Fabulous Sheep: faire du rock pour s’échapper d’un quotidien monotone et asservissant

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A l’heure où l’esprit du punk rock semble renaître de ses cendres, où des artistes tels que Julian Casablancas et ses Voidz (« Tyranny »), Carl Barât et ses Jackals (« Let it Reign ») ou même Muse (sortie de« Drones » pour le 9 juin 2015) dédient un album à la dénonciation d’une société asservie, sous contrôle, où un duo enragé comme Slaves se retrouve signé sur la major EMI, nous pouvons dire que quelque part, il reste de l’espoir, que l’authenticité, le chaos et les prises de position tranchées seraient presque à la mode. La différence avec le reste, c’est que la colère est une mode qui ne passe pas et qui traverse les époques, même la nôtre. Et plus on nous fout des voix « autotunées » et compagnie sur la compilation des hits de l’été, plus le naturel et l’humain apparaissent comme un contrepoids presque militant. Militant pour la survie de l’expression libre du cœur, des corps qui transpirent sur scène, bref d’une musique et d’un monde qui ont du fond et respirent la vie. Dans cette catégorie, je demande le groupe biterrois Fabulous Sheep, au nom déjà très explicite.

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« “Fabulous” et “Sheep” sont deux mots qui semblent se contredire, sorte d’oxymore… “Sheep” représente la société de nos jours, un troupeau aseptisé, aliéné, qui suit aveuglement le mouvement ». Pas de doute, ces jeunes-là ont bien quelque chose à dire, et les couplets de « l’Entreprise », morceau en français de leur récent EP éponyme, donnent le la. Forcément, je ne peux m’empêcher de penser à Noir Désir (même si les Fabulous chantent davantage en anglais qu’en français) et c’est tant mieux car Noir Désir nous manque.

« Déja tôt ce matin,
Entre 4 murs, dans un bureau
Je traîne mes rêves au quotidien
et traîne mes rêves comme un fardeau

Déjâ tôt ce matin,
Je m’accroche à cette vie
Je tire sur ma corde, en vain
Tous les jours, apprends à dire oui »

Nos chansons se veulent porteuses d’espoir et d’envie. L’envie de se démarquer, de quitter le troupeau, prendre sa vie à main, bâtir sa propre ville, de passer à l’acte ou de foutre le camp.” Et si la direction à suivre était celle de ne pas suivre, justement ? Aucune règle ni chemin prédéterminé si ce n’est de ne pas bafouer ses rêves. Défendre un idéal sans jamais baisser les bras. Quand on leur demande ce qu’est un groupe de rock en 2015, on se rend compte que leur ambition est clairement autre que gratter bêtement des guitares pour être cools, même si la passion qui les anime les fait gratter fort « Éveiller, faire rêver, créer une ligne de fuite, inviter à la réflexion, proposer quelque chose d’autre. Quelque chose d’authentique, sincère ».
Oui, y mettre de l’âme et de la profondeur devient presque un trait d’originalité, un petit plus (gros plus?) mais ce qui fait la différence, c’est quand à ça viennent s’ajouter la forme et la musicalité, et à en écouter « Lose Control », sans aucun doute le single de l’EP, on comprend que le groupe a quelque chose de remarquable.

Si l’avenir du rock se trouve dans le live, et c’est ce qui semble arriver avec la crise du disque, les Fabulous  Sheep assurent leurs arrières de ce côté là en livrant à chaque concert (dans des salles pleines) un set énergique, efficace, presque urgent et crucial, comme si c’était la dernière fois qu’ils jouaient. Et mis à part Deportivo, je n’ai pas vu de groupe français y mettre autant les tripes depuis longtemps.
Fabulous Sheep, c’est un rock à la fois humble et généreux porté par des textes intéressants et une hargne incontestable. A ne pas louper lors de leur actuelle tournée :

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