aussi en journée. Cet album, à la légèreté rare et insolite en dance music, est assez profond émotionnellement d’une part pour ce qu’il livre de la situation actuelle du producteur, et d’autre part pour l’optimisme qui s’en dégage. Et si l’on repoussait le travail à demain et qu’on allait procrastiner sous la couette en écoutant Koko ? Trois, deux, un ? Let’s go !