Tourniquet : l'attraction mélancolique de TERRIER

Tu fais tourner ?
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Il existe une première fois pour tout. Les premiers mots, les premiers pas, les premiers amis, les premières sorties, les premiers amours mais aussi les premières déceptions, les premières disputes, les premiers chagrins et cætera. Hors contexte sentimental, il y a aussi les premières fois où l’on se cherche artistiquement, où l’on s’essaie, se rate, recommence et puis vient la fois où c’est véritablement la bonne. La fois où l’on trouve enfin sa voie, la voie qui nous permettra d’extérioriser tout ce qui va mal à l’intérieur, de se débarrasser de ce surplus émotionnel pour lequel de superficiels échanges ne suffisent pas ou plus. Alors on se tourne vers un art qui nous parle, un art libérateur et qui apaisera nos maux d’esprit. Certains choisissent la peinture, le cinéma, l’écriture ou encore la musique. Et la musique, c’est le medium qu’a choisi TERRIER, jeune adulte à la romance adulescente, pour nous confier son intimité accompagnée d’un zeste de mélancolie encore partiellement rêveuse. Tourniquet est donc son premier titre, et un titre qui lui garantit d’ores et déjà une sainte place dans la cour des grands.

L’amour fait grand bien, l’amour fait mal. Ainsi on retrouvera ce sujet sensible chez bon nombre d’artistes au cœur abîmé, pansé et repensé afin de permettre à leurs émotions d’exister et de vivre un avenir dénué de peurs. Avec son premier single, TERRIER, se livre d’emblée, sans filtre ni masque mais seulement avec honnêteté et une nonchalance singulière qu’il parviendra à faire sienne avec brio. Il nous conte un amour progressivement déchu auquel vient un terme qu’il semble avoir eu du mal à accepter. Tragédie mineure qui humainement parlant aura eu le malheur de le frapper en plein visage, le déboussoler et lui voler une once d’espoir quant au futur. Ce qui fera de ce premier plongeon dans le grand bain une réussite, c’est la familiarité de cette péripétie dont les mots nous toucheront dès la première écoute. Tout d’abord, des promesses, des rêves, des espoirs auxquels on s’accroche afin de ne pas tomber et qui permettent aux diverses relations de tenir la route et de rester animées. Puis vient le jour où ces derniers foncent tout droit dans un mur et se fracassent en mille morceaux tranchants, de quoi blesser, donner la nausée pour ainsi faire perdre l’équilibre. Et parmi ces débris se trouveront quelques souvenirs qui donneront l’impression d’avoir sous-estimé la valeur du temps et de l’éphémère de la vie, mais malgré tout nécessaires à la réception des messages que de telles claques essaieront de nous faire passer. Tant d’informations et de messages codés qui nous feront tourner la tête jusqu’à la perdre.

Musicalement, on y trouve une certaine nostalgie qui résonne tant dans la musique, les paroles ou même la voix éraillée et quelque peu suave et captivante du Parisien d’adoption. Un Tourniquet qui tourne sur lui-même, titube, tombe et se relève pour mieux faire face au vent contraire. Une facette personnelle de la vie de l’artiste dévoilée avec un langage tantôt cru, tantôt poétique mais toujours empreint de cette sensibilité si particulière. Côté visuels, TERRIER s’est bien entouré et a fait appel au collectif La Sale Affaire (également présent aux côtés d’Oré). Un clip en noir et blanc, un choix judicieux et réfléchi qui quelque part appuie la mélancolie et toute la complexité de cette histoire. Le choix idéal pour surligner le discours chanté de TERRIER, mais aussi afin de sensibiliser de manière accrue celui qui acceptera son invitation à découvrir son monde où chaque élément, chaque pilier semblent tout aussi tangibles que solides. Un univers visuel propre à l’artiste et un univers en clair-obscur qui permet d’attribuer une certaine intemporalité à cette histoire, son essence et sa subtilité, le tout à la manière des plus grands que sont John Ford, Francis Ford Coppola ou encore Woody Allen.

Une première lancée et une grande réussite combinant un univers sonore et visuel soigné, un univers authentique, empli de véridicité, de charme et de mélancolie. Des mots qui découlent d’un vécu et responsables d’un état émotionnel que l’artiste tente d’apprivoiser du mieux qu’il peut. Une langueur détruite laissant place à une réalité qui abat mais qui malgré tout, rend plus fort. Des mots et des maux mais aussi des rêveries et des désillusions à travers lesquels l’auditeur se retrouvera sans nul doute. D’ailleurs, maintenant que le top départ est lancé, on ne peut souhaiter que le meilleur à l’artiste. Aussi, s’il existe un fait certain, c’est que TERRIER est un projet qu’on suivra à la loupe, sans distraction et avec beaucoup d’attention.

Retrouvez TERRIER à l’International dans le cadre de l’Obernoir Festival le 26 octobre à Paris !

© Crédit : valerian7000