Nos albums coups de coeur des années 2010

Tu fais tourner ?
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L’an 2020 a débuté depuis quelques jours déjà. Au sein de La Vague Parallèle, chaque rédacteur a été marqué au fer rouge par un album durant ces dix dernières années. L’occasion de revenir en ce début 2020 sur les albums fondamentaux des années 2010 qui ont marqué notre historique musical. Bien que chaque rédacteur ait ses propres raisons pour définir son “coup de coeur”, il s’agit là des albums que chacun emportera avec lui dans les années 2020. Considérez cet article comme notre galette des rois à nous, mais avec plusieurs fèves. Un régal musical.



Kendrick Lamar – To Pimp a Butterfly (2015) Amira

Nous sommes en mars 2015 et To Pimp a Butterfly, second album de Kendrick Lamar vient de sortir. Bien différent de good kid, m.A.A.d city, son premier album, To Pimp a Butterfly s’élève rapidement comme un des meilleurs projets de l’année. 

Les crépitements d’un vinyle, le son qui augmente petit à petit… l’introduction de To Pimp a Butterfly est majestueuse : elle introduit un album jazzy, mais aussi hip-hop, et aux influences soul. Wesley’s Theory introduit aussi aux thèmes de l’album : l’inégalité raciale et le racisme. Des revendications récurrentes qu’on retrouve dans les différents singles de l’album : que ce soit dans l’incroyable King Kunta ou These Walls. La première partie de To Pimp a Butterfly se termine avec Alright, single repris par le mouvement Black Lives Matter pour son engagement et son message politique. Effectivement, durant de nombreuses manifestations qui ont fait trembler les États-Unis l’été 2015, les manifestants ont clamé de nombreuses fois “We gonna be alright” en choeur. 

L’impact de To Pimp a Butterfly est fort, indéniable. Cet album est plein d’ambition, orchestré morceau par morceau. Ce second major album découle du génie de Kendrick Lamar, qu’il sera impossible de contester en cette année 2015. 4 ans plus tard, To Pimp a Butterfly survit et reste plus que jamais actuel.


Father John Misty – Fear Fun (2012) Capucine

Premier album de Father John Misty après Fleet Foxes, pour ne révéler qu’un esprit plus déchainé qu’il n’y paraissait sous la casquette du batteur. C’est une révélation, produit de Tillman et de son pote Jonathan Wilson, de Funtimes in Babylon à Every Man Needs a Companion, l’album est un pur chef-d’œuvre par son éclectisme comme son nom l’indique, entre l’amusement et la peur. 

On retrouve Nancy From Now On, où pour rappel, dans le clip, il joue la victime de sa femme Emma Elizabeth Tillman vêtue de latex, ce qui ne fait que renforcer sa passion. Il y a ensuite Hollywood Forever Cemetery Sings avec Aubrey Plaza qui adore être cruelle. Cet album est en quelque sorte une ode à la femme au caractère affirmé. 

Il montre également les fêlures d’un homme qui se camoufle sous une nuée de sarcasme et de trémoussements avec I’m Writing A Novel ou Well, You Can Do It Without Me. La fin de l’album est bien plus proche de la folk traditionnelle dans l’exercice, avec par exemple, Now I’m Learning To Love The War, ou This Is Sally Hatchet, digne d’un Leonard Cohen dans son lyrisme (poke : Only Son Of A Ladies Man). C’est un album qu’on ne se lasse pas d’écouter et qui ne prend une ride.

Bonus pour la pochette qui est génialement réalisée par Dimitri Drjuchin.


Solange – A Seat at the Table (2016) Diego

Le 30 septembre 2016, ni vu ni connu, Solange Knowles sort son troisième album. Et on ne s’attendait pas à la claque musicale qu’on allait se prendre avec A Seat at the Table. Il faut dire que ses deux premiers albums laissaient indifférents et que l’EP True sorti en 2012 (même s’il comportait les réussis Losing You et Lovers in the Parking Lot) nous laissait sur notre faim. Alors qu’en avril 2016 sa sœur Beyoncé réaffirme son titre de “Queen B” avec l’album Lemonade, Solange s’en fout. Elle a fini son album, il doit sortir. Elle prend le risque et nous offre cette pépite musicale en septembre de la même année : le pari est réussi ! 

Enregistré en Louisiane, l’album est un champ d’expérimentation musicale pour Solange. Dans un style qui n’est pas sans rappeler celui d’Erykah Badu, elle s’essaie à différents genres avec brio (néo soul, funk, RnB, jazz) pour nous faire asseoir à sa table et nous faire comprendre ce que vit une femme black dans la société actuelle : joie, colère, lassitude, paix, peine, différence et espoir. Mais ce qui impressionne surtout, c’est la manière dont elle aborde ce thème : sans artifices, avec délicatesse et justesse, calme et sérénité. Et c’est ce que l’on retiendra des titres Cranes in the Sky et Don’t Touch My Hair, pour lesquels elle a collaboré avec la photographe barcelonaise Carlota Guerrero. Elles opposent à ce message émotionnel et sociétal fort une esthétique minimaliste et intimiste. Une pure virtuosité sonore et graphique qui marquera les années 2010 et la carrière de la chanteuse : elle n’est plus “la soeur de Beyoncé”, mais S-O-L-A-N-G-E, artiste à part entière, reine de la néo soul. On serait même tentés de l’appeler “Queen S”


RY X – Unfurl (2019) Hugo

Véritable hymne à la pureté musicale, RY X nous comble une seconde fois depuis ses débuts en 2013 d’un album sublime qui déborde d’émotions. Après un premier EP qui annonçait déjà largement la couleur de l’artiste, c’est en 2016 qu’il sort son premier album Dawn, tout aussi sublime. C’est en 2019 qu’il a décidé de revenir avec Unfurl et quelle surprise. Équilibre exceptionnel entre guitare acoustique, piano et beat ondulant, RY X arrive une nouvelle fois à nous plonger dans un univers de quiétude qui nous fait voyager à travers sa musique passionnément intimiste.

Plus construit esthétiquement que son premier album, on peut y trouver des titres comme Body Sun ou Fumbling Prayer, qui arrivent à nous hypnotiser en quelques minutes. C’est avec le clip de YaYaYa, cinquième titre de l’album, que RY X se rapproche une nouvelle fois de la perfection.

Découvert en 2013 avec son titre Berlin, qui dépasse aujourd’hui toutes les attentes de l’artiste, RY X ne cesse de nous donner la chair de poule titre après titre. Après une tournée à travers le globe de presque 2 ans venant tout juste de se terminer, nous attendons de voir avec impatience ce qu’il nous réserve pour les années à venir. Une chose est sûre, on risque de ne pas être déçu.

Pochette album RY X


Tame Impala – Currents (2015) — Victor

Tâche ô combien compliquée de définir l’album de la décennie. Commençons déjà par trouver qui pourrait bien être l’artiste le plus marquant des années 2010. Et Kevin Parker – aka Tame Impala – symbolise cette époque à merveille par sa capacité à réinventer le rock à l’heure où d’autres styles musicaux prédominent. Après le lo-fi Innerspeaker en 2010 et la consécration psychédélique Lonerism en 2012, son véritable chef-d’œuvre sera Currents, un disque qui retournera tout sur son passage en 2015. Était-ce du rock ? De l’électro ? Du R’n’B ? Au fond, peu importe. L’album divise les fans, mais il a le mérite d’être profondément nouveau.

D’un perfectionnisme maladif, Kevin Parker aura passé des mois à polir ses idées dans son studio, face à l’océan. Et ça donne un disque débutant sur Let It Happen, une chanson de sept minutes totalement hors-format mêlant falsetto hippie, beats à la Daft Punk et riffs incisifs que n’auraient pas reniés les Beatles. Un titre qui précède une farandole de perfection, que ce soit sur des tubes sexy comme The Less I Know The Better, The Moment et New Person, Same Old Mistakes ou des ballades touchantes comme Eventually, Past Life mais surtout, surtout Yes I’m Changing.

Cette chanson, mieux que toute autre, aborde sans faux-semblant le déchirement que chacun peut ressentir au moment de devoir tourner le dos à une certaine vie pour avancer vers une nouvelle, thème principal de l’album. Inspiré par son départ de France pour revenir à son Australie natale, c’est un disque qui s’écoute en contemplant des attaches que l’on doit se résoudre à quitter – peut-être à contre-coeur – pour entamer un nouveau chapitre. Si un album de la décennie est forcément subjectif, Currents, par sa beauté autant que par son franc-parler, aura su toucher le cœur de bon nombre d’entre nous tout en secouant le game en terme de production. Ce n’est pas un hasard si, depuis, Lady Gaga, Mark Ronson, Rihanna, A$AP Rocky ou Kanye West se l’arrachent.


Lana Del Rey – Born To Die : The Paradise Edition (2012) Capucine

L’édition a son importance, même si la première édition de Born To Die dévoile Lana au grand public, avec Video Games, la chanson qui hante encore tout le monde aujourd’hui. Pourtant, elle ira au-delà de ce tube. Il y a le titre éponyme de l’album, réutilisé dans Mommy de Xavier Dolan, ou encore Blue Jeans : des visuels monstrueux. Ensuite, Summertime Sadness remixé par Cédric Gervais, en boucle dans les clubs, cet album a touché tout le monde d’une manière spécifique.

Cependant, la VRAIE Lana n’est pas dévoilée. C’est dans cette Paradise Edition que l’on retrouve l’esprit créatif et la véritable æsthetic du génie. Cette ère est particulièrement aboutie et travaillée. Certains diront qu’elle était fausse et manquait d’authenticité avec l’édition précédente. En fait, c’est tout le contraire, elle s’est appropriée différentes composantes de l’American Dream à base de montages rétro, d’images lisses et idéalisées par un grand nombre avec American ou Cola par exemple. 

Pourtant, Lana révèle le désespoir d’une nouvelle Lost Generation, avec Ride en particulier. Le court-métrage Tropico (2013) comprenant Body Electric, Gods and Monsters et Bel Air, en plus d’être une claque visuelle, reprend l’idée du péché et de la rédemption dans une mise en scène en compagnie de Shaun Ross à couper le souffle. Si les autres albums de Lana Del Rey sont très bons, celui-ci tire son épingle du jeu par sa révolution.


Arctic Monkeys – Tranquility Base Hotel & Casino (2018) Océane

La tâche la plus difficile pour un groupe à la renommée internationale est de parvenir à décoller les étiquettes qui ne lui adhèrent que trop bien à la peau tout en conservant cette admiration parfois excessive que ses fanatiques lui portent. Complexe mais pas insurmontable.

Il y a presque deux ans désormais, les lascars de Sheffield nous teasait un retour inespéré après un hiatus interminable de cinq années et une divine offrande au monde de l’indie rock : AM. Dans la continuité de cette discographie inestimable sort Tranquility Base Hotel & Casino en mai 2018, un disque surprenant de prime abord mais surtout taillé à la perfection et pour lequel Alex Turner a usé de son audace et tracé sa route hors des sentiers battus sans se retourner ne serait-ce qu’un millième de seconde. Pour cet opus, le chef de bande a fait un grand plongeon dans l’ère des seventies, une ère où Gainsbourg et Bowie régnaient en maîtres et dont les influences ne sont plus qu’évidence. Il y puise ainsi son inspiration pour nous délivrer des titres relativement jazzy, groovy et rétro à souhait, des titres où le piano semble prendre une place plus importante que d’ordinaire. Bien que chacun des onze titres de Tranquility Base Hotel & Casino soient d’une justesse et d’une qualité imperfectible, on retiendra quelques morceaux qui auront réussi à nous faire frissonner dès la première écoute, des morceaux d’une élégance sans pareil et plus harmonieux qu’aucun autre. Parmi eux, le délicat The World’s First Ever Monster Truck Flip, le lancinant The Ultracheese ou encore le magnétique Four Out Of Five. En bref, voilà ici un énième album que le génie incompris de Turner aura réussi à élever au rang des grands classiques du quatrième art. Sans surprise.


Janelle Monáe – The Archandroid (2010) Gaston

The Archandroid de Janelle Monáe est mon album préféré de cette décennie, car il marque avant tout mon entrée dans le monde de la “musique dure”, ce monde un peu réservé aux initiés qui te fait écouter 200 albums sur une année et qui t’isole complètement du reste de tes connaissances ! On peut donc dire que j’étais un peu un puceau lorsque je me suis pris dans les oreilles cet album-concept de près de 70 minutes, comprenant 2 suites, 18 morceaux racontant la vie et les amours de Cindy Mayweather, une androïde devenue Messie de sa communauté.

Les deux suites commencent par de réelles ouvertures symphoniques pour se clôturer par les deux mastodontes que sont Mushrooms & Roses, un ovni rock soutenu par une Janelle à la voix transformée, et BaBopByeYa, une fresque lyrique de neuf minutes qui nous laisse sur les genoux. Entre les deux, vous trouverez des singles imparables (Tightrope, Cold War) et principalement du RnB teinté de rap, de soul ou de funk traversé par des moments de rock psychédélique ou de chœurs religieux. Le véritable tour de force de Janelle Monáe aura été de réunir tous ces genres et toutes ces idées dans un seul projet cohérent sans être prétentieux ou indigeste. Cela fait bientôt 10 ans et des milliers d’albums écoutés depuis la sortie de The Archandroid, et je ne m’en suis toujours pas remis.

 


Frank Ocean – Blonde (2016) Flavio

Début de la décennie, le monde de la musique accueillait en ses rangs l’esprit ingénieux d’un artiste RnB pas comme les autres, qui prouvait déjà par ses brillants Nostalgia, Ultra et Channel Orange qu’un genre musical n’était pas réduit aux clichés qu’on lui accordait, et que tout se réinventait. Frank Ocean le réinventeur, voilà un surnom qui lui colle à la peau. En 2016, il réinventait la façon de sortir un album. Exploit magistral avec la sortie non pas d’une, mais de deux pépites : Endless et Blonde à seulement un jour d’intervalle.

Entre collaborations d’exception (Beyoncé, Andre 3000, Yung Lean) et autres expérimentations rythmiques et mélodiques renversantes, l’album nous emmène à la rencontre d’un RnB plus refaçonné que jamais. La première écoute n’est pas la plus confortable, l’oreille attentive est forcément de mise pour pouvoir capter les différentes complexités du registre de Frank Ocean. Un disque sur lequel on retrouve avec admiration l’une des marques de fabrique de l’artiste : le beat switch. Par le passé, sur son morceau Pyramids, le visionnaire avait déjà implanté deux atmosphères musicales bien distinctes en un seul morceau, mais le passage de l’un à l’autre rendait la track longue de plus de 9 minutes. Pour Blonde, il fallait miser sur des transitions plus courtes. C’est ainsi qu’on a vu apparaître la transition par le chaos, qu’Ocean reprendra au légendaire tube A Day In The Life des Beatles (à 4:10) et qui va lui permettre de scinder les merveilles Pretty Sweet ou Nights, générant un inconfort artistique novateur qui finira par plaire. Du génie.

L’univers de ce nouvel opus est plus brumeux, presque onirique avec des balades frissonnantes telles que White Ferrari, coup de coeur de cette sortie. Niveau thématique, Frank ne se casse pas la tête : c’est l’amour. L’amour pour ses conquêtes, l’amour pour ses proches, l’amour pour lui-même, l’amour pour la musique. L’amour et puis c’est tout.


SCH – A7 (2015) Paul-Louis

Cette décennie a été particulièrement riche en rap et a permis à ce genre, souvent critiqué, de toucher beaucoup plus de monde. SCH est l’une des nouvelles révélations de ces dernières années et s’est élevé au rang de tête d’affiche à une vitesse impressionnante. Julien Schwarzer sort sa première mixtape A7 en 2015. Ce projet est une réussite tant au niveau commercial (double disque de platine) qu’au niveau artistique et lui permet de s’installer tranquillement dans ce rap jeu. Dans ce projet produit par Katrina Squad et DJ Kore, on découvre un personnage très sombre, abordant les thèmes du crime, de la drogue et des femmes mais d’une manière assez nouvelle.

Il fait de l’autotune sa véritable signature et s’en sert à la perfection. Ses mots crus et sa manière d’écrire font de lui un personnage unique et intriguant. Il n’a pas peur de dire qu’il ne craint personne dans le milieu de la musique et que personne n’est au-dessus de lui dans ce game. Sur cette mixtape, le « S » invite Sadek, Lapso et bien évidemment Lacrim, rappeur important dans la carrière de SCH. Ce dernier est en effet apparu sur le projet de Lacrim, R.I.P.R.O. Volume 1 en juin 2015.

A7 est un véritable chef d’œuvre et a permis au rap français de se développer, se renouveler et d’élargir sa panoplie notamment grâce à l’arrivée de nouveaux styles.


Is Tropical – Native To (2011) Joseph

Grondement sourd, brute et rugueux mais surtout véritable météore électronique, le premier album du jeune trio londonien n’a cessé de bousculer ma vie depuis 2011. Échos de drum machine, jeunesse scintillante et énergie aussi brute que pure y assaillent nos tympans joyeusement mis en charpie par une tribu d’amplificateurs en plein pogo.

La fougue prend à la gorge la créativité et refuse le pessimisme de la sagesse, lui opposant la beauté des mélodies saturées et le bouillonnement des synthétiseurs. Native To invoque les vibrations magiques des baffles chahutés et l’enchantement des cymbales effervescentes pour nous offrir une excursion d’une poésie aussi surprenante que grisante. Chamboulant les sons, brisant les lignes et renversant les cœurs, les 12 pistes de leur premier album ne laissent pas de place au doute et martèlent que le futur sera exaltant ou ne sera pas. 

Des murmures à propos d’un quatrième album en 2020 se font entendre depuis peu et avec plaisir par nos oreilles attentives et ravies.


Lorde – Melodrama (2017) Valentin

Elle nous avait déjà épaté avec Pure Heroine en 2013, Lorde était revenue en 2017 avec Melodrama, un corps de travail plus ciselé et plus mature, frisant le chef-d’œuvre. Injustement privé d’un Grammy pour l’album de l’année face à Bruno Mars en 2018, Melodrama a tout de l’album d’un.e artiste pop s’inscrivant à merveille dans son époque. Lorde capture comme personne les émotions. Ses talents pour l’écriture et la poésie suintent de chaque titre de l’album et parviennent à retranscrire fidèlement son psyché post-rupture. Mais pas que. Réduire Lorde à des chansons de rupture serait criminel car c’est avant tout le témoignage d’une jeune femme essayant d’être en phase avec elle-même et avec ses émotions qui caractérise l’artiste. Celle qui est appréciée pour ses mouvements de danse libérés et déstructurés l’est aussi pour la singularité de ses sonorités, si bien que David Bowie l’a décrite comme le futur de la pop.

Lorsque la Néo-Zélandaise écrit et chante, quelque chose de vrai, de sincère nous parvient, et nous emmène simplement là où il faut. Comme si la chanson coulait de source et atteignait sa cible sans mal. Entourée de Jack Antonoff à la production, Lorde parvient à travers Melodrama à délivrer un album différent de son prédécesseur : plus grandiose, plus épuré. Si l’album contient des hits énergiques et libérateurs comme Green Light ou des ballades poignantes comme Liability, ce sont des titres comme The Louvre ou Supercut qui gagnent nos cœurs grâce à l’identification que permettent leurs textes (“I overthink your punctuation use / Not my fault, just a thing that my mind do”). Perfect Places, d’une justesse rare en outro, nous laisse nostalgique et pensif sur l’expérience de la jeunesse. Dépeindre ses expériences et celles de sa génération, voilà l’exercice dans lequel Lorde est au summum de son art.