Session numérique #17 : L'insouciance acoustique de Dominic Fike

Tu fais tourner ?
Share on Facebook
Facebook
Tweet about this on Twitter
Twitter
Email this to someone
email

Dans Session numérique, La Vague Parallèle sillonne la toile à la recherche de ce qu’Internet nous réserve de plus fort, de plus doux, de plus coloré. Aujourd’hui, on a cliqué sur le livestream acoustique à la simplicité déroutante de Dominic Fike par La Blogothèque, dans la quiétude d’un Paris verdoyant et nuageux. 

Retenez bien ce sourire contagieux et cette gueule d’ange tatouée : Dominic Fike s’apprête à faire beaucoup de bruit. Et quand on parle de bruit, on parle de ces sons solaires et estivaux qui, à coup de riffs délicats ou de moelleuses touches de synthé, coulent comme du miel sur nos playlists d’été. Pour sa dernière vidéo en date, La Blogothèque a invité le nouvel enfant terrible de la pop insouciante à venir jouer de ses charmes dans un parc parisien résonnant avec douceur aux mélodies fondantes du jeune chanteur.

C’est l’histoire intemporelle de ce gamin à la jeunesse houleuse à qui les portes du succès s’ouvrent sans prévenir, l’underdog qui devient favori en l’espace d’un instant. Cet instant, il le doit à son tube 3 Nights : hymne facile aux allures de teen song qui valut à ce grand rêveur le coup de pouce nécessaire pour pousser les plus grands du milieu à se pencher sur sa musique. Le mastodonte Columbia lui propose ainsi un contrat de près de quatre millions pour produire son EP Don’t Forget About Me, Demos en octobre 2018. Tout s’enchaîne alors très vite pour Dom qui se lie d’amitié avec le collectif hip-hop en vogue Brockhampton, pour notamment apparaître sur Arizona Babyla récente petite perle de Kevin Abstract. Au niveau musical, rien de révolutionnaire : le jeune crooner s’aventure sur des sonorités efficaces et s’attaque à des sujets à l’eau de rose qui n’en perdent pas pour autant de leur charme imparable. Là où il gagne en puissance, c’est par son je-m’en-fichisme attachant. Ce personnage à la capillarité toujours plus folle et colorée semble baigner dans cette jeunesse fougueuse et imperturbable pour se dresser comme le drapeau d’une adolescence éternelle et flamboyante.

Pour l’occasion, le musicien nous propose un petit set de quatre morceaux et y glisse une exclusivité imprévue pour introduire sa session : le délicat Better Than MostC’est là toute la force de cette association entre le créatif Dominic et les talentueux visionnaires de La Blogothèque qui unissent leurs spontanéités dans cette session live et onetake qui éblouit par la qualité tant du son que des images qui se superposent naturellement pour un rendu authentique et cosy à souhait. Perché sur sa balançoire, les pieds nus, le chanteur chantonne alors Socks et laisse libre cours à sa maîtrise remarquable de la gratte qu’il manie avec aisance et classe. Dans cette balade romantique, le poète amateur nous entraîne dans des métaphores déroutantes où il compare ses chaussettes dépareillées à ses relations mal entretenues. Du pur génie. Quelques pas dans ce parc et le voilà derrière un synthétiseur pour livrer une version piano de son morceau RollerbladesL’occasion d’en découvrir plus sur cette voix d’or qu’il pousse et fait vibrer tout au long de cette balade qui, dans sa version studio, nous emportait au rythme de voluptueux beats qui n’allaient pas sans rappeler une certaine fibre à la Frank Ocean. Le temps d’échanger quelques mots avec une poignée d’admirateurs rassemblés tout proches pour l’occasion, Dominic termine sa prestation avec Açai Bowl. Le flow est plus soutenu sur les couplets, lui laissant l’occasion de dégainer sa face plus rap avant de revenir à un chant plus fleur bleue sur les refrains. Un mélange séduisant et apaisant qui clôture ce live de la plus belle des manières. On retiendra de ce take-away show le talent fou et la simplicité de ce nouveau petit nom qui deviendra grand. La Blogothèque offre un condensé de musique, d’authenticité, d’intimité et de chaleur et prouve une fois encore son flair sans pareil pour ces talents de demain.