Slogan scande son électro ciné-club : poésie de l'Hypercentre

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Une femme, un homme, des machines. Histoires de romances contemporaines teintées d’allusions cinématographiques et littéraires, Slogan nous revient ! Le 10 octobre dernier, le duo lyonnais, enfant de Birkin et Gainsbourg, projetait son deuxième EP chez Echo Orange.

Hypercentre successeur à La beauté Du Geste, ce doux voleur de cœur sorti en mars 2017.
Hypercentre, touchant à l’excès les petites cibles que nous sommes.
Hypercentre, quatre titres frissons promettant Slogan à une ascension certaine.

Clémence et Nicolas racontent. Allegra. Il pourrait s’agir d’un traitement à la fexofénadine contre le rhume des foins, du prénom d’une femme sensible, intelligente et communicative, comme nous indique la signification de ces sept lettres. Mais Allegra a décidé de troquer sa sensibilité pour l’indifférence. Amour passionnel radié à coup d’antihistaminique, revers de la médaille pour cet homme à la voix suave, ou jeu de gosse naïf narguant « na na na na na » en cernant sa proie… Allegra est un duel, une torture mutuelle. Excepté pour nous. A l’écho de noms tels que Gainsbarre, Marlène, Pialat, Verlaine, Olympia, Slogan perpétue et étoffe sa signature Électro-Ciné Club fondée sur de grandes références. Contagieuse nostalgie du vieux s’alliant à la fraîcheur du neuf, c’est ainsi que la vapeur du violon effleure les synthés métalliques et vintage. Le tout soigneusement couché sur un rythme retenant corps et âmes en otage. Agrémentée de poésie, du parfait jeu de rôle incarné par les protagonistes, Allegra est une exquise bande originale tourmentée et addictive que nous rejouons assurément.

Scénario désenchanté, le film se poursuit avec L’été houellebecq. Plus cru. Arrogant, à l’image de Michel. Un diamant taillé en pointe pour mieux atteindre les viscères, dévoiler la faille. Souffrant de la même fièvre malsaine, nous dansons au mouvement de ces sonorités récidivistes, ô combien captivantes. Synopsis du clair-obscur d’une saison à l’atmosphère brumeuse, ce deuxième titre se placera aisément au rang des musiques les plus écoutées de nos cellulaires.

3:48, le temps d’accomplir l’impossible. Vite, vite, vite, bien, beau, éthique. Taf reflète le continuel vice de la société. Sous forme de listes non-exhaustives, Slogan se soumet, l’air de rien, aux dictâtes de nos petits cerveaux trop pressés. Tempo accéléré, piano et percussion aux accents presque latino annoncent les prémices du pétage de câble. Le burn-out à la porte, profitons de l’instant pour rouler des hanches, les yeux clos, sur cet hymne au lâcher prise. « Partir seule et voir le monde » ou « Avoir huit ans, parler mal à tout le monde » ? La réponse est sans équivoque, notre Taf c’est le replay.


Last but not least, Hypercentre. Direction le quartier le plus animé, direction le coeur. Pourtant séduisant… Faute de jouir de ses tentations, Slogan nous ouvre le sien. Assombris par nombre de nuits insignifiantes, deux noctambules à fleur de peau menacent de mettre fin à leurs existences désuètes. Une onde couvée, des émotions refoulées, des murmures. Puis une cadence plus piquante infiltre nos membres. Un harmonieux agrégat mélodique nous remue, nous embrouille. Slogan chante à nu. Rengaine au climax scandant le ras-le-bol des jeunes écervelés et de leurs musiques incompréhensibles, c’est un coup de gueule déclaré à qui veut bien l’entendre. Une sérénade amer. Exit la comédie, exit le cinéma ; « ce soir, ça va pas » !

Pour s’agiter avec Slogan et son Hypercentre joliment révolté, décriant nos facettes « trop » peu humaines et nos tortures introspectives sur fond d’électro hypnotique, rendez-vous le 10 mai à la salle Léo Ferré (Lyon). En attendant, laissons-nous charmer par le magnifique artwork rouge sensuel qui n’a pas fini d’envahir les plateformes de streaming et les disquaires (si si… ils ne sont pas encore fossiles).