Les clips de la semaine #54

Tu fais tourner ?
Share on Facebook
Facebook
Tweet about this on Twitter
Twitter
Email this to someone
email

Les clips de la semaine, c’est votre rendez-vous du dimanche. Pour faire passer votre gueule de bois et pour adoucir votre week-end, on vous sélectionne les clips qui ont fait l’actu de ces derniers jours. Les clips de la semaine épisode 54, c’est maintenant !

O.R.A. – Heavenly Body

O.R.A. pour Organic Random Atmsophère, O.R.A. pour des mélodies oniriques et enivrantes à souhait. O.R.A. pour la plus belle promesse de la dream-pop alternative à la sauce belge. Le quintet bruxellois continuait cette semaine de nous faire découvrir ses multiples univers avec un clip divin aux saveurs de chamanisme. Toutes les sensations très spirituelles retrouvées sur leur premier album Of Paint and Gold se retrouvent ici compressées dans quatre minutes d’évasion qui nous racontent le passage vers l’au delà. Une thématique abstraite abordée avec poésie et métaphore : celle du feu, des arbres, de l’eau. Cette nature qui, sous toutes ses formes, nous ramène à ce rapport si inspirant qu’entretient la vie avec la mort. À découvrir absolument.

Tennis – Need Your Love

Retour vers le futur. Si vous ne connaissez pas encore Tennis, préparez vous pour l’anachronisme le plus mélodieux du moment. Le duo est composé de Patrick Riley et Alaina Moore, mariés pour le meilleur et pour la musique. Mélangeant savamment une indie pop solaire à un rock débordant de nostalgie,  la musique des deux mélomanes a un pied dans les années 70 et l’autre dans un 2020 bien moderne. Cette semaine sortait Need Your Love, une chanson d’amour mouvementée qui fluctue entre différents rythmes, symbolisant les hauts et les bas de nos amourettes les plus marquantes. C’est Luca Venter que l’on retrouve aux commandes du clip. Réalisateur hors-pair et proche collaborateur du groupe, il parvient avec une justesse folle à cristalliser cet esprit sauvagement rétro et mettre en valeur le mauvais goût de ce fard à paupière bleu qui se transforme instamment en must-have de cet hiver. Le vintage n’a jamais été aussi classe qu’avec Tennis. Leur premier album Swimmer sortira le 14 février et nous n’aurions pas pu rêver mieux comme Valentin et Valentine. 

Mura Masa – Teenage Headache Dreams (feat. Ellie Rowsell)

Mura Masa s’est réinventé. Ce n’est d’ailleurs pas ce nouveau single qui viendra dire le contraire. Le producteur Londonien continue de teaser son album R.Y.C. avec un nouvel extrait des plus convaincants. Résolument plus rock (voire punk avec Deal Wiv It), la nouvelle musique d’Alex Crossan donne à voir une facette plus instrumentale de son registre. Fini les notes bouncy électroniques et les sons de marimba ensoleillés qui faisaient la gloire de son premier album éponyme tant apprécié. Pour ce nouvel élan de créativité, c’est accompagné d’Ellie Rowsell (du groupe Wolf Alice) qu’il revient conter les houles de la jeunesse dans un clip captivant. Le décor grisâtre d’une aire d’autoroute abandonnée accueille une chorégraphie vibrante entre deux corps qui se cherchent, s’éloignent, se serrent et se déchirent. C’est l’ambivalence des sentiments adolescents qui se personnifie dans les gestuelles abstraites de ces deux danseurs. L’outro nous offre un spoken words chimérique de Rowsell qui intensifie davantage ce morceau étonnamment mélancolique qui prouve la versatilité de l’univers musical de Mura Masa.

Agnes Obel – Broken Sleep

Juge-t-on une musique à sa virtuosité ou à sa capacité à nous transcender ? Dans un cas comme dans l’autre, Agnes Obel signe un retour gagnant. Une voix ésotérique sublimée par des images abstraites suffisent à nous transporter ailleurs dans une infinie douceur. On entend souvent parler de Radiohead, Alt-J ou Sigur Ros, mais ces quelques lignes de violoncelle qui ondulent autour d’une plaidoirie vocale saisissante rappellent que l’auteur-compositrice danoise perpétue la tradition  européenne de compositions poignantes et introspectives. On ne saurait pas trop quoi vous dire de plus, si ce n’est vous conseiller de l’écouter allongé quelque part, les yeux fermés, pour un sentiment de lévitation. Douceur infinie.

Mac Miller – Good News

C’est le premier titre posthume de Mac Miller. La chanson est d’une beauté rare, autant au niveau de la production que des paroles. Le premier mot qui nous vient à l’esprit ? Apaisant. Le clip y ajoute un sentiment particulier. Par les illustrations, les gifs et photos de Mac,  il fascine jusqu’à la dernière seconde. Bien plus qu’un single, c’est un hommage de sa famille et ses amis. On est plongés dans l’univers du rêve, dans les contrées cosmiques de sa musique. “There’s a lot more for me waitin’ on the other side”. Effectivement, l’artiste a encore plein de belles choses à nous offrir puisque nous auront l’occasion d’entendre sa douce voix sur l’album Circles qui sortira le 17 janvier prochain. En attendant, on se laisse transporter par Good News, encore quelques fois.

Other Lives – Lost Day

5 ans. 5 ans qu’on n’avait plus rien reçu de nouveau de la part des troubadours multi-instrumentistes d’Other Lives, même pas la petite carte de vœux traditionnelle. Et puis cette semaine, Lost Day est venu rompre le silence radio. Le premier single de leur prochain album, For Their Love (à paraître le 24 avril chez PIAS) est carrément une invitation à passer à la maison ! Et voilà qu’on se retrouve dans un ascenseur imaginaire, contemplant la tête pensante chevelue Jesse Tabish et son groupe à l’œuvre dans son salon. Ce salon original forme de “A”, et plus particulièrement cette maison, est un élément central de ce nouveau disque. For Their Love a été auto-produit dans cette cabane en bois où Tabish vit avec sa femme Kim, au cœur de la région de Cooper Mountain dans l’Oregon, à une demi-heure à l’ouest de Portland. Un cadre bucolique qui a permis au groupe “d’éviter l’excès de finition tout en essayant de capturer quelque chose de plus instantané”. Musicalement, on se retrouve avec plaisir comme si on s’était quittés hier, tels de vieux potes. Leur folk rock se fait ici effectivement plus direct mais est toujours soutenu par cette orchestration parfaite dont ils ont le secret. Entourés d’instruments d’antan, la visite nous laisse un sentiment délicieusement vintage et forestier. Vivement avril et le retour des beaux jours.

Fontaines D.C. – Liberty Belle

Certains artistes entrent dans une toute autre dimension en live. C’est certainement le cas des irlandais de Fontaines D.C., qu’on ne présente déjà plus. Avec près de 150 dates autour du globe en 2019 au compteur, les lads de Dublin en ont vu. Ils nous servent ce condensé d’énergie brute qui caractérise leurs concerts dans la nouvelle version vidéo de Liberty Belle, tiré de leur début Dogrel, sorti il y a bientôt un an. Nouvelle version car il en existe une autre, datant de 2017 déjà. Datant d’une époque où les gaillards étaient étudiants et écumaient les pubs pour finir inlassablement au bien nommé Liberty Belle. “On voulait faire cette (nouvelle) vidéo car tellement de choses ont changé et tellement de temps a passé depuis l’originale”, expliquent-ils sur leur Facebook. Leur vie est maintenant faite de salles pleines, de backstages, de pied-à-terre à travers le monde et de pas mal de nouvelles têtes croisées dans les pogos de leur public. Si vous les avez vus sur scène cette année, vous êtes peut-être dans ce clip.

Pongo – Canto

Après les premières notes dans la nuit, la caméra de Felix Dol Maillot nous emmène direction Pongo et son soleil qui nous émerveillent. Ces escaliers symétriques qui tantôt nous font monter jusqu’au ciel, à l’image de sa musique, et tantôt sont posés comme une œuvre architecturale, véritable piédestal qui élève l’artiste. Ils reflètent les rayons du soleil et sa voix dans le creux de nos oreilles. « Venga mi cariño » avec cette phrase, c’est sûr qu’on va la suivre sur son Mambo ou son Kuduro, qu’elle danse toujours à merveille pour nous faire rêver d’elle ! Qu’on la suive au bout du monde cette pépite Angolaise : sur la plage, dans la rue ou dans ses clips. En tout cas, « me encanta tu musica », et en Belgique on l’attendra !  

Marc Rebillet – How To Funk In Two Minutes

Premier Marc Rebillet de l’année ! Le fantasque producteur démarre cette décennie comme il a terminé la dernière, à base de vidéos enregistrées dans des chambres d’hôtels aux quatre coins du monde. Armé de son synthé, de sa loopbox et de son peignoir, il a pour habitude de joindre humour et virtuosité pour notre plus grand bonheur. Cette fois-ci, c’est un véritable tutoriel qu’il nous adresse : comment faire du funk en deux minutes ?

Vu selon ses yeux, la réponse semble évidente:  un shaker, un petit synthé, et une basse bondissante suffisent à faire bouger les popotins les plus récalcitrants. Pour les néophytes, on vous recommande ses différentes perfomances à mi-chemin entre Jacques et PV Nova. Tout ça pour dire que si le showman américain garde son cap, on peut s’attendre à de sacrées vidéos cette année !

070 Shake – Guilty Conscience

La jeune rappeuse du New Jersey, encore méconnue du grand public il y a quelques années, s’était fait une place de reine dans nos playlists urbaines après des présences remarquées sur le Ghost Town de Kanye West, le Daytona de Pusha T ou encore le Nasir de Nas. Mais, comme prouvé par son EP Glitter paru en mars 2018, l’étoile montante de la poésie brutale n’a besoin de personne pour briller. Chose qu’elle prouve amplement à l’approche de son album solo Modus Vivendi. Après avoir partagé 3 premiers tracks alléchants, c’est Guilty Conscience qui s’offrait cette semaine un clip réalisé par Lauren Dunn, réalisatrice déjà chargée du clip d’Under The Moon, autre incontournable de cet opus à venir. Une image argentique délicieuse dépeint alors des récits d’infidélité, dépeignant avec poésie et brutalité cette tare sentimentale. L’album est prévu pour le 17 janvier et les médias du monde entier s’accordent d’ailleurs déjà pour prévoir ce nouveau disque comme la “version emo-rap de The Dark Side Of The Moon des Pink Floyd”. Rien que ça.