Billie Eilish, la pop star embryonnaire

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Devenue virale sur le web grâce à la présence de son morceau Bored sur la bande originale de la série Netflix 13 Reasons Why, Billie Eilish dégaine son premier EP « don’t smile at me » et montre qu’elle a déjà tout d’une grande. Portrait de cette ado qui sait déjà exactement où elle veut aller.

Encore inconnue il y a un an et demi, la jeune californienne Billie Eilish ne cesse d’accroître sa visibilité sur les réseaux. Après avoir posté son premier morceau Ocean Eyes sur SoundCloud en 2016 et sorti son deuxième, intitulé Bored, pour la BO de la série Netflix 13 Reasons Why, la jeune fille a vu sa carrière prendre son envol. Du haut de ses quinze ans, elle est maintenant signée chez Interscope Records, aux côtés de Lana Del Rey et Lady Gaga, rien que ça.

La demoiselle a beau avoir commencé sa carrière musicale à treize ans, sa voix cristalline n’en est pas moins déjà maitrisée. Préférant s’enfermer dans une chambre avec son grand-frère producteur et co-auteur pour composer que de collaborer avec des inconnus, la chanteuse continue son ascension en balançant son premier EP, don’t smile at me. Le premier single, Bellyache (qui a d’ailleurs déjà été remixé par les doigts de fée de Marian Hill) la plonge dans la perspective narrative d’une psychopathe. La jeune fille mélange prodigieusement beats de tropical hip hop, rythmes de guitare acoustique et thème sordide. Les contrastes sont nombreux sous sa plume, elle aborde aussi bien des maux de ventre et du chewing-gum qu’un séjour en prison. Elle allie une absurdité comique à un registre pop gore, à la manière d’un film de Tarantino. Ce contraste est d’autant plus accentué avec l’esthétique chaude de son clip épuré. Rien d’étonnant pour la collégienne qui dit avoir un attrait particulier pour le design.

Au travers des six titres inédits de don’t smile at me, la jeune fille aux lyrics poétiques parle d’amour non-réciproque, de rupture, de relations nocives, de manque de confiance en soi et de problèmes de notoriété. Alors qu’elle est pressentie pour être la nouvelle it-girl de la pop music selon le magazine Vogue, les sonorités qui l’accompagnent pourraient rappeler une certaine Lily Allen à l’époque de The Fear et les mots qu’elle susurre seraient susceptibles de nous ramener à l’univers enfantin de Melanie Martinez. Dans COPYCAT, la Californienne montre sa détermination et règle ses comptes avec les imitateurs qui pourraient la copier en scandant « you’re italic, i’m in bold » en référence aux styles typographiques, se décrétant « bold » alors que les autres ne seraient qu’« italic ». Au fil de watch, la poupée blonde blâme un amoureux pour l’avoir séduite sans avoir eu pour ambition de l’aimer avec « i’ll sit and watch your car burn with the fire that you started in me ». Que la petite traite d’aventures personnelles ou qu’elle esquisse des paroles sur des situations fictives, elle sait y faire avec les mots et avec sa voix. Elle débutera sa première tournée aux Etats-Unis à l’automne et on a hâte de voir le chemin qu’elle va parcourir d’ici à ce qu’elle vienne conquérir les scènes européennes.

Crédit photo : Jack McKain.