Awir Leon, le calme et la tempête

Tu fais tourner ?
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Awir signifierait “ciel” en gallois, d’où cette voix céleste et ces mélodies nébuleuses. Mais accorder les mérites d’une telle qualité artistique à un pseudonyme serait réducteur, surtout lorsqu’on a affaire à un artiste à l’histoire aussi riche. François Przybylski, de son vrai nom, est un véritable enfant de l’art. Baignant dedans depuis son plus jeune âge, sa mère l’initiera au monde de la danse grâce auquel il imprègne son adolescence d’influences musicales diverses, de la New Soul au monde du hip hop. À 18 ans seulement, il croise la route du chorégraphe Emmanuel Gat avec qui il co-signe la pièce Sunny en 2016. Une dizaine d’années passées à exploiter sa créativité qui éveillera en François une certaine étincelle. De toutes ses expériences, ses rencontres et ses influences naissent une entité musicale, comme une personnification des états d’âmes du jeune homme : Awir Leon.

L’artiste voit ce personnage comme “une plateforme qui lui permet de faire différentes choses” et il faut dire qu’il en fait, des choses. Mieux que ça : de belles choses. Giants, paru en 2016 sous le label Nowadays Records, renfermait 10 précieuses douceurs aux reflets d’electronica expérimentale. Un voyage dans l’univers si particulier de ce compositeur envieux de casser les codes, à l’image de ses modèles artistiques. Au croisement entre un Chet Faker, un Woodkid et un James Blake, Awir Leon sait cependant se défaire de ces comparaisons pour livrer une identité artistique propre à lui, comme sur son somptueux Maybe We Land ou encore le planant Sitting So High.Trois ans plus tard, il revient faire opérer sa magie avec Rain, un premier titre issu de son prochain album à paraitre chez Alter K et qu’il tease avec élégance dans une session live intense et captivante.

‘C’est la sensation après la tempête, quand tu l’entends encore, mais tu sais que tu es sorti du danger, et tu vois avec plus de recul.’

Si le premier album d’Awir Leon s’aventurait sur des textures très électroniques, il semble ici s’approcher davantage de sonorités plus acoustiques voire organiques. Jouant de ses charmes au piano, on le retrouve ici accompagné d’un véritable collectif artistique. It takes a village comme on dit. Cela fait aussi écho à la conception de ce nouvel album durant laquelle Awir a pu compter sur un véritable réseau contrairement au précédent qu’il a produit seul. On retrouve ainsi son frère Sylvain à la basse, avec qui il partage un intérêt commun pour la musique. Une affaire de famille donc et une symbolique toute particulière de voir ces deux frères allier leur passion pour la musique. L’artiste Gaspard Claus s’invite aussi au violoncelle pour faire planer une certaine intensité sur la prestation, débutant avec un solo presque cacophonique qui s’inscrit comme une métaphore à ces torrents dont il est question dans les lignes de Rain. Viennent alors les éclaircies, le calme après la tempête avec les percussions d’Abraham Diallo et les clappements de mains frénétiques des chorégraphes Aurélien Collewet et Matthieu Corosine qui usent de leurs mains comme de vrais instruments à part entière. Captivante et efficace, la session vient habiter le Conservatoire de Dunkerque, ville d’origine de l’artiste, et le faire vibrer aux rythmes de cette hymne vacillant entre la douceur et la clameur. Véritable découverte à suivre à la loupe, Awir Leon n’a pas fini de nous emporter aux quatre coins de ses rêves éveillés.