Les clips de la semaine #75

Tu fais tourner ?
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Olivia Dean – Baby Come Home

La simplicité sous son meilleur jour. S’il fallait vous décrire Olivia Dean en quelques mots, on vous parlerait très certainement de cette voix soul hypnotisante qui enrobe à la manière d’une Jorja Smith, déversant la chaleur de son accent british sur des mélodies de guitare voluptueuse. C’est le cas de ce délicat Baby Come Home, qui s’attaque au domaine de prédilection de l’artiste britannique : les débâcles amoureux. D’abord pensé comme un interlude, le morceau finira par s’offrir cette version smooth sous la plume de Maverick Sabre et Charlie Perry – deux collaborateurs de la discographie de Jorja Smith, d’où la similitude plutôt plaisante. Confinement oblige, c’est à deux mètres de distance qu’un ami de la chanteuse s’est inspiré d’une journée ensoleillée pour livrer un visuel épuré et agréable.

Gabriel Garzón Montano – Someone

Tic, tic, tic. À La Vague Parallèle, on sait reconnaître le son d’une bombe à retardement. Et croyez-nous lorsque l’on vous dit que ce Gabriel Garzón Montano va bientôt exploser. Voix puissante, univers singulier, morceaux accrocheurs : les ingrédients sont réunis pour faire du nouveau poulain de l’écurie Jagjaguwar votre nouvelle obsession musicale. Que ce soit sur des tracks hispaniques bouillonnantes rappelant les bangers d’un Bad Bunny ou sur de moelleuses compositions soul à la Daniel Caesar, le crooner tatoué jouit d’une versatilité musicale admirable qu’il mettait récemment à l’œuvre dans un medley éclectique pour les studios COLORS. C’est pour son titre Someone qu’il se mettait en scène cette semaine dans un visuel réussi, plongé dans des tons crèmes et rosés. L’occasion pour lui de nous exhiber ses plus beaux pas de danse, entre sensualité et androgynie captivante.

NAYANA IZ – TNT

No more fake people. Tel pourrait être le mantra mal-content de la dernière sortie de cette pépite de la nouvelle scène hip-hop made in UK. Issue du collectif NiNE8 (aux côtés des explosives Biig Piig ou Lava La Rue), la jeune chanteuse a su tirer son épingle du jeu l’an passé avec des premiers morceaux alléchants, reflets d’une envie grondante de laisser ses histoires s’immiscer dans la scène musicale actuelle. Et des histoires, elle en a ! Elle qui confie avoir l’impression d’être déjà vieille de 100 000 ans nous gâte de son franc parler et de son flow électrisant pour sublimer le mariage entre un hip-hop sans concessions et un héritage indien mélodieux. En résultent des morceaux renversants, à l’image de ce TNT, véritable pamphlet à l’égard des relations toxiques dont elle compte bien se débarrasser. « TNT is my message that I see through it all – like an x-ray. It’s named like this because I’m about to go off and confront it all; I’m done playing games and hiding. I live by straight honesty and loyalty now it’s time to surround myself with people alike. » On vous avait prévenu : Nayana IZ n’a pas sa langue dans sa poche, et ce pour notre plus grand plaisir !

Dua Saleh – body cast

Encore une valeur sûre dénichée par les paires d’oreilles expertes de chez COLORS. Artiste non-binaire, engagé·e à de multiples niveaux, l’artiste Américain·e d’origine soudanaise se dressera comme l’une des premières voix à prendre la parole suite au meurtre de George Floyd par un policier blanc, le 25 mai dernier à Minneapolis. Une ville qu’iel connaît bien, car c’est depuis ce petit coin des USA qui est aussi le sien que cet esprit libre laissera valser sa plume sous l’impulsion d’une colère revendicatrice pour dénoncer les injustices subies par la communauté noire chaque jour, et ce à travers le monde. Un morceau qui était déjà prêt il y a plus d’un an, témoignant du caractère récidiviste de ces événements qui marquent peut-être l’actualité de ces derniers jours mais qui n’étaient pas moins présents ces dernières années, ces dernières décennies. body cast est une lettre ouverte poignante, fatiguée de devoir dénoncer sans cesse les mêmes actes impardonnables, les mêmes promesses faussées. Pour illustrer son propos, ce sont les noms des milliers de victimes de violences policières qui défilent à l’écran, semblant crier chacune à leur tour pour plus de justice et de paix. L’entièreté des bénéfices du morceau sera reversée à l’association Black Visions Collective basée à Minneapolis et qui lutte infatigablement pour les droits des personnes de couleur aux États-Unis.

FORM & La Chica – Waterfall

Le groupe électro français sort un nouveau clip pour l’un des morceaux de leur premier album, C.W.T. Cette voix, qui nous rappelle toujours autant celle d’Oliver Sim dans The XX, nous présente aujourd’hui Waterfall. À l’instar de leurs précédents clips, Waterfall nous emmène dans une ambiance entre jeux d’ombres et de lumières, avec une intensité palpable dans le récit et dans le jeu des personnages. Introspectif et planant, Waterfall est un dialogue entre l’Homme et l’Artiste, le premier se demandant comment nourrir le second. Les doutes se traduisent par la destruction du piano, outil de travail du musicien. La Chica, par son couplet, vient représenter la « source » qui s’adresse directement à l’artiste. La voix de la chanteuse franco-vénézuélienne nous imprègne de son mysticisme et nous enchante avant d’ouvrir les portes de l’intime. Un clip tout ce qu’il y a de plus beau et d’intense, pour personnifier les questionnements qui nous assaillent tou.te.s dans l’obscurité.

LA Priest – Rubber Sky 

Sam Eastgate. Une piscine gonflable. Une guitare. Ce sont les trois ingrédients du nouveau clip de LA Priest intitulé Rubber Sky – single qui annonce avec brio la sortie de Gene, son nouvel album tant attendu. Déjanté, provocant et planant. L’univers tropical de cet opus se décline dans un clip ingénieux pour une chanson qui nous embrasse sur la joue puis nous claque les fesses. Et pour cause, la production pop electro s’habille d’une délicieuse instru dont le sentiment se rapproche du slapping (ndlr. technique qui permet de produire des sons de percussions sur une instrument non prévu pour – à la manière d’une claque réellement). Impossible de ne pas écouter l’album à la vue du clip qui nous fait frissonner de réjouissance.

Kiol – Polly

Un bon vieux rock empreint de nostalgie et d’éclats de guitare électrique à vous tirer les larmes, ça vous dit ? Le Turinois Kiol vous apporte tout ça en s’inspirant des hymnes alt-rock de notre adolescence (coucou The Fray) en agrémentant le tout de son timbre délicieusement granuleux et de sa verve textuelle sentimentale et romantisée. Polly est extrait de son prochain album Techno Drug Store et sent bon les amourettes de vacances et les passions charnelles qui en découlent. C’est d’ailleurs lui qui en parle le mieux : « Polly is a song about the eclipse of two souls, crazy sex and passion. It’s about the beginning of a love affair in all its little details, but it’s also about love and distance. When you live far away from your lover, it’s a constant falling in love and moving away, dreaming about the day you will meet again. And God, if the love is true, it’s worth all the pain. » Tourné à l’iPhone et ingénieusement retravaillé pour lui donner un irrésistible effet Super 8, le clip nous emmène sur les côtes de Sanremo et on sentirait presque le soleil nous frapper la peau.

Le Juiice – Matin

« Montre un peu de respect, t’es face à une reine. » Sur fond d’egotrip et de punchlines embrasées, Le Juiice s’impose comme l’un des nouveaux flows de cette nouvelle vague de rappeuses francophones. À la tête de son propre label, l’ambitieuse pépite hip-hop s’engage à mettre en lumière les artistes féminines de cette scène rap trop peu diversifiée :  « Il y a plein de meufs avec ma mentalité mais elles ne sont pas représentées. » Après un premier EP Trap Mama qui aura su convaincre les pointures du milieu, la jeune Parisienne adulée par Fianso est de retour pour nous dévoiler la première partie de sa trilogie réalisée par Quentin Merabet, et dont chaque morceau s’accompagnera d’un court-métrage. Le premier, Matinretrace le quotidien de Joyce – de son vrai nom – qui s’occupe, aussitôt le jour levé, de sa petite famille. Une routine matinale qui reflète les valeurs de cette jeune femme talentueuse : les liens sacrés familiaux, le dévouement aux autres, l’amour fraternel. Vers la fin du visuel, on observe l’artiste s’apprêter pour se rendre à une soirée, annonçant la suite de la triade visuelle composée de Midi et Soir. Pour toutes celles et ceux qui en doutaient encore : le rap francophone féminin se porte merveilleusement bien !